GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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30 novembre, 2006

Un article dans l'Humanité.

Bon, voici le lien vers un article de l'Humanité sur Reynolds et le bassin d'emploi Valentinois.

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posté par DiogenePasCynique le 30.11.06. Lien vers ce billet

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Un outil pourtant utile.

Pour revenir sur le commentaire d'Anonyme sur la parano, j'ai effectivement compris une suspension des blogs en général et un accès exceptionnel au mien. Je reste pourtant convaincu que de l'info ( même technique) est disponible sur les blogs, qui restent un moyen d'une désarmante facilité de publication (certains de mes billets sont simplement envoyés par e-mail, et publiés automatiquement, sans que j'ai eu à gratter la technique !). Certains y voient même un outils de gestion RH. LTPro, malgré son manque d'assiduité, reçoit bon an mal an 3 à 5 demandes mensuelles pour ses classeurs de statistiques ainsi que des demandes d'aide sur les plans d'expériences, suite à des recherches sur Google avec les mots plan d'expériences, expérimentique ou test de Dixon (que de notions arides !). C'est pour cela que même si je peux comprendre les préjugés qui conduisent à bloquer les blogs à priori, je pense qu'à terme, c'est se priver d'une source d'info. Les limites sont strictement les mêmes que celles de n'importe quelle publication, la qualité de l'info disponible. Internet a ceci d'intéressant que la qualité perçue est vite récompensée par le nombre de visites et les liens que d'autres sites font vers un blog (ce critère entre dans le calcul de Google pour classer ses pages par ordre de pertinence lors du résultat d'une recherche). Enfin, un blog peut être un outil promotionnel en lien avec un site plus institutionnel lié à une marque. En effet, pour peu que le ton soit suffisamment décalé, qu'un minimum d'humour soit présent, un blog associé à un site devient un endroit où il se passe toujours quelque chose, donc propre à susciter des visites, donc de la visibilité, ainsi que de l'interactivité via les commentaires (j'ose à peine imaginer combien prendrait un consultant pour distiller ce type de vues sous PowerPoint devant un staff médusé puis, bien sûr, complètement conquis !), tout ça pour vraiment pas cher !
Mais la dure réalité des affaires se passe ailleurs que sur le web. Les Duralex ont organisé une journée porte ouverte dans leur usine. Il sont eux aussi menacés. Le journal l'Humanité a fait un article de fond (2 pages) sur la situation sociale de Valence, dans l'édition d'hier. Bien sûr, la cas de Reynolds fait l'objet de quelques paragraphes de l'envoyée spéciale. Sur Radical Chic, un billet que je trouve très pertinent sur les classes populaires. Être radical chic, c'est quant même autre chose que militant de base !
L'usine de Reynolds arbore ses plus beaux atours en vue de Noël. Des rubans multicolores décorent les plafonds des ateliers. Est-ce un signe vers le père Newell, qu'il ne soit pas trop rat, plutôt correct avec les enfants sages que nous sommes.
Pour la suspension de l'appel au boycott sur ce blog, j'assume une suspension (pas un arrêt) car des discussions délicates sont en cours (et puis les images sont réapparues alors ...). Aussi, on ne discute pas avec un revolver sur la tempe (à la rigueur dans la poche, mais avec la sécurité !). C'est mon point de vue.



posté par DiogenePasCynique le 30.11.06. Lien vers ce billet

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28 novembre, 2006

Avec la LCR.

Billet d'ailleurs aujourd'hui. Papi, je n'ai pas prévu de traduire les messages du forum de Yahoo. Pour résumer, ils ne sont guères favorables au petit Joe (pas Dalton, hein, l'autre !). Quelques morceaux choisis tout de même : « Je me sent désolé pour quelques uns de mes amis de Dirt Devil (une filiale de TTI). Ce mec est toxique ! ». Cela laisse penser que ce que nous vivons est aussi ressenti par d'autres américains.

Comme le dit Ella, des représentant des Reynolds seront en effet présent au meeting d'Olivier Besancenot à la Mutualité, jeudi prochain à Paris. Le cas de Reynolds sera donc évoqué dans la capitale. Toujours dans le même registre, ceux qui auront renoncé à aller admirer les jambes fuselées des danseuses du cabaret (sortie CE, je sais, c'est un choix délicat !) le 8 décembre, à 20:00 pourront se rendre au meeting de la LCR à la Maison des Syndicats, quartier Fontbarlettes, Valence. Des Reynolds y seront, bien sûr, aux cotés d'Alain Krivine, figure historique du mouvement. A l'ordre du jour, l'actualité sociale de Valence et un débat (Comment faire reculer le libéralisme et quelle alternative au capitalisme).

Pour répondre aux remarques relatives à la mise à jour des descriptions de postes, je ne crois pas que cela ait une si grande importance. La plupart des postes décris ont été tenus de longues années, alors que la mise en ligne date de quelques mois. Je reste partisan de traiter les exceptions comme telles. De toute façon, l'idée du site semble avoir du plomb dans l'aile ...

Sur l'actualité des négos, pas de nouvelles infos précises, donc, patience ...


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27 novembre, 2006

Joe Galli's new Job ...

Sur le forum financier de Yahoo, on s'intéresse au nouveau travail de Joe Galli ! Cela vaut le détour ! Lire cet article aussi.


posté par DiogenePasCynique le 27.11.06. Lien vers ce billet

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Problemes de connexion !

Bon, je constate encore des problèmes sur le réseau interne (images absentes). Toujours aussi inutile est stupide. Je note le phénomène et agirai en conséquence.


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Retours.

Merci à DVA2 pour la photo ci-contre, extraite du forum. Olivier Besancenot était l'invité, le 18 novembre d'une émission de Laurent Ruquier. Merci aussi au porte-parole de la LCR qui ne rate pas une occasion de relayer notre lutte. Je crois à ce propos qu'un meeting de a LCR est prévu bientôt à Valence (avec Krivine) et on y parlera aussi de Reynolds.

Fiona, je suis désolé d'être parfois hermétique. Lorsque je ne suis pas assez clair, il faut me dire où, et j'essaierai de faire en sorte que la lumière soit !


Enfin et pour la dernière fois j'espère, quoiqu'en dise anonymous, le blog a effectivement été bloqué par les service informatique de Newell. Je ne met pas en cause celui de Valence bien entendu. Je ne suis même pas certain que ce blog soit visé en particulier d'ailleurs, mais les faits sont là (copie écran faite le 23/11/06 entre 16:45 et 17:00 heure de Paris).

Catégorie: Blogs/Newsgroups

URL: http://restructuration.blogspot.com/

Action: REFUSÉ

Votre adresse IP :

Le nom de votre ordinateur :

Cette page est affichée parce que nous bloquons actuellement plusieurs catégories de sites web, ainsi que les bannières publicitaires. C'est dans le but de prévenir l'agaçante apparition de popups (fenêtres qui s'ouvrent automatiquement pour de la pub. ndt) sur votre ordinateur de travail. Cependant, si vous sentez que le site que vous essayez d'atteindre a un intérêt légitime pour votre travail, envoyez un e-mail au EIS Service Desk ou téléphonez au EIS Service Desk au 44191 511 5555. Soumettez s'il vous plaît la raison avec la catégorie et l'URL (l'adresse du site. ndt) listées ci-dessus en rouge. En plus, vous pouvez aussi relire le Code de Conduite en ligne sur le site Employee Connection.

Ne faites pas

  1. C'est un média public. N'envoyez rien que vous ne vouliez révéler à un concurrent.

  2. Ne supposez pas que personne ne regarde. L'enregistrement est fait à plusieurs niveaux. Des sites extérieurs peuvent suivre vos traces.

Suivent d'autres interdictions et recommandations (ne pas donner le numéro de carte de crédit de la boite sur un site, ne pas jouer en ligne, ne pas aller sur des sites olé-olé etc).

Pour ceux qui en doutaient encore, rien n'est en réalité moins anonyme que le réseau internet. Il est facile de sauvegarder les apparences, mais une authentique discrétion nécessite des techniques plus sophistiquées, un minimum de compétences et le respect de procédures rigoureuses.


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25 novembre, 2006

Sur Les Reynolds.Com.

Un mot de LTPro ...

Passé l'attrait de la nouveauté, je ne constate pas un enthousiasme délirant sur l 'idée d'un site de présentation des fonctions et des salariés Reynolds, aussi, je termine les modèles du site statique, je les mets à disposition (semaine prochaine) et, sauf demande importante et explicite, j'arrête là. Je continue à travailler sur SPIP, mais cela demande encore du temps pour être opérationnel (et j'ai d'autres projets, aussi ce travail n'est pas fait en vain). Dans les propositions des différents cabinet de reclassement, il existe, pour certains, un outil voisin mais à la philosophie différente. Il s'agit d'un accès à une base de données mais, d'après ce que j'ai compris, c'est plus un outil de suivi qu'une vitrine des Reynolds. Peut-être que ce sera suffisant, je n'en sais rien. Je reste persuadé de l'intérêt de communiquer sur les fonctions (les descriptions de postes) présentes dans l'usine. Cela permet en effet aux employeurs potentiels de bien visualiser les savoir-faire, les responsabilités et, associé aux CV, de détecter les potentiels. Il n'y a pas, dans ce cas, de suspicion de CV gonflé ou d'inexactitude car la description de poste est un document officiel (bien qu'interne).

Que dire de plus sinon que si les représentants du personnels s'attachent à améliorer les conditions dans lesquelles se passera le reclassement, il ne s'agit pas de le rendre plus facile, mais de le rendre simplement possible.

Un mot enfin sur Denis Robert et le harcellement judiciaire dont il est victime. Le comité de soutient, un article sur AgoraVox, la pétition de soutient et le blog de Denis Robert. La démocratie ne peut exister qu'avec une information libre.


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24 novembre, 2006

Sous le regard de la Vierge ...

Hier, avant la tenue du Ce ordinaire, les élus ont reçus trois cabinets de reclassement candidats pour le marché (environ 1,3 M d'€ !). BPI, Right Management et Altedia. Les prestation sont sensiblement les mêmes. Les différences se font notamment sur la capacité à mobiliser rapidement du personnel expérimenté sur place. Aussi, cela privilégie les grosses structures. On a pu constater qu'Altedia avait une longueur d'avance en ce sens que ce cabinet a déjà fait une étude d'employabilité sur le secteur dans lequel devraient être reclasser le personnel Reynolds. Les mauvais esprits pourraient penser qu'il s'agit d'un pied dans la porte mis dans ce marché potentiel, même si le travail effectué devait effectivement être fait. Ce matin, sur le sujet des cabinet de reclassement, j'entendais Bernard Maris (un prof d'économie) dire sur France Inter que les cabinets coûtaient généralement trois fois plus cher que l'ANPE par reclassement des salariés. Je n'ai pas encore tous les éléments pour en juger, mais je cherche (si vous avez des liens, je suis preneur). J'avais déjà évoqué ce fait ici.

L'affaire du Canada a été évoqué en CE ordinaire et Mme Schorter Le Bret nous a fort obligeamment distribué l'historique des e-mail retraçant la commande et son annulation (voir Baraka au Canada). Évidement, on n'y voit goutte ! Mme Schorter Le Bret a gentiment éludé les questions. Le membres du CE n'en pensent pas moins, mais qui saura un jour le fin mot de cette histoire ? A ce jour , les palettes seraient encore à Gênes (mais c'est pas sûr !).

Ce matin, les élus ont eu les honneurs d'une journaliste de l'Humanité. Cette personne venait sur Valence pour rencontrer les différents protagonistes des luttes sociales qui s'y déroulent actuellement.

Merci pour les différents soutiens, par contre je ne comprend pas le commentaire d'anonyme sur le logo Newell. Il s'agit sans doute de celui présent en haut de la page du fait d'un blocage partiel de Blogger par le réseau informatique interne, il n'est pas de logo Newell sur ce blog qui soit de mon fait. Il suffit pour s'en convaincre de le consulter en externe. Pour ce qui concerne le problème d'accès au site survenu hier après-midi, c'est donc en partie résolu. Tous les sites de Blogger sont interdits sauf Restructuration ! Je crois que ce n'est pas optimal, dans la mesure où Blogger héberge (aussi !) des blogs de haute tenue, Technologies du Langage , La Sécurisphère ou Paumée, par exemple. Mais bon, nous ne sommes pas à l'usine pour nous cultiver, ça se saurait !

La semaine prochaine, un CCE ordinaire se tiendra mardi à Paris et mercredi, une autre réunion de négo sur le plan de préretraite.

Enfin, prêt à tous pour garantir le succès de leur lutte, certains élus sont allés en pèlerinage (comment l'appeler autrement ?) près d'une statue de la Vierge auprès de laquelle gambadait un chien joyeux ...


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23 novembre, 2006

Censure !

Bon, la direction de Newell Rubbermaid semble avoir choisi de rendre le blog Restructuration inaccessible des ordinateurs du boulot. J'en suis très étonné et me demande ce qui a bien pu provoquer ce courroux (coucou ?). J'espère que la sanction n'est que temporaire mais j'aimerais en connaître la cause. J'essaye de tenir des propos mesurés et de diffuser de éléments vrais. Cette censure interne fera l'objet d'une diffusion externe (j'suis trop victimé !) et sera bien entendu associée au nom de Newell jusqu'à ce qu'elle cesse. Les éventuelles discussions se passeront via les commentaires. A bon entendeur ...

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posté par DiogenePasCynique le 23.11.06. Lien vers ce billet

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Bavardages.

Une petite réponse aux commentaires de éh ben. Je ne sais pas si tous sont conscients de l'investissement des représentant du personnel. C'est sans doute la mission la plus longue et a plus intense qu'ils aient jamais eu à mener à son terme. En plus, il n'est pas question de se dérober et ce n'est certainement pas facile. Alors, effectivement, l'info ne peut être faite en temps dit réel. Tout est susceptible d'évoluer du jour au lendemain voire dans la journée. Les documents relatifs à cette affaire représentent des kilos de papiers, des dizaines de méga-octets et des heures de lectures et, j'ose le dire, de réflexion. Des quintaux de doutes aussi. Synthétiser et faire une information digeste à un rythme soutenu est tout simplement impossible. Le rythme des réunions est assez intense et ce matin, les représentants du personnel rencontrent 3 cabinets de reclassement qui convoitent le marché des Reynolds (c'est aussi de cela qu'il s'agit) et cet après midi, c'est le CE ordinaire (si j'ose dire). Entre ces réunions, il faut réfléchir, supputer la stratégie de la direction, consulter avocats et experts comptable, décider de ce qui paraît être la meilleures stratégie et essayer de ne pas rester prisonniers de choix antérieurs (sortir de ce que Jean-Léon Beauvois appelle les pièges abscons, relire le Petit Traité de Manipulation à l'Usage des Honnêtes Gens ). Il y a aussi les sollicitations des journalistes auxquelles il faut répondre, les contacts avec les politiques et l'expédition des affaires courantes. C'est largement plus qu'un boulot ordinaire et les journées dépassent allègrement les horaires normaux. Il faut aussi se protéger, parce qu'on a vite fait de s'emporter, de se laisser aveugler ou d'avoir envie de tout envoyer au diable !

Hier, le CE extraordinaire de lundi dernier a repris. M Pascal Stalmach (spécialiste du Lean Manufacturing), qui vient d'être propulsé à un poste qui ressemble à une direction industrielle, a essayé de convaincre et d'expliquer au CE les détails du transfert des machines. Je ne crois pas qu'il ait convaincu. La direction est de toute façon arc-boutée sur sa décision de transférer la production au plus tôt. Il ne semble plus y avoir de possibilité de discussion à ce sujet. Par contre elle a consenti quelques avancées sur les dispositions du livre III. Le cas de l'indemnité complémentaire ainsi que quelques dispositions annexes reste en suspend. Mme Schorter Le Bret est revenue à la charge pour demander au CE de fixer une date pour donner les avis tant attendus. Ce dernier n'a pu accéder à se demande. En effet, la semaine prochaine est chargée (CCE ordinaire, réunion de négociation sur le plan de préretraite, le tout à Paris), et il y a toujours un différent sur l'information relative à la note économique et les solutions alternatives.

Comme cette situation est rendue possible par un environnement politique et économique qui peut changer (si on le veut vraiment !), le Comité antilibéral unitaire gauche Valence se réunis ce soir, à 20:00 au Foyer Laïque de Valensolle (25 rue Albert Thomas), pour penser ce changement. Vous y êtes invités, chacun a sa pierre à apporter à cet édifice. Que l'on sache simplement que d'autres comités tel que celui de Valence se réunissent actuellement un peu partout en France, et que le succès dépasse d'ors et déjà les espérances. Il ne s'agit pas de penser une révolution, mais une façon humaine de vivre ensemble dans la dignité (on ne demande pas la lune !). L'expérience que nous vivons actuellement est emblématique des maux de notre société.


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22 novembre, 2006

Ministre et consultants.


M Bernard Piras, sénateur et maire de Bourg-les-Valence est, depuis le début, sensible et impliqué dans la lutte des Reynolds. J'en profite pour le remercier ici de son aide. Il a alerté ses collègues sénateurs ainsi que plusieurs ministères sur notre situation. La plupart des ministres ont répondu sur le mode « je transmets à mon conseiller et vous tiendrai informés ». M Breton se distingue de ses collègues en cela qu'il a totalement intégré le discours de la direction. En effet, avant de dire qu'il transmet le dossier à quelque énarque de son cabinet, il reprend exactement l'argumentaire de Sanford Brands. Je constate, et je m'interroge aussi. Partisan moi-même du moindre effort (motivation sans laquelle il n'est point de progrès possible) je me dis qu'il aurait pu éviter d'écrire ce paragraphe. Alors pourquoi ? Souhaite-t-il montrer à quel point il a vraiment pris ce dossier à bras le corps, s'est senti vraiment investi, l'a emporté pour l'étudier en rentrant dans le calme feutré d'une limousine, voire l'annoter, oubliant sur le bureau le dossier de la fusion GDF ? Mais dans ce cas, il aurait put porter un semblant de regard critique sur la stratégie industrielle du groupe. Après tout, après avoir été à la tête de Thomson, avoir été au conseil d'administration de Rodhia (poste pour lequel il risque encore, au vu de sa gestion, d'avoir des entrevues avec un juge accrocheur) il pourrait, sans qu'on se moque, porter un avis, sinon pertinent, du moins crédible. Mais non, il cite quasiment mot pour mot les propos de la direction de Sanford Brands et l'argumentaire du Livre IV. Il est certes possible que cette direction ait eu les honneurs du ministère, mais je penche pour une autre hypothèse. Je pense que les faits décris dans cet article, le projet d'approche des différents acteurs institutionnels pour vendre la fermeture du site, sont confirmés. Peut-être est-ce un autre cabinet de consultant, peut-être est-ce Bernard Krief Consulting, mais je pense désormais qu'un contrat a effectivement été signé et honoré. Si quelqu'un a des éléments, prière de me contacter, soit via les commentaires, soit par un message privé sur le forum.

Mais hier, c'était aussi une réunion du CE au cours duquel le cabinet BPIL'énergie du changement » !) présentait sa méthode pour réindustrialiser le site. Comme il est d'usage dans ce type de réunions, les membres du CE on eut droit, j'vous l'donne Émile, à une présentation Power-Point (à ce propos, lisez ce texte fin et lucide, Devenez beau riche et intelligent avec PowerPoint Excel et Word, alors qu'on peut être cool, frugal et zen avec Open Office, Firefox et Thunderbird !). Un certain nombre de mots sont revenus de façon récurrente au cours du discours : impacter – objectif - restructuration - effectivement – opération - emploi – favoriser – périmètre – in fine (on m'aurait reproché de l'oublier !) - dynamiser – territoire – accompagner – feuille de route – revitalisation – opération coup de poing – problématique – dispositif – timing – ingénieur d'implantation – finaliser – attirer la chance – phasage. L'idée générale, c'est d'attirer des entreprises en leur vantant les mérites du site. Il s'agit de créer des emplois, par forcement pour les Reynolds, mais le CE a demandé que les personnel de Reynolds soit favorisé. A priori, ça a marché en d'autres endroits alors. Par contre, l'intervenant n'a pas caché au CE que cette démarche prend du temps. Il s'agit de trier le bon grain de l'ivraie (les entrepreneurs chasseurs de primes) et de favoriser des entreprises qui resteraient. Ce dispositif, la convention de revitalisation, associe l'Etat, via la préfecture, et Sanford, BPI étant le prestataire. Les représentants des salariés pourraient être associés au dispositif, mais c'est en cours de discussion. Il ne semble pas y avoir d'opposition de principe. Cette prestation vient en complément du cabinet de reclassement (qui n'est pas définitivement choisi). Pour simplifier à l'extrême, le cabinet de reclassement s'occupe des personnes, et BPI des futures entreprises, mais ils ont le droit de communiquer entre eux !

Pour répondre aux commentaires, Nonaladelocalisation, le CE ne donnera son avis sur les différents Livres que lorsqu'il s'estimera suffisamment informé et pourra par conséquent donner un avis éclairé. Dans des cas extrêmes, des employeurs estiment que lorsqu'un CE ne donne pas d'avis, c'est un avis. Cela se règle devant les tribunaux. La jurisprudence est ambiguë à ce sujet, aussi, aller en justice sur ce point comporte des risques (outre la longueur de la procédure). Bimbo (il y en a donc une !), si les délégués appelaient à cesser le travail, cela signifierait une grève, avec les conséquences financières que cela comporte (à l'approche de Noël, ce n'est pas conseillé !). Aussi, je crois que c'est à chaque salarié de décider de l'attitude qu'il adopte.

Enfin, un article (à compléter) sur Newell Rubbermaid dans Wikipédia.

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posté par DiogenePasCynique le 22.11.06. Lien vers ce billet

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20 novembre, 2006

... mais ça va pas être facile !


Exit Indiana Jones, James Bond et autre OSS 117, si vous souhaitez de l'aventure, des rebondissements, des émotions (hé non, pas de bimbos, plutôt des femmes de tête à la personnalité affirmée !) ; vivez une fermeture d'usine coté syndical ! Lors de l'épisode précédent, le héros était menacé d'une plainte pour entrave par les méchant (on me pardonnera, j'espère, le manichéisme !) et ses compagnons en étaient fort marris. Mais 5 minutes plus tard (vendredi 17/11/06, 18:35) les conditions demandées par le secrétaire étaient acceptées. Il est vrai qu'il était sorti particulièrement tôt ce jour-là, à 18:30 ! A ce propos, on justifie le plus souvent une rémunération élevée par une grande responsabilité et beaucoup d'heures passées à la tâche. Deux conditions réunies par l'investissement syndical en milieu hostile. Cela pose des questions à mon avis (des questions qui peuvent fâcher d'ailleurs !). Fort heureusement, l'action syndicale n'étant pas rémunérée à son juste prix, cela provoque un investissement accru (il s'agit de ne pas entrer en dissonance cognitive !) des protagonistes (on lira avec profit le Petit Traité de Manipulation à l'Usage des Honnêtes Gens pour des explications sur l'engagement, voir aussi le site d'un des auteurs, Jean-Léon Beauvois ).
Le CE de ce matin s'annonçait donc tendu car une explication s'imposait. Par une manière d'intelligence collective, les salariés se sont spontanément présentés en bon ordre et dans le calme pour soutenir leurs délégués. C'est donc dans une salle bien remplie que le CE a commencé. La direction reproche principalement au élus du CE d'avoir déposé une plainte pour entrave. Elle estime donc que les discussions se déroulent sous une sorte de menace. Soit. Mais l'usage de ce même type de recours par la direction a des effets considérables. En effet, forcer un avis du CE rend caduques de fait les discussions en cours. On ne peut porter un avis sur un texte qui n'est pas encore figé. Il existe sans doute de ses ambiguïtés du droit qui font la joie des juges (et la fortune des avocats !) mais le risque est aussi grand que réel. C'est un peu comme si le même fusil était utilisé pour frapper avec la crosse par les syndicats et pour tirer de la chevrotine par la direction. Les dégâts ne sont pas les mêmes ! Les salariés présents dans la salle ont pu faire part de leur désarroi et de leur colère. Je tiens encore à souligner l'extraordinaire dignité, la mesure et l'attitude en tous points exemplaire des Reynolds. Dans beaucoup d'autres entreprises, une telle situation aurait pu se terminer en bousculade option noms d'oiseaux.
Ensuite, la direction a répondu, de façon assez convenue, aux questions des délégués sur le Livre IV (argumentation économique). Après un déjeuner simplifié, le CE reprit avec la même situation que le matin, les salariés présents étant principalement ceux de l'équipe de l'après midi. Des propos sensiblement identiques furent échangés. Comme M Niall Mac Millan était là, la direction a répondu sur une des propositions alternatives. Cette dernière suggère de ce recentrer sur les productions de très grandes séries et de laisser tomber l'épicerie. Bien que cette solution fasse bondir la productivité, réduise drastiquement le recours au personnel, ce n'est pas suffisant pour la direction. Là encore, on était dans le convenu. On put mesurer à quel point le monde financier a une vision assez simpliste du monde industriel. Les machines seraient transportables facilement, les réglages une formalité etc. C'est une chose que d'avoir une représentation mentale de la réalité, autre chose de se colleter avec. C'est évidement vrai en sens inverse, sauf que le monde industriel décide rarement du financier.
Le CE a été ensuite suspendu jusqu'à mercredi prochain à 13:30, pour pouvoir évoquer les propositions des différentes parties sur le livre III. Le fil du dialogue n'est donc pas rompu.

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18 novembre, 2006

Avant, après.

Alors que des discussions constructives étaient engagées sur les dispositions du livre III (les conditions de départ) il semble que, contre toute attente (ainsi que contre les présupposés qu'impliquent une discussion), la direction souhaite désormais passer en force pour obtenir un avis du CE sur le Livre III. Cela rendrait impossible la modification des dispositions. C'est pour cela qu'un appel au boycott (une doc ici) des marques du groupe Newell Rubbermaid est lancé. Tant que les conditions du dialogue sont réunies, il est toujours possible de sortir d'une situation délicate par le haut. Mais il serait bon de servir autre chose que des couleuvres ...

Il reste cependant toujours l'hypothèse que la direction est d'une abjection sans nom depuis le début, que les velléités de discussion ne sont que de la poudre aux yeux, qu'il s'agit simplement de faire baisser la garde pour mieux terrasser l'adversaire. La menace de poursuites judiciaires à l'encontre du secrétaire du CE pour entrave (il a refusé de signer l'ordre du jour du prochain CE) alimente cette hypothèse. Pourtant j'ai du mal à croire qu'autant d'imbécillité et d'inconscience puisse être réunies en si peu d'individus, si diplômés, si biens payés, si bien préparés (2 ans tout de même !). Car si cette hypothèse est vérifiée, alors, c'est la guerre, à savoir le gaspillage de ressources dans la destruction. Je souhaite bien entendu me tromper et que la direction retrouvera ses esprits, ou en trouvera si elle ne les avait pas. Si cette situation devait néanmoins persister telle quelle, elle conduirait immanquablement à des réponses dommageables pour tous, de celles que suggère la reflexion approximative de la défense légitime. Je constate par ailleurs que le rythme des procédures est désormais soutenu. La semaine prochaine, ce ne sont pas moins de 4 réunions du CE qui se tiendront, dont 3 ayant un caractère extraordinaire. Il est évident que ces rafales ne sont propices ni à une préparation, ni à une reflexion sereine (d'autant plus qu'en précipitant les déjeuners, elles rendent les digestions difficiles !).

Sur les marques, il reste des ambiguïtés quant à la pérennité de certaines. En effet, dans un document présenté en septembre 2005 par Joe Galli à ses collaborateurs, il était question de se recentrer sur un certain nombre de marques et de laisser tomber les autres. La copie d'écran suivante montre le périmètre des marques tel qu'il était en septembre 2005 (page 44 de la présentation Power Point®), et l'image suivante (page 45 de la présentation Power Point®) tel qu'il devrait être au terme du processus (le plan Acceleration).

Avant :


Les marques présentes dans le groupe à cette époque : Liquid Paper, Holson, Sharpie, Irwin, Rubbermaid, Burnes, StainShield, LouverDrape, Bulldog, Eberhard Faber, AirBake, Graco, Century, Levolor, Graco, Ezpaintr, Vise-Grip, BernzOmatic, Berol, Pyrex, TakeAlong, Del Mar, Kirsh, uni-ball, Sanford, Rotring, Panodia, Gardina, Spur, Intercraft, Regal, Mirro, Carex, Acrimo, Swish, Albadecor, Quick-Grip, Eldon, Blue Ice, Cosmolab, nenplas, Amerock, Calphalon, Atelier 28, Hanson Drape, Royal Diamond, Reynolds, Rolodex, Parker, Roger, System Works, Goody, Roughneck, Papermate, Waterman. Les liens, c'est pour le google bombing (J'y reviendrai si les circonstances le nécessitent) !

Après :

Seront désormais mises en valeur les marques (power brands !) suivantes : Sharpie, Irwin, Rubbermaid, Waterman, Graco, Calphalon, Expo, Dymo, BernzOmatic, Goody, Papermate, Lenox. Les autres, d'une façon ou d'une autre (vente ou suppression pure et simple) ne seront plus dans le groupe. En comparant ces deux états, on peut légitimement s'interroger sur sur la réelle volonté, affirmée et réaffirmée par la direction, de conserver la marque Reynolds. Visiblement, ce n'est pas le cas. Il y a quelques années, une tentative de remplacer les produits Reynolds par des références Sharpie et Papermate s'était soldée par un échec commercial. Comme il n'y a pas de raisons que les mêmes causes ne conduisent pas aux même effets, se priver de la marque Reynolds sur le marché français, c'est donc perdre les parts de marché qui y sont attachées. It's to do a goddamn stupid thing (c'est faire une connerie !) ! Je me suis laissé dire que le fait d'acheter une société concurrente pour en tuer la marque était un délit portant atteinte aux règles de la concurrence. Je n'ai pas beaucoup d'éléments dans ce sens et toute précision est la bienvenue. Quand on vous dit que le marché déteste la concurrence !


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posté par DiogenePasCynique le 18.11.06. Lien vers ce billet

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16 novembre, 2006

Buzz.

Vous pouvez visualiser le diaporama en Flash sur cette page, et éventuellement le télécharger sur ce lien (clic droit et choisir enregistrer sous).



posté par DiogenePasCynique le 16.11.06. Lien vers ce billet

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Vers les législateurs.

Puisqu'il semble désormais établi que nos postes seront, tôt ou tard, supprimés, que ce que nous vivons serve au moins à quelques chose. Bien qu'il ait été jugé un peu long, j'ai quand même envoyé le texte suivant à plus de 500 députés et sénateurs, ainsi qu'à quelques contacts dans la presse, avec pour objet, Mes préoccupations de citoyen.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les sénateurs / députés,

Seuls celles et ceux dont j'ai pu me procurer l'adresse e-mail sur le site de l'Assemblée Nationale recevront ce courrier électronique. Je prie les autres de m'excuser, mais je ne dispose pas des ressources, ni du temps nécessaires pour contacter chacun par courrier postal. Je vous demande donc de faire passer à vos collègues, dans la mesure du possible. Merci d'avance.

Ce qui se passe actuellement à l'usine Reynolds de Valence, dans la Drôme me semble emblématique de ce que peut redouter la société Française face aux comportements avides de grands groupes transnationaux que permet de fait, la législation Française.

La société que nous connaissons désormais sous le nom de Reynolds a été créée dans l'Eure, en 1927 par M Edmond Regnault, pour fabriquer des porte-plumes et des porte-mines. En 1945, l'usine s'installe à Valence, dans des locaux laissés vacants par Lip. Dans les années 50 cette société produit des stylos à pointe bille sous licence, puis rachète progressivement tous les brevets à M Milton Reynolds. Dans les années 60; l'innovation majeure dans les instruments d'écriture est la pointe fibre (feutres). Reynolds parvient rapidement à maîtriser cette technologie. Puis dans les années 70 et 80, Reynolds, devenu une grosse PME d'environ 400 employés, assure ses parts de marchés grâce notamment à l'effaceur. Parallèlement, une stratégie de conquête des marchés exports est mise en oeuvre avec succès. Cette stratégie met en avant les partenariats locaux. Les produits vendus sur les marchés visés sont le plus souvent assemblés sur place. Outre le fait de garder la maîtrise technologique des sous-ensembles, cela participe à rendre la marque Reynolds populaire sur ces marchés, simplement parce qu'elle fait vivre des gens. La sociétés est alors dirigées par les fils du fondateur. En 1993, la famille Regnault choisi de vendre, pour en assurer la pérennité, la société au groupe CGIP (appartenant à M Ernest-Antoine Sellieres). Ce dernier fait une bonne affaire et, se montrant peu interventionniste dans la gestion quotidienne (assuré par une équipe connaissant bien l'entreprise) de l'usine, l'activité reste très rentable malgré des marchés plus âprement défendus. En 1996, Reynolds est introduite en bourse, au second marché. La société Sermec (20 personnes), spécialisée dans la fabrication de stylo-plumes moyen et haut de gamme, est achetée en 1998. Une usine de production de pointe billes est installée en Inde (de loin le plus gros marché export). A cette époque le gouvernement indien est plutôt nationaliste et privilégie, par des droits de douane élevés, la production sur place, de produits semi-finis. Fin 1999, coup de tonnerre, Reynolds est intégralement vendu au groupe Newell Rubbermaid. Les salariés l'apprendront par la presse. Entre 2000 et 2004, la société Reynolds est divisée en deux entités, l'une, Reynolds SAS orienté production et développement (qui sera désormais perçu comme un centre de coût !) et une autre, Sanford Ecriture (Sanford est la division écriture du groupe Newell Rubbermaid), plus orientée commercial et marketing. Puis c'est le rachat par Newell Rubbermaid de la division écriture du groupe Gillette (soit les marques Waterman, Parker et Paper Mate). Enfin, en 2004, un premier plan supprime 7 emplois sur Valence et 1 à Nantes (usine Waterman), afin, dit-on, de réduire les coûts. En 2005, la totalité des cadres supérieurs de la sociétés s'en vont progressivement, et ne sont pas remplacés en totalité (loin s'en faut !). Un nouveau directeur arrive fin 2005, le temps de commencer une réorganisation massive de la production, il disparaîtra mystérieusement en avril 2006 (il est actuellement en procès avec le groupe !). Un nouveau directeur, visiblement de circonstance, arrive fin avril 2006. Puis, en juillet, après moult rumeurs, péripéties et sous la pression d'une grève de 3 jours, la direction parisienne avoue la délocalisation de la production vers la Tunisie, l'Italie et la Chine ainsi que la suppression de 257 emplois. Il s'agit pour la marque de pouvoir dégager des ressources pour son soutient (en clair on doit trouver des sous pour payer la pub !). Depuis, les salariés, confiants dans leur outils de production et leur savoir-faire, sont en lutte ( http://restructuration.blogspot.com/ ).

A aucun moment de cette histoire, les dirigeants ne se sont mis hors la loi. Sauf peut être les derniers qui peuvent raisonnablement être suspectés de délit d'entrave (dont la dénonciation n'entrave d'ailleurs pas la procédure de licenciement !), mais seulement suspectés. Par ailleurs, le fait que la procédure se déroule simultanément au niveau du CCE (Comité Central d'Entreprise) d'une UES (Unité Économique et Sociale) et au niveau du CE (Comité d'Établissement), que l'on puisse y déroger en partie (accord de méthode) ainsi que la pression sur les délais, rend la défense des salariés d'une absolue complexité, et ce malgré le recours aux aides que permet la loi. Je tiens à attirer votre attention, vous, représentants du peuple, sur le fait que la loi, en l'état, facilite de fait les délocalisations ; soit la perte d'emplois bien sûr, mais aussi la perte de savoir-faire par l'éclatement des équipes. Ce fut le cas, déjà, dans la ville voisine de Romans et son industrie de la chaussure. La technologie des stylos n'est sans doute pas stratégique, mais le cas de Gem+ me paraît emblématique. Les moyens dont dispose une équipe de représentants du personnel sont sans commune mesure avec ceux dont dispose un grand groupe transnational (5,7milliards de US $ de chiffre d'affaire en 2005), en temps, en recours à l'expertise et en savoir. Les représentants, dans le secteur industriel, occupent en effet le plus souvent des fonctions forts éloignées de la gestion ou du juridique. Il n'est dès lors pas étonnant de voir se multiplier les postures désespérées de salariés désemparés (les salariés de Polimeri vers Grenoble, qui menaçaient de laisser couler des produits toxiques sur la voie publique), ou de leurs élus (la récente grève de la faim d'un de vos collègues). Le combat est tellement inégal, malgré de rares exemples de victoire.

La LIBERTÉ existe, en l'occurrence, plus pour le propriétaire de l'usine que pour les salariés qui n'auront d'autres ressources que celle de tenter de rebondir faiblement dans un tissu industriel local dévasté (à Valence du moins) par plus de 20 ans de rachats, fermetures et autre restructurations d'usines. L'ÉGALITÉ est bel est bien de pure forme tant on sait l'accès bien inégal au savoir, à la formation et aussi, au carnet d'adresses. La FRATERNITÉ enfin, existe encore entre les salariés Reynolds. Cette relation issue d'une authentique culture d'entreprise bâtie de générations en générations par la transmission des savoirs et la camaraderie, mais s'étant-elle au pays entier, s'étant-elle à vous ? Qu'est-ce que la FRATERNITÉ dans un environnement économique libéral, et voulu comme tel ? Comment concilier la guerre de tous contre tous et cette FRATERNITÉ dont on se gargarise ?

Alors je me dit qu'un cadre législatif conduisant à de si désastreuses situations ne peut être acceptable. Que certainement, cet environnement doit changer radicalement. Pas par je ne sais quelle rupture dont on sait bien qu'elle recouvre plus d'insécurité sociale et la promesse de matraques contre les gueux. Mais par une législation qui, pour une fois, soit vraiment fille de la morale et de la République, tout simplement. Ai-je besoin d'ajouter que les prochaines échéance électorales donnent l'occasion de poser des actes forts dans ce sens ?

Mais peut-être suis-je trop loin pour comprendre vos choix et vos priorités. Car je n'appartiens pas à une France à étages comme le suggérait un récent premier ministre, mais à une France peut-être trop étendue, où la voix ne porte peut-être pas assez loin pour être entendue par delà les déserts que forment les friches industrielles présentes et à venir ...

Vous pourrez, si vous le souhaitez, transmettre à vos correspondants la pièce jointe à ce courriel afin que la lutte des Reynolds ainsi que les problèmes de société qu'elle soulève soient connu de tous.

Je ne connais pas la formule consacrée à vos fonctions aussi, je vous prie simplement d'agréer mes salutations aussi respectueuses que républicaines.

--

Diogene Pas Cynique


Le fichiers joint est un petit diaporama en Flash résumant la lutte des salariés Reynolds et qui sera prochainement téléchargeable en vue d'envois massifs à vos correspondants.


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posté par DiogenePasCynique le 16.11.06. Lien vers ce billet

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14 novembre, 2006

L'universelle panacée !

Ce n'est pas du sirop Typhon, mais ça répond peut être à une question. Je relaisse la parole à LTPro :

Les commentaires techniques sur le site suggèrent l'utilisation d'une base de données. Comme je l'ai avoué, je suis un gros débutant en PHP et MySQL, aussi, il n'est pas question de prendre de risques avec des bugs intempestifs. Sauf si quelque autre compétence s'y colle, je ne vois pas de solution à court terme. *christel a sans doute quelque chose à apporter au projet, si elle en a le temps. Après quelques recherches sur Framasoft, je crois que SPIP (description) est une solution à notre problème. Ce qu'il semble permettre (possibilité d'intervenants multiples à différents niveau d'administrateur, rédaction simplifié etc.) conviendrait tout à fait à l'objectif et permettrait à chacun, salarié ou futur employeur de laisser son CV ou son annonce sans mobiliser un administrateur. D'après ce que j'ai compris, ce ne doit pas être beaucoup plus compliqué que d'intervenir sur un blog (qui est un système de CMS (Content Management System) parmi d'autre !). Par contre, il faudra sans doute mobiliser les talents pour personnaliser un peu l'interface. Pour ceux que cela intéresse, ils peuvent télécharger SPIP et installer EasyPHP ou fvpat Webdev Server (qui fonctionne même à partir d'une clef USB, sans autre installation que la décompression d'une archive !) en local pour faire quelques essais. Dès que j'ai un moment, j'essaye de voir ça.

Pour répondre à anonymous 13/11/06 14:09, je vois mal un cabinet de reclassement quel qu'il soit mettre en place un site pour reclasser du personnel, surtout industriel. Déjà que cela ne s'est pas fait pour HP, à ma connaissance, je ne crois pas qu'une telle idée naisse spontanément pour reclasser des salariées issus de l'industrie. Et puis c'est toujours intéressant, et plus motivant, d'apprendre l'utilisation de nouveaux outils quand on sait que ça peut servir. Par contre il ne s'agit en aucun cas de se substituer à un cabinet de reclassement, mais d'apporter un outil complémentaire sous réserve, bien sûr, de l'accord de toutes les parties, et surtout, des salariés eux-mêmes. Par ailleurs, j'aime bien l'idée d'une démarche de prise en charge parles salariés eux-mêmes, cela démontre un certain état d'esprit, même si les institutions existent, la procédure en cours est usante pour le mental et le physique des intervenants.

C'est vrai que l'action use un peu, certains ont des poches sous les yeux, d'autres les joues creuses et d'autre encore le moral dans les chaussettes.

Pour ce qui est de la réunion d'hier, avec la direction, disons que l'eau est calme, mais qu'il ne faut pas troubler la délicate alchimie que peuvent abriter les fonds ... Prochaine rencontre prévue jeudi 16/11/06.

Sinon, la gauche anti-libérale se rassemble à Valence. Ils ont même un blog : Comité antilibéral unitaire gauche Valence. Allez-y donc voir, c'est des collègues !


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13 novembre, 2006

Le reclassement, ça marche !

Lors de la dernière AG, j'en ai vu qui doutaient, ne niez pas ! Et c'est vrai que lorsqu'on lit cet article :on peut être méfiant. Pourtant, une personne qui a quitté le groupe voilà un peu plus d'un an, Joe Galli, a retrouvé un boulot.

Techtronic Industries Names Joe Galli CEO


Wednesday, November 01, 2006

Techtronic Industries (TTI) today named former Newell Rubbermaid chief executive Joseph Galli as the company's new Chief Executive Officer of Techtronic Appliances Holdings Company Limited (TAH), the Group’s Floor Care Division, effective immediately.

We are delighted to welcome Joe to the Group and we look forward to the valuable contributions he will make to the future growth of our global Floor Care Division," said Horst J. Pudwill, Chairman and CEO of TTI.

According to a statement released by the company, Galli’s responsibilities as CEO will encompass every facet of the Group’s consumer floor care products in retail markets worldwide, including the promotion and development of the Dirt Devil and Vax brands.

Il est désormais Chief Executive Officer (PDG) de Techtronic Industries. Je suis bien content pour lui, car un an sans bosser, c'est dur, surtout en terme de revenu, aux USA, où les allocations chômage n'atteignent pas la niveau qu'elles ont en France. Je suis moins optimiste quant à l'avenir des salariés sous sa responsabilité, idem pour les actionnaires de Techtronic ! Cela démontre que le reclassement d'un cas difficile est possible pour peu qu'on y mette les moyens adéquats. Dans cet article, on apprenait en effet que M Galli avait bénéficié d'un budget de 100 000 $ uniquement pour sa recherche d'emploi (j'imagine que sa stratégie implique l'offre de Rolex en or à des DRH pour obtenir un entretien, avec un budget pareil !). Je note que M Galli avait été viré pour n'avoir pas rempli ses objectifs, ce qui n'est pas notre cas. Je ne crois pas que Sanford Brands ait prévu un tel budget de reclassement, par personne, pour nous. Mais je retiens qu'il faut vraisemblablement des moyens et du temps pour que le reclassement soit successful ! En tous cas, comme on parlera délais ce matin, voilà qui constitue un exemple de ce qui fonctionne !

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12 novembre, 2006

BlogCrossing : Les Reynolds.Com ?

LTPro est un salarié Reynolds versé dans le web (voire carrément tombé dedans !). Il fait la proposition suivante :

Comme 256 salarié seront bientôt en recherche d'emploi, qu'ils seront de futurs anciens Reynolds avec ce que cela comporte de bonne réputation, il convient de les présenter au mieux de leur forme ! Aussi je propose qu'un site web leur soit complètement dédié. Sur ce site, outre présenter brièvement les différentes fonctions, donc les compétences et les métiers, chacun aurait un espace dans lequel il pourrait remplir un CV selon un modèle standard qui reste à définir. Un modèle standard est plus facile à gérer. Une partie de cet espace pourrait bien sûr être personnalisable pour que chacun rajoute un laïus sur sa vie et son oeuvre. Par ailleurs, sur ce site, tous les employeur intéressés pourraient déposer leur offres d'emplois. L'idée, c'est de mettre facilement en contact l'offre et la demande. La gestion d'un tel site, hors frais de personnels serait inférieure, en comptant large, à 300 € / an (nom de domaine et hébergement).

La structure du site pourrait s'inspirer du schéma ci-contre. Un moteur de recherche interne pourrait faciliter les recherche par nom, fonctions ou encore formation.

Il existe deux façons de faire un site internet ; faire des pages dynamiques, écrites automatiquement à la demande en interrogeant une base de données, ou écrire « à la main » toutes les pages. Bien qu'élégante, la première méthode m'est encore inaccessible (pas assez bon en PHP et MySQL !), de plus je ne crois pas que les données disponibles sur le personnel soient suffisamment mises en forme pour cela. La seconde méthode paraît, en l'état actuel des choses, plus accessible, bien qu'elle demande plus de travail de saisie. Vus les objectifs d'un tel site, il n'est pas question de délirer sur les graphismes et autre animations en Flash. Je pense qu'il est préférable de faire simple, efficace et léger (en espace disque). Si l'idée était retenue, les premiers frais à engager seraient l'achat du nom de domaine (pour au moins 2 ans), l'hébergement (environ 60 à 100 € /an) et l'achat d'une licence Dreamweaver 8 (quelques centaines d'€) pour l'écriture de pages correctes (et conformes aux standards du web). Le nom de domaine doit être court et évocateur, je pense à lesreynolds.com par exemple. Evidement, il faut l'accord de chacune des parties concernées (salariés, syndicats et direction). Si ce site devait exister, il ne serait bien entendu pas obligatoire d'y déposer son CV ! Pour ce qui concerne les descriptions de postes, si le service RH acceptait de livrer ses fichiers Word d'origine, cela accélérerait la saisie. Ce site devrait faire l'objet d'une bonne publicité auprès des acteurs locaux de l'économie. Peut être qu'aussi, on pourrait faire de la vraie pub sur Google afin que tous les résultats des recherches liées à des métiers présents chez Reynolds puissent faire apparaître le site des Reynolds et ainsi augmenter la visibilité des CV. Bien sûr, ce n'est pas gratuit, mais ce n'est pas exorbitant non plus.

Ce ne sera pas une solution miracle, mais seulement un outils de plus qui, je l'espère, aidera les salariés. Si vous avez des avis, des remarques ou des suggestions, vous pouvez me contacter à cette adresse, lesreynolds@trashmail.net (laissez Site Emploi Reynolds dans la case sujet car mon courriel est classé automatiquement), mais pour un minimum de transparence, les commentaires de ce blog sont peut être préférables, à vous de voir ! D'ici une quinzaine de jours, je pourrai proposer un modèle de site. Je ne pourrai pas faire tout le site car je n'en ai pas le temps. Par contre je peux mettre en place sa structure et faire un canevas qui peut être assez facilement rempli par d'autres.


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posté par DiogenePasCynique le 12.11.06. Lien vers ce billet

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11 novembre, 2006

Retour sur l'AG.

L'assemblée générale s'est tenue et était de bonne tenue. Effectivement, des questions ont été posées et je crois que les réponses ont été complètes. Pour ce qui est des commentaire sur les emplois de la direction, je persiste ; il faut voir d'où cela vient, et dans quel but. Le propos de la lutte est désormais de garantir à tous une solution après Reynolds, une solution durable, compatible avec les formations et compétences (présentes et à venir) et correctes en terme de revenus. Il ne s'agit pas de décider à la place des gens, mais de mettre en place un dispositif qui permette le maximum (qui peut le plus peut le moins !).

Je reviens sur la discrimination dont il est question dans les commentaires. Le livre III n'est pas définitif, donc il ne peut faire l'objet d'un avis des CE et CCE et encore moins être mi en oeuvre. Par ailleurs, si les syndicats sont effectivement informés que des offres d'emplois ont été envoyées à la direction, ils n'en connaissent pas le détail. Par conséquent ils ne peuvent avoir de responsabilités dans les fuites incriminées. L'intérêt de la direction est de briser le collectif qui existe. Un moyen simple c'est de jeter quelques offres d'emploi en pâture. Cela me fait penser à une espèce de touriste qui jetterait quelques pièces à une nuée de gamins dans quelques ruelles du tiers-monde. Evidement, tout les gosses se disputent pour en avoir une. Pourtant il serait plus efficace de se jeter sur le touriste, le dévaliser et partager le butin ! Bon d'accord, de négocier avec le touriste ! Pourtant le touriste pense peut-être que c'est bien de filer quelques pièces plutôt que rien. Malheureusement, ce faisant il ne fait pas appel à l'humanité des enfants, mais à leurs tendances les plus égoïstes. Je pense que c'est mal, tout simplement. Je me fais une autre idée de l'homme. Les syndicat ont à coeur de mettre en place des dispositions qui augmentent les chances de retrouver une solution pour ceux qui en ont le plus besoin. Par contre, une fois qu'on y verra plus clair, il faudra effectivement que les annonces soient disponibles pour tous. Petit rappel cependant, l'usine n'est pas fermée ...

Lundi prochain, les organisation syndicales rencontrent la direction, et mardi, une réunion de négociation se tiendra à Paris pour continuer la discussion sur la proposition de plan de pré-retraite d'entreprise. Là encore, la direction apportera ses réponses aux propositions syndicales.

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posté par DiogenePasCynique le 11.11.06. Lien vers ce billet

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10 novembre, 2006

Débat.

Assemblée générale aujourd'hui à 11:30 devant l'usine. J'espère que toutes les questions et les avis qui s'expriment ici s'exprimeront de même à haute voix. Tous les ressentis sont également honorables et, même si on peut ne pas être d'accord, on peut toujours comprendre n'est-ce pas ? Ce que j'aimerai néanmoins que tous comprennent, c'est que les différents avis exprimés dans les commentaires ne sont pas incompatibles. Ce qu'il faut aussi comprendre, c'est que le rapport de force a sans doute évolué. Je ne crois pas que la direction accepte de parler de délais par pure humanité. Vu les enjeux financiers, ce paramètre ne compte sans doute pas autant qu'on le souhaiterait. Je crois que les opérations de transfert sont désormais perçues dans leur réelle complexité. La réalité, surtout industrielle, ce n'est pas un Monopoly ! L'important, au cours de cette assemblée, c'est que tous s'expriment ...

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posté par DiogenePasCynique le 10.11.06. Lien vers ce billet

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09 novembre, 2006

Encore un départ.

C'est maintenant officiel, M Di Vincenzo quitte le site de Valence pour de nouvelles aventures industrielles. M Byron Gibson le remplacera en partie.

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posté par DiogenePasCynique le 9.11.06. Lien vers ce billet

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L'engagement, la théorie et la pratique.

Le texte suivant n'est pas paru sur AgoraVox (auquel il était pourtant destiné) pour les raisons suivantes :

Nous vous remercions d'avoir soumis votre article (Reynolds, une question de souveraineté© aussi - 15078) sur AgoraVox. Toutefois, le comité de rédaction n'a pas validé sa publication. Nous considérons en effet que l'article serait susceptible de poser des problèmes de droit. Aussi, nous est-il apparu préférable de n'engager ni votre responsabilité, ni la notre.

L'article :

Reynolds, une question de souveraineté aussi.

Au delà du drame social et économique que constitue la fermeture d'une usine, l'intervention occulte auprès des pouvoirs publics, via des cabinets de consultants spécialisés, d'intervenants économiques américains pose des questions quant à la souveraineté économique.


Alors que le processus de fermeture de l'usine des stylos Reynolds (filiale de Newell Rubbermaid via Sanford) de Valence se poursuit inexorablement, les représentants du personnel sont entrés en possession de documents démontrant une volonté ancienne et secrète de fermer le site de production. Ces documents, ce sont deux propositions de contrats des cabinets Bernard Krief Consulting et GCI. L'objet de ces contrats est la gestion de la communication autour de l'éventuelle fermeture du site, notamment auprès des pouvoirs publics. Il s'agit de convaincre, en amont et hors procédure, les acteurs institutionnels et politiques. Le cabinet Bernard Krief Consulting analyse pour sa part quatre grand risques liés à la restructuration projetée : le " risque administratif " (les lois évoluent, se complexifient et les inspecteurs du travail dressent de plus en plus de de constats de carences), le " risque juridique " (les syndicats vont de plus en plus au tribunal de grande instance), le " risque institutionnel national " ( le nombre de plans sociaux et les échéances électorales portent les politiques à la prudence) et le " risque d'image " (la forte notoriété de la marque Reynolds peut pâtir des conséquences médiatiques d'une vague de licenciements). Le cabinet Bernard Krief propose donc :

" d'apporter une assistance-conseil effective en back-office portant sur la gestion des quatre risques précédemment décrits. 1) La préparation du projet, 2) la validation des thèmes et argumentaires des projets de plans sociaux pour leur bon aboutissement au moindre coût, 3) l'accompagnement permanent auprès des différents prescripteurs de l'opinion, en particulier des pouvoirs publics nationaux et administratif, 4) la stratégie d'accompagnement de la thématique externe du projet de restructuration, 5) la gestion d'une cellule de communication de crise pour la protection et la pérennité de l'image de la Société ". Pour cela, le même cabinet estime que :

" Afin de mener à bien la présente action, Bernard Krief Consulting recommande à la société Sanford une intervention confidentielle auprès des cinq cibles prioritaires suivante, avec qui elle a l'habitude de travailler de manière constante et en totale discrétion : 1) Au sommet de l'Etat, le premier ministre et son cabinet, 2) Les ministres de tutelle directe et leurs cabinets, le ministre des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité, le ministre de l'Intérieur et son cabinet de part son influence sur les préfets et les DDTEFP, 3) Les autres ministres pouvant intervenir au cours du projet, le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, et son cabinet, 4) Les autorités régionales, les organes électifs et administratif concernés : préfet de région, préfet de départements, administrations décentralisées, direction départementales du travail et de l'emploi, inspecteurs du travail, 5) Les élus des départements, les maires dont celui-ci de Valence (M Labaune en 2004), les parlementaires concernés, le Conseil général. ".

Bernard Krief Consulting estime le coût annuel de cette mission à 292 000 € (frais en sus). Le cabinet prévoit aussi " En cas de succès de la mission, des success fees [honoraires supplémentaires] seront versés par Sanford à Bernard Krief Consulting au bon résultat final de l'action (obtention du plan et / ou économies sur le plan). "

Ce document date de septembre 2004, alors que l'annonce officielle du projet de fermeture du site aux partenaires sociaux date du 12 juillet 2006. Il semble donc que la volonté de dissimuler le projet le plus longtemps possible soit établie. La question se pose de l'articulation des actions de lobbying d'une société privée étrangère auprès de pouvoirs publics issus d'un processus démocratique, au détriment de citoyens.

Le Comité d'Etablissement de Reynolds a déposé une plainte pour délit d'entrave et la direction de Sanford Europe a annoncé, le 20 octobre, le départ de M Terrien (Vice Président Europe de Sanford). Rien n'indique cependant que la procédure de fermeture de l'usine de Valence soit suspendue.

Des compléments d'information dans les précédents articles ( article 1, article 2 et article 3 ) ainsi que des infos en temps réel sur le blog Restructuration.

Toutes proportions gardées, bien sûr, je vous invite à aller voir ici.

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Sécurité.

M Byron J. Gibson a envoyé la note suivante à tous les employés Europe disposant d'un e-mail professionnel :

La sécurité des sites de Sanford Brands

Dans un monde où tous les aspects de la vie sont concernés par le besoin accru de sécurité, Sanford Brands Europe est dans un processus de prise des mesures nécessaires pour s'assurer que la société prend les précautions nécessaires pour protéger ses employés, ses avoirs et sa réputation. Dans les prochaines semaines, la sécurité sera auditée dans tous les sites de Sanford Brand Europe. Une société tierce nommée Control Risk nous aidera durant cet audit. Au terme de cet audit, on pourra s'attendre au déroulement de changements de process et procédures.

Les directeurs RH de chaque site, ainsi que Richard Leveque aux bureaux de Paris s'attendent à être contactés par Control Risk très prochainement. Soyez assurés que cette tâche importante sera menée rapidement et de façon professionnelle.

Merci de votre coopération.

Cordialement.

Byron J. Gibson

Au vu des diverses tentatives (parfois vécues comme des provocations) qui ont déjà eu lieu, je ne crains certes pas le pire, mais des maladresses. Je suis néanmoins content que M Gibson se préoccupe de la sécurité des salariés. Espérons simplement que sa conception de la sécurité va au-delà du sécuritaire, et englobe les aspects sociaux et psychologiques ...

Pour répondre à l'avalanche de commentaires d'hier soir, je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'histoire du chèque et de se démerder seul. Il ne s'agit pas d'opter pour l'une ou l'autre stratégie pour des raisons idéologiques, il s'agit d'appliquer ce qui, d'expérience, fonctionne le mieux (il y a des exemple à Valence même) en terme de succès de reclassement. Ce n'est certes pas le cas de tous mais certains chez Reynolds n'ont jamais eu à chercher du travail. Ce n'est pas aussi facile qu'on pourrait le penser. j'ai quant à moi récemment tester le marché sur mes qualification : moins de 3 % de retour exploitable ! Il est facile de trouver des bricoles à faire ici ou là, mais un vrai CDI, c'est une autre histoire ! Le délais dont il est question, ce n'est pas seulement la cellule de reclassement, c'est aussi et surtout, le temps de la réflexion et la possibilité de se former sérieusement à un autre métier.

Ceux qui, par leur dynamisme, leur compétence, que sais-je encore, estiment pourvoir se débrouiller seuls, rien ne les en empêche. Il ne faudrait cependant pas qu'ils hypothèquent les chances de ceux qui n'ont pas leurs atouts, c'est une simple question d'humanité, voire de politesse. Depuis le début de notre lutte, c'est toujours le collectif qui a permis d'avancer et il est souhaitable que cela continue.

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08 novembre, 2006

Précautions.

Aujourd'hui, M Dominique Strauss Kahn rencontre la direction. Il est au fait de notre stratégie et devrait donc l'appuyer.

Pour ce qui est de la suite du CE extraordinaire d'hier, le cabinet Syndex a continué la présentation de son rapport sur le Livre III. L'accent a été mis sur les difficultés liées au bassin d'emploi ainsi que la nécessité, si comme l'a dit Byron Gibson lors de la table ronde, il s'engageait à ce que tous les salariés aient trouvé une solution dans les deux ans, de mettre en oeuvre les moyens adéquats. Ces moyens, ce n'est pas un chèque, quelque soit son montant. Ces moyens, c'est avant tout du temps et un reclassement collectif, car c'est cette méthode qui, les chiffres le démontrent, garantie le mieux un reclassement efficace. Le mode de gestion du reclassement que propose actuellement la direction donne généralement autour de 30 % de résultats au bout de 12 mois, ce qui est nettement insuffisant étant entendus que les moins armés tant par l 'âge que par la formation initiale sont ceux qui ont le plus de difficultés. Une grande partie du CE a donc vu les différentes positions s'affronter. Il semble néanmoins qu'une discussion constructive soit encore possible malgré une environnement juridique contraignant. J'entends parfois, au cours de conversations dans l'usine, parler de chèques, voire de gros chèque. Que les choses soient claires, il n'y a pas de gros chèque. Il y a potentiellement, des indemnités légales (voir convention collective) et des indemnités complémentaires dont le mode de calcul n'est pas encore arrêté. Tout, dans le Livre III, est encore discutable. Aussi il est difficile de livrer des informations fiables et durables sur ce document qui est voué à évoluer. Que l'on sache simplement qu'en l'état, il ne répond pas aux objectifs de reclassement et qu'il ne permettra pas à tous de retrouver du boulot. Que l'on sache aussi que les niveaux d'indemnisation sont insuffisants en regard des préjudices et de la réalité du bassin d'emploi sur Valence. Par conséquent, il faut résister coûte que coûte à cette tentation, dictée par la peur, la fatigue et l'angoisse, de vouloir en finir vite pour passer à autre chose. Autre chose, actuellement, c'est le plus probablement un chômage à durée indéterminée. Toutes les actions en cours visent à sécuriser au maximum l'avenir de tous.

Aujourd'hui, les élus du CCE sont en réunion préparatoire à Paris, et demain il seront en CCE. Ensuite, il y aura sans doute du temps pour que les organisation syndicales fassent une info plus directe auprès des salariés. Mais, pour répondre au commentaire de repondsmoi, ce n'est pas parce que la surface du lac est calme qu'il ne se passe rien dessous (ne dirait-on pas quelque proverbe chinois ?) ! J'essaye, dans la mesure de mes moyens, de livrer de l'info le plus vite possible. Mais il ne faut interférer ni avec las actions en cours, ni avec les organisations syndicales. Dois-je aussi parler de la fatigue, des journées trop courtes, des choix et des doutes ? C'est la vie, on apprend en même temps qu'on joue une seule partie, que l'on doit, si possible, gagner. Aussi, les choses avancent pourtant, malgré l'apparent immobilisme, car il faut être prudent.


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posté par DiogenePasCynique le 8.11.06. Lien vers ce billet

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04 novembre, 2006

C'est pour un sondage ...

Alors que malgré les craintes de déménagement, il ne semble pas que des machines ou des moules aient fait le grand voyage, Mark Ketchum sollicite notre opinion sur la stratégie du groupe. Un grand sondage commencera en effet la semaine prochaine auprès des employés du groupe. Je crois qu'il est important que nous nous y exprimions. Comme il sera probablement en anglais, il faudra se faire aider pour les moins anglophone d'entre-vous.

La semaine prochaine, c'est aussi, mardi, un CE extraordinaire sur le livre III. Le négociations vont donc commencer véritablement. A ce propos, la direction a beaucoup à se faire pardonner, notamment des cachotteries aux longs cours. Outre le préjudice de perte d'emploi, d'un tissus industriel local qui restera longtemps affecté, des politiques de formation qui, par le passé, n'ont pas assez armés les salariés ; la direction devra bien entendre qu'il y a aussi un préjudice moral énorme à laisser des salariés dans le mensonge alors qu'elle pensait, depuis longtemps déjà, la fermeture de l'usine.

Au cours de ce CE, la direction répondra aussi aux propositions alternatives. A ce propos et pour rebondir sur les derniers commentaires, il faut rendre hommage à la CGC (toujours une certaine maestria !) qui a fait un sacré boulot.

A la fin de la semaine prochaine, CCE extraordinaire, à Paris cette fois.


posté par DiogenePasCynique le 4.11.06. Lien vers ce billet

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Web Restructuration

Quelques liens sur le reclassement.

Cette section s'affiche au bas de toutes les pages du blog. elle propose une sélection de liens vers des sites qui peuvent être utiles.

La Base de données Altedia vous permet, si vous avez un compte (demander les codes à un conseiller Altedia, à l'antenne Altedia.) de vous connecter à une base de donnés contenant des offres d'emplois identifiées. D'autres sites pour laisser un CV ou chercher des offres d'emplois : ANPE, Monster, JobMeeters, Carrires On Line, RhoneAlpesjob, Pôle Local d'Orientation du Grand Valentinois. On peut aussi viser le soleil : DOM Emplois, Runion Job, DOM-TOM Jobs. Pour les plus motivés, l'emploi à l'étranger : Job center (Grande Bretagne), EURES - The European Job Mobility Portal. Pour les cadres et techniciens : Cadre Emploi. Emploi spécialisé et interim : ADECCO, Kelly Scientifique.

Des modèles (format Word) de CV : AllCV.

D'autres faons de travailler. Le portage salarial : ITG, Portage +. Ce type de statut permet d'être indépendant en conservant un statut de salarié. Idéal pour tester l'idée avant de se lancer. En indépendant : Freelance.Com. Les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (Scops) : Scop Entreprises. Chambre de commerce de la Drôme, Agence Pour la Cration d'Entreprise (APCE).

Les réseaux : Xing (Open BC), Viaduc - Viadeo.

Le chômage : ASSEDIC, Actu Chômage (un site militant d'actualité, à suivre !).

Si vous n'avez pas internet mais souhaitez quand même disposer gratuitement d'une adresse électronique (accessible de n'importe quel ordinateur, cellule Altedia, cyber-café etc.) : La Poste, Yahoo, Hotmail et GMail (sur invitations ).

Des outils libres et gratuits : Navigateur internet Firefox, messagerie Thunderbird, suite bureautique Open Office, et tout le reste sur Framasoft. Vos applications libres et portables sur votre clef USB : Framakey, PortableApps.com.