GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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07 février, 2007

Samedi dernier

Samedi dernier j'ai pu, dans le cadre du festival de Romans, confronter l'expérience de Restructuration à d'autres blogs ; Le Romanais (maître des cérémonies), Mont Saint Egrève, Le monde de Maeliova, Le Romans historique, le blog de la section locale du PS ou Journal de quartier - Le Romans Libéré (Que ceux que j'oublie me pardonnent et rectifient dans les commentaires). A travers des pratiques, des fréquences ou des tons différents, il ressort que si le blog reste un outils de la démocratie participative, un moyen de partager l'info, c'est aussi un outil qui a ses limites et ne saurait remplacer l'engagement réel des citoyens. Il reste cependant , sous réserve qu'il ne soit pas colonisé par le bruit (commentaires à l'emporte pièce et philo de comptoir), une forme d'Agora. Mais, comme tout outil de communication, il coure le risque d'être décridibilisé par des excès et des rumeurs, comme peut le montrer ce qui se passe pour la campagne présidentielle.

Samedi dernier toujours, quelques salariés Reynolds se sont rendus à Paris, rencontrer d'autres restructurés de la France entière autour d'Olivier Besancenot. Je laisse la parole à Ella.


Peut-il y avoir un changement sans affrontement ?


Ce samedi dans le 12me arrondissement de Paris, il y avait comme une odeur de printemps dans l’air, un printemps de mai 68, pas de mai 2002….Des silhouettes de tous âges se précipitaient dans une librairie ou derrière un fouillis de livres se trouvait une grande salle.
Une petite table, des chaises, et des idées, des expériences, du vécu, du partage. Des anciens, de ceux qui ont déjà une histoire, des jeunes qui veulent écouter et essayer de comprendre, parce qu’ils ont peur, parce qu’ils se disent que jamais ils n’arriveront à avancer dans un monde comme celui-ci. Des femmes, celles là même qui ont passé une vie pour leur entreprise, et un jour brisées, épongées, jetées mais la tête haute, des gens simples et vraies qui se regardent droit dans les yeux, avec l’envie d’une autre société. Avec Olivier Besancenot, assis là, simplement, pour écouter, ces témoignages de révolte, d’injustice, ces messages d’espoir et de ne pas « laisser faire »,ces petites tranches de vie de salariés jetables. Nous étions là pour dire, le combat dans nos boites, la lutte des salariés, inégale, sans concession, contre le pouvoir destructeur des directions, américaines, suisses, italiennes ou même françaises. Parfois gagnante, mais pas toujours . Des boites qui ont licenciés, tout ou en partie, des boites qui ont été rachetées, avec le soutien des salariés, des pouvoirs publics, d’un repreneur, des boites en sursis qui ne tiennent que par le miracle de jeu de comptabilité, des boites qui ont fermées, d’autres qui vivent dans un risque permanent, sur un fil. Nous étions là pour dire qu’il y a aussi un autre possible. Que ça suffit d’entendre les patrons ( mais méritent-ils toujours le nom de patron ces financiers sans loi ni foi ?) nous répéter que c’est inéluctable, que c’est ainsi, la société et le monde et le profit et la loi du marché et leurs dividendes et leurs bénéfices ….Nous étions là pour partager les luttes de chacun, les difficultés, l’énergie de se battre, les mains qui se sont tendues, en se serrant fort, ne plus se lâcher pour éviter la tentation de baisser trop vite les bras.
Et puis toujours, toujours des directions qui n’en ont rien à faire de ces femmes et de ces hommes, qui déplacent parce que trop cher, qui licencient, pressurent, écrasent, méprisent, utilisent les plus faibles et ne s’excusent de rien. Impunies et triomphantes, les directions ont la victoire facile. Le gouvernement est impuissant ou se dit l’être.
Quel est ce droit d’ingérence dans les affaires florissantes des entreprises privées que réclament les gens de gauche ? ( je parle de la vraie gauche ) Ne pourra–t-on plus faire nos petites magouilles tranquilles, prendre de l’argent ( beaucoup d’argent ) au pouvoir public, ( ha les fameuses exonérations de cotisations !!) se remplir tranquillement les poches, et puis partir vers de meilleurs horizons, en laissant les salariés dans la merde. ( au besoin on leur fournira de jolies tentes pour poser sur le bitume).
LE DROIT A L’INGERENCE, c’est bien ça qui a été répété durant cet après midi, juste le droit de regarder dans NOS affaires, parce que les patrons se doivent de rendre des comptes aux salariés, aux citoyens. Parce que c’est insupportable que les financiers jouent à la bourse avec nos vies, avec notre droit au travail, récupèrent de l’argent sur des fonds publics et laissent sur le carreau des milliers de personnes qui devront bénéficier ensuite de l’aide publique pour survivre. Comme si l’on finançait nos propres licenciements.
Parce que nous avons affaire avec le pouvoir meurtrier de l’argent et que si notre société ne veut pas mourir, il faudra bien un moment qu'elle arrête d’être complice, qu’elle se lève et qu’elle hurle. Et puis cette question au fond, peut-il y avoir un changement sans affrontement ? jusqu’où doit –on courber l’échine, baisser la tête avant de se réveiller ?
OSONS ! Se réunir tous ensemble, pour se compter, pour se faire entendre, Olivier Besancenot l’a proposé, à nous de retrousser nos manches et de se remettre debout.
Notre bonne vieille déclaration des droits de l'Homme et du citoyen nous le rappelle, c’est même son article 1 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits elle date du 26 août 1789. C’était il y a plus de 200 ans, quel progrès avons-nous fait depuis ?
Oui c’était un après midi printanier dans le 12ème arrondissement de Paris et nous y avons trouvé un quelque chose qui ressemble à de l’espoir, une belle journée.

Et puis quand même nos petits français ont gagné contre l’Italie.



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posté par DiogenePasCynique le 7.2.07. Lien vers ce billet


7 Commentaires:
Anonymous LaCérémonieDesAdieux a dit...

Je me suis laissé entendre dire que des machines commençaient leur douloureux exil vers la Chine demain. Les laisserons nous partir sans un adieu, dans le secret et le silence générale ? Certains pensent qu’une séparation ne peut pas se faire dans l’indifférence, après ces mois de bataille. Ceux là se donnent rendez vous DEMAIN A 10H30 DEVANT L’USINE pour une véritable cérémonie des adieux. Il faut faire notre deuil peut-être... mais encore faut-il pouvoir dire un adieu à nos morts…
LES REYNOLDS, C’EST DEBOUT QUE NOUS SERONS POUR ACCOMPAGNER NOS MACHINES .

7/2/07 5:31 PM  
Anonymous jserailadebout a dit...

"Peut-il y avoir un changement sans affrontement ?
Jusqu’où doit-on courber l’échine, baisser la tête avant de se réveiller ?"
Je serai là "DEBOUT POUR ACCOMPAGNER LES MACHINES"

7/2/07 5:43 PM  
Anonymous Deboutjyserai a dit...

Moi aussi,je serai la demain
"DEBOUT POUR ACCOMPAGNER LES MACHINES".

7/2/07 7:44 PM  
Anonymous restondigne a dit...

Inutile de venir demain a 10h30 les deux premiers containers sont partis aujourd'hui l'adieux a était fait sans chahut.En plus filmer par CM donc chuuuuuut!!!!!!

7/2/07 8:01 PM  
Anonymous Carpediem a dit...

Et alors, des contenaires y'en q'un ? Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas au courant que dans une usine, il faut PLUSIEURS machines, sinon, ça marche pas...Allons Allons, fait donc marcher tes méninges...il ne s'agit pas ici du fond mais de la forme.Des contenaires y'en aura d'autres et les Adieux doivent être faits.Quoiqu'il se passe.Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, s'il te plait.

7/2/07 8:25 PM  
Anonymous Anonyme a dit...

moi jy vais pas j ai fait mon deuil depuis longtems,je vais a la peche pour demain midi filet de carpe je lai deja manger!!! bonne chance atous

8/2/07 9:45 AM  
Anonymous Anonyme a dit...

Encore merci à Olivier Besancenot pour son intervention dans l'émission "A vous de Juger" sur l'A2 ce soir à 22 h 41 où les Reynolds ont étés encore longuement sités.

8/2/07 10:58 PM  

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