GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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30 avril, 2007

Femmes.

Une ville dans laquelle la vie d'un homme ne vaut pas grand-chose et celle d'une femme strictement rien. Une ville dans laquelle le simple projet de poster une lettre vous fait immédiatement passer pour un naïf (le courrier est très mal acheminé, quand il l'est). Une ville où la police est soit corrompue, soit incompétente (certes, il y a de rares exceptions). Une ville au milieu du désert. Une ville dédiée à la mondialisation. Ciudad Juárez. Depuis les années soixante ce sont des milliers de maquiladoras (ou maquilas) qui se sont installées ici. Ces maquilas, ce sont des usines d'assemblage qui travaillent, soit comme sous-traitantes, soient comme filiales de grand groupes industriels mondialisés. Ces usines bénéficient de tout ce qu'un investisseur peut rêver ; des conditions fiscales avantageuses, des syndicats absents, une réglementation du travail compatible avec le profit maximal, une main d'oeuvre pléthorique et soumise, venue de la campagne et pour laquelle un salaire de misère, c'est mieux que rien. De fait, une main d'oeuvre jetable, presque au sens littéral (ou libéral !).

Depuis la signature de l'accord ALENA (zone de libre échange économique entre Canada, USA, Mexique et d'autres pays d'Amérique du sud) le phénomène s'est amplifié. Ces sous-traitants assemblent, pour le grand voisin US, de l'autre coté du Rio Bravo Del Norte (on dit Rio Grande aux USA) des produits que pour la trop grande majorité, la population locale ne peux s'offrir. Les marchandises et les capitaux circulent librement mais c'est toujours la queue sur le poste frontière du pont entre El Paso (Texas) et Ciudad Juárez pour les mexicains qui veulent passer aux USA. Le long du fleuve, en amont comme en aval, des barbelés ou un mur de solides plaques de métal qui se prolonge jusque dans l'océan pacifique, des patrouilles, des chiens et des caméras thermiques découragent les dos mouillés.

Ciudad Juárez est aussi une ville où les cartels de la drogue sont puissants, où les exécutions sommaires sont parfois les fait de forces de l'ordre (aux ordres des cartels), où le gouverneur de l'état de Chihuahua lui-même a du mal à faire respecter la loi.

Mais depuis 1993, Ciudad Juárez est le théâtre d'un fait divers sans précédent. Le nombre de victimes lui-même est mal connu. La plupart s'accordent sur près de 400 meurtres, mais on parle aussi de plus de 500 disparues. Les victimes sont toutes des femmes, pour la plupart âgées de 14 à 25 ans, un quart d'entres elles travaillaient dans les maquiladoras (4 à 5 $ par jour pour 9 h de travail), toutes étaient pauvres. Parfois, on retrouve les corps. Souvent étranglées, mutilées, violées, parfois démembrées les victimes sont aussi retrouvées des années plus tard, dans le désert, leurs ossements dispersés. De fois elles disparaissent, purement et simplement.

Différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer ces meurtres. Satanisme, snuff movies, on a même parlé de trafic d'organes (rien ne vient appuyer cette thèse). Pourtant, les conditions sociales existantes suffisent peut-être à expliquer cette horreur. Une société extrêmement machiste dans laquelle la place de la femme est largement subordonnées à celle de l'homme (au Mexique 10 millions de femmes souffrent de violence intra-familiale), des pouvoirs publics corrompus, une zone sans foi ni loi, que celle du plus fort et un certaine mondialisation. Parce que là où le travail n'est pas cher, la vie non plus et les pouvoirs publics sont à l'avenant. Souvent l'Etat y est fortement armé, assez corrompu et les libertés bafouées. Mais les maquilas ont aussi produit ici un phénomène nouveau que les femmes payent au prix fort. L'accès à l'indépendance économique. Chose que visiblement, la ville ne supporte pas. D'abord parce que ces meurtres se produisent, ensuite parce que rien de tangible n'est fait pour mettre fin à ces agissements. Il y a bien des enquêteurs sur l'affaire, on a même fait venir à grand frais l'inventeur du programme VICAP (le profilage selon le FBI). Mais les cafouillages, les changements d'équipes, les pertes de dossiers et surtout, le manque de volonté politique de résoudre cette affaire (qui ne concerne que des femmes), ont fait que malgré l'arrestation de quelques suspects qui ont avoué des meurtres sous la torture, les vrais coupables courent toujours. Actuellement, on compte en moyenne deux nouvelles victimes tous les mois.
Un film inspiré de ces faits ahurissants sort, mais je préfère vous conseiller la lecture de La ville qui tue les femmes, enquête fouillée de deux journalistes, ainsi qu'un web-documentaire. Pour le commentaire qui fait référence au film, nous avons eu la même idée !

Sinon, demain rendez-vous à 10:00 devant la gare de Valence pour la traditionnelle manif dur 1er Mai.



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28 avril, 2007

Se(r)vice d'ordre.

Perrine est allée voir (du moins a essayé) Nicolas Sarkozy à Dijon le 23/04/07, voici le récit de sa soirée (en bleu, c'est Sarko qui parle).

« A tous les Français, je dis qu'ils ont tous, riches ou pauvres, forts ou faibles, droit au même respect, au même amour, à la même compréhension, et que ce respect, cet amour, cette compréhension ce sont les valeurs, les sentiments qui fondent mon idée de la France. »
C'est ce que Nicolas Sarkozy disait hier soir à son meeting au
Palais des Congrès de Dijon. Pendant que le premier candidat aux élections présidentielles proclamait son discours sur les valeurs humaines de fraternité, tolérance, et d'universalité, des gens se faisaient tabasser. Leur seule faute était de se trouver là au mauvais moment.
Avec quelques copains, je suis allée hier soir au Palais des Congrès, « pour voir ». Il y avait une trentaine de jeunes, comme nous, à être venu observer ce qui se passait, voir que nous étions effectivement en désaccord avec les propos de Monsieur Sarkozy. Après quelques minutes passées à l'extérieur, nous nous sommes décidés mes amis et moi, à entrer, par curiosité. Nous ne criions pas, nous ne remuions pas les foules, on aurait pu nous prendre pour de vrais sarkozistes !! Nous n'étions pas à l'intérieur depuis un quart d'heure, que déjà on apercevait un jeune homme se faisant traîner sur le sol par les quatre membres parce qu'il avait hué M. De Robien, ministre. Un de mes amis s'est précipité sur lui pour le soutenir, le relever. Il s'est finalement retrouvé par terre à côté de lui, entouré de 5 ou 6
costaux, chargés de la « sécurité »… Ils les violentaient, ils leur donnaient des coups de pieds, les traînaient au sol… Nous ne pouvions pas laisser faire ça !! En voulant s'interposer entre ces vigiles et nos amis, nous nous sommes retrouvés tirés vers l'extérieur, on nous tordait les poignets pour qu'on se laisse faire, on nous attrapait par le cou pour que l'on ne crie pas… je n'ai vu qu'un seul homme avec un comportement humain parmi ces machines à allures d'hommes. Nous étions 6, ils étaient une dizaine.
Une fois à l'extérieur, nous avions retrouvé notre calme, pas un seul d'entre nous ne criait, pas un seul n'avait un comportement violent, pas un seul d'entre nous ne buvait ou ne fumait. Nous étions une trentaine. Nous avons alors vu arriver dix CRS, en plus des huit camions qu'il y avait de chaque côtés de la rue. Nous avons décidé de tous nous asseoir par terre, signe pacifiste et non violent par excellence ! Les CRS se sont mis en ligne devant nous, nous poussant, nous tirant par les bras, nous donnant des coups de matraque et nous encerclant. A ce moment là, nous étions 22. Ils étaient 27. Ils refusaient de parler, disaient que c'est interdit d'être là (c'est pourtant bien un lieu public, je me suis renseignée), qu'on avait pas le droit de nous asseoir à cet endroit. « La Bourgogne, c'est un vieux pays où l'on ne se bat que lorsque c'est nécessaire, que lorsque l'essentiel est en jeu. » continuait Monsieur Sarkozy. Je ne dois pas avoir la même notion de « l'essentiel » que ces hommes en armes, battant des hommes et des femmes faisant la m
oitié de leur poids, tous pacifistes, dont la seule faute était d'être là, de ne pas partager les idées de Monsieur Sarkozy.
« L'ouverture dont je veux être le candidat c'est l'ouverture d'esprit. L'ouverture d'esprit c'est être capable de prendre en considération les raisons de l'autre, c'est être capable de penser que l'autre pourrait avoir raison, c'est être capable d'échanger avec l'autre et de le respecter même quand on pense qu'il a tort. »
Nous n'avons pas eu le temps de nous exprimer, que déjà, nous étions encerclés. Nous ne pouvions même pas être là en signe de désaccord, que déjà on nous cachait. La liberté d'expression serait-elle bafouée ?!
« Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux que la police fasse son métier ? Qu'elle arrête les délinquants et les fraudeurs ? Qu'elle poursuive les voyous ? Parce que je dis que la victime vaut plus à mes yeux que le délinquant ? »
Nous ne sommes ni des délinquants ni des fraudeurs, ni des casseurs, mais nous sommes bien, nous, les victimes de ce système qui nous attend, de cette société policière à quoi il nous prépare.

« Je veux leur dire que si j'ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, je veux aussi la mettre dans le comportement politique. »
Si elles ressemblent à ce que j'ai vécu, la morale, la démocratie que M. Sarkozy nous propose, je vous avouerai que j'ai très peur…

Perrine, Dijon, le 24 avril 2007


Ce récit n'est pas un canular internet. Il est le témoignage reçu par l'entourage indirect (c'est moderne de fonctionner en réseaux !). C'est cela qui le rend inquiétant.

Ce qui reste inquiétant aussi, c'est le report des voix de certains députés UDF (les deux tiers du groupe parlementaire, qui se revendiquent clairement de droite) vers Nicolas Sarkozy (qui dit qu'il est le seul à venir dans les usines, ce matin à Valenciennes, quel aplomb !), alors que Bayrou fait sa mijorée et minaude. Pourtant, beaucoup de profs, déçus du socialisme dont ils sont un des piliers, ont voté Bayrou au premier tour. Je doute cependant qu'ils plébiscitent Sarkozy. Il faudra alors que l'appareil de l'UDF tire les conséquences de cette différence entre les élus du centre et leur électeurs. Mais tout cela semble malheureusement se jouer ailleurs puisqu'il a été question un moment de ministres UDF pour un gouvernement socialiste, donc de tractations pas très honorables. M Jean-Pierre Soisson avait en son temps occupé des fonctions nationales sous Giscard et Mitterand alors ... Mais il laisse le souvenir d'un homme plus soucieux de sa carrière politique que de ses convictions ! A cause de cela, le danger est réel de voir Sarko l'emporter ...

Enfin, la date limite pour l'accord de salaires est repoussée à mercredi prochain. Il y eu en effet une petite rectification sur un détail légal.


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posté par DiogenePasCynique le 28.4.07. Lien vers ce billet

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27 avril, 2007

Départs.

Paradoxalement, l'usine parait moins vide en ce moment. Ce qui restait de machines est repris, par une sorte de ferrailleur qui se charge aussi du petit mobilier. Quelques machines outils se retrouvent dans des petites entreprises locales (il n'est d'ailleurs pas impossible qu'un ex-Reynolds en suive une !). Beaucoup des ces choses métalliques sont rassemblées au milieu de ce qui était il y a encore quelques mois des ateliers. Il est simplement regrettable que des salariés intéressés par du matériels n'aient pu facilement le reprendre en direct. Pour cela il faut passer par l'intermédiaire (et la marge !) du marchand. Je vous invite à négocier âprement. Pour connaître les coordonnées du ferrailleur, il faut téléphoner à l'usine (je ne les connais pas !).

Cette semaine est aussi la dernière pour les quelques salariés qui continuaient à faire du conditionnement manuel. Initialement prévue jusqu'en juin, cette activité devait permettre, dans l'esprit du plan négocié, de donner plus de temps au reclassement à certaines personnes qui auraient pu éprouver des difficultés particulières. Les évolutions de la mise en oeuvre des dispositions de l'accord ont un peu biaisé cette mesure. Désormais, ces personnes sont dispensées d'activité jusqu'en juin, moment de la notification de leur licenciement. Ces deux dernières semaines, une grande partie des licenciements a été effectués, soit plus d'une centaine (j'ai un peu de mal avec ces chiffres !). Ne resteront que quelques personnes chargées des derniers nettoyages destiné à rendre l'endroit propre à la vente.

On note que la volonté affichée d'orienter la revitalisation (la résurrection ?) du site vers des créations d'emplois est confirmée par les faits. En effet, des chasseurs de primes se sont présentés. Il s'agissait pour eux de délocaliser « localement » (de l'Ardèche vers notre site par exemple) leur activité pour profiter des dispositions de la revitalisation. Ils ont été éconduits. L'objectif reste de créer de l'activité.

Bien que cela paraisse un peu déplacé, j'évoque quand même le projet d'accord de salaire qui est à la signature jusqu'à ce soir. Ce projet contient les dispositions suivantes. Augmentation des salaires brut de 38 € pour les coefficient inférieurs à 1500. Au dessus, l'augmentation dépend du résultat de l'évaluation annuelle (PACE), 0% (BE), entre 1,6 % et 2,5 % (DP) et supérieure à 2,5 % (DE). Ces disposition prendraient effet au 1er avril 2007. Les processus d'harmonisation des cotisation prévoyance continue dans le groupe. Mise en place d'une négociation pour discuter des dispositions d'un compte épargne temps avant fin mai. Mise en oeuvre de tickets restaurant pour une valeur de 8 € (4,80 € payés par l'employeur et 3,20 € restant à la charge du salarié. Augmentation du budget (+ 0,25 points) des oeuvres sociales du CE afin de financer des chèques vacances (la baisse des effectifs a une conséquence direct sur ce budget ce dernier étant calculé sur la masse salariale).

J'aimerais aussi, suite à quelques conversations, relancer un appel à celles et ceux qui restent. Des élections des représentants du personnel se tiendront vraisemblablement autour du mois de juin. Pour info, chez Eldon, lors des dernières élections, il n'y a pas eu de candidat. Sans porter de jugement de valeur sur une situation que l'on peut expliquer (sans pour autant la trouver souhaitable), on constate néanmoins que quoi qu'on puisse penser de l'action syndicale, c'est quand même mieux avec. Il faut qu'il y ait des candidat(e)s. Il faudra gérer le budget social du CE, faire remonter les revendications via les délégués du personnels, avoir des représentants au Comité Central d'Entreprise où sont représentés Waterman, Sanford Ecriture et Reynolds ou négocier les salaires et conditions de travail. Il existe des possibilités de formation au droit du travail pour les nouveaux élus. L'appui d'un syndicat permet aussi de bénéficier de l'expérience des autres et de formations à ces fonctions de représentation. Parce que désormais on sait que faire du bon boulot, que ce soit à titre individuel ou collectif, ne suffit pas à conserver son poste. Pour rester informé et un peu efficace, il faut pouvoir utiliser les institutions destinées à défendre les salariés. Renoncer à cette possibilité, c'est renoncer à un moyen de défense. S'il ne s'agit pas de devenir loup à son tour, il est quand même préférable d'être un agneau un peu teigneux !


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posté par DiogenePasCynique le 27.4.07. Lien vers ce billet

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26 avril, 2007

Panégyrique (enfin presque).

Je ne vous rappellerai pas les scores, vous les connaissez, ainsi que le choix qui désormais nous échoit. Au delà du débat des idées et des programmes (des promesses qui engagent ceux qui les prennent pour argent comptant). Nous aurons à choisir entre un homme et une femme pour diriger la France. C'est la première fois dans l'histoire des républiques qu'une femme est en position éligible à la fonction suprême. Ce simple fait devrait déjà guider notre choix. Observons les attitudes. D'un coté un sourire radieux, un sourire avec les yeux devant les sympathisants valentinois qui, lundi dernier, ont supporté la chaleur de la salle du palais de la foire. En effet, alors que le meeting devait se dérouler au Champ de Mars, la mairie UMP de Valence a semble-t-il estimé, vers 12:00 alors que le PS local avait fait passé le message, que la sécurité ne pouvait y être correctement assurée. Malgré ce coup bas (la mairie se bat à la seule hauteur dont elle est capable !) et le contre-temps qu'il a généré, c'est plusieurs milliers de personnes (6000 environ) qui étaient présentes. Notre infirmière est intervenue sur le thème des Reynolds. Le son était par contre très mauvais (sabotage, manque de temps pour régler la balance ?). Il s'est amélioré pour Ségolène. La salle était en liesse et Ségolène, comme on le voit grâce au talent de Rolland, était radieuse !

Tout les opposent. La franchise de l'expression d'abord, puis, plus discrètement, les rayures dont ils se parent. Horizontales pour Ségolène, plus proche des barreaux d'une échelle alors que celles de Nicolas, verticales, ne sont pas sans évoquer les barreaux d'une prison. Son sourire est crispé, presque forcé. Les yeux, eux, ne rient pas. Contrairement à ce que dit Nicolas, il n'est pas diabolisé. Il n'est pas rendu diabolique par je ne sais quelle cabale contre lui. On se souvient simplement de ce qu'il a pu dire, promettre ou faire (voir le diaporama du PC), et aussi comment il l'a dit. On se souvient aussi de ses trahisons et de son bilan. Car Nicolas a longtemps été aux manettes (pour la rupture, on repassera !), au budget, aux finances et à l'intérieur. J'aurai aimé pouvoir présenter une photo de Nicolas prise lors d'un meeting valentinois, mais il n'est pas venu, et si cela avait été le cas, il n'est même pas certain qu'on m'aurait laissé entrer ! Je crois cependant que le climat social valentinois n'est pas propice, et il le sait, à le tenue d'un meeting de l'UMP dans une ambiance sereine sans une débauche de bleu. C'est aussi cela Nicolas, un homme qui ne fait pas confiance au peuple au point de ne pas se déplacer sans une cohorte de forces de l'ordre. Un homme qui a peur autant sans doute qu'il fait peur. Son quartier général de campagne, pour la protection duquel on a bouclé un quartier populaire au grand dam des habitant en est une preuve (Ils parlent aussi de Reynolds !).

Si vous voulez vraiment en savoir plus sur Sarko, visitez les liens suivants : une compilation ici ou , Sarko, les turcs et l'Afrique, Sarko et les musulmans, Sarko et les cités, Sarko et l'oreillette, Sarko et la biologie, Sarko à Lyon, Sarkozy vu par la presse libre Belge, le vrai bilan sécuritaire, censuré, de Sarkozy (le livre Ruptures, de Serge PORTELLI, ici), Sarko et la presse, enfin le spécial Sarko du journal Marianne.

Mais chez Newell Rubbermaid, c'est toujours un autre jour sombre avec son lot de nouvelles toujours plus désastreuses. Sanford Ecriture a eu un CE extraordinaire (enfin, c'est vite dit tant ces annonces deviennent courantes dans le groupe) mardi dernier pour parler de la réorganisation commerciale. Plus d'une dizaine d'emplois sont menacés. Cette affaire vient s'ajouter au cas Eldon. C'est pourtant simple voyons, on produit mieux ailleurs avec du personnel moins au fait des technologies, on livre avec plus de réactivité en allongeant les distances et en réduisant les stocks, enfin on vend plus avec moins de personnel dédié au service commercial. Pour comprendre cela il faut bien sûr intégrer les dernières méthodes de gestion éclairée de la qualité et de la performance. Comme dans un groupe dynamique on ne doit pas simplement se satisfaire d'avoir atteint les objectifs, je suggère pour dépasser à coup sûr ces objectifs d'associer la nécromancie aux autres méthodes d'organisation des ressources. Il s'agit d'observer les entrailles encore fumantes d'une entreprise pour y lire l'avenir du groupe auquel elle appartient et prendre enfin des décisions rationnelles sur des bases solides !



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posté par DiogenePasCynique le 26.4.07. Lien vers ce billet

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22 avril, 2007

La faucheuse.

La semaine dernière, les prestataires chargés du déménagement se sont notamment occupé d'une machine outils, une fraiseuse je crois. Pour ce que j'en sais, ce sont des instruments qui, entre des mains soigneuses et expertes, sont d'une redoutable précision. Pour cela, ils doivent être solidement arrimés au sol. Dans ce cas, une longue vis, dont l'axe correspond à celui de l'axe de la colonne, est solidement vissée dans le sol. Visiblement, les déménageurs n'ont pas soupçonné ce type de montage, ils pensaient (enfin, j'exagère sans doute !) que la machine était simplement posée sur le sol. Ils ont donc essayé, à l'aide des moyens disponibles (réflexion et astuce : indisponibles !), de la soulever. Naturellement, la machine n'a pas bougé d'un centimètre (ou d'un pouce en unité locale). J'imagine que quelqu'un dans l'équipe a du se gratter un peu la tête, peut-être poussé un grrr d'agacement ... Enfin, avec force leviers et disqueuses, la machine a enfin consentie à bouger (ce qui est préférable pour la déménager). Évidement, elle a subi au passage les derniers outrages, des dommages difficilement réparables qui la rendent désormais inutilisable (en tous cas pour son usage d'origine, elle peut faire en revanche un excellent presse-papier décoratif !). Ensuite, une connexion synaptique inespérée s'est faite et une faible lueur a éclairé un gouffre d'ignorance et de bêtise. La vis a été intégrée au problème, ce qui était une condition nécessaire (mais non suffisante) pour trouver, trop tard, la solution. Je ne généraliserai pas à partir de ce cas sur l'honorable profession de déménageur. J'en ai vu en effet porter des pianos avec d'infinies précautions et faire preuve d'une science de l'agencement optimal dans un camion qui ferait d'eux des champions du Tétris !

Ce qui me dégoûte, c'est de voir les moyens énormes qu'on a mis en oeuvre pour transformer une organisation et des objets qui fonctionnaient ensembles (susceptibles d'améliorations sans doutes) en un chaos inexploitable. On pourra me rétorquer, avec justesse, que les choses tendent naturellement vers le désordre (second principe de la thermodynamique). Les choses inertes, oui. Pas la vie. Au contraire, cette dernière organise le chaos selon une infinie variété qui ne laisse pas d'émerveiller car on y voit toujours les figures d'une l'harmonie (parfois cruelle il est vrai). Il n'est besoin pour s'en convaincre que d'observer la richesse et la subtilité des stratégies mises en place lors de l'évolution par les espèces d'apparence la plus frustre.

Oui, Reynolds est mort et tout ce que nous pouvons voir désormais n'est que la séquence d'apparition des insectes nécrophages qui, selon un ordre immuable, viennent faire leur ouvrage et prélever les parcelles du mort. Comme sur un cadavre, les fluides s'accumulent vers le bas, y laissant leurs marques caractéristiques (on purge les presses de leur huile), le regard est vitreux (les fenêtres baient sur rien), le souffle n'est plus, que l'oppressant silence. Comme pour la mort, les souvenirs ont défilé un bref instant, du local des archives à la benne destinée à les y jeter.

« Toutes ces choses partiront dans l'oubli, comme les larmes dans la pluie » (Blade Runner).

Pour celles et ceux qui restent, ce n'est plus Reynolds, ce sera autre chose.


posté par DiogenePasCynique le 22.4.07. Lien vers ce billet

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20 avril, 2007

Imposture ?

Le respect de la démocratie et de la pluralité des avis m'oblige à rendre compte du courageux tract ci-contre, trouvé dans les boites aux lettres valentinoises. Comme dans toute affaire, il faut d'abord se demander à qui profite le crime. Je rapproche bien évidement cette initiative de celle-ci. Je tiens quand même à apporter quelques précisions et à introduire la notion de soutient durable. Seule la LCR a soutenu durablement les Reynolds. Nous avons aussi eu d'excellents soutiens de la mairie socialiste de Bourg-les-Valence, ainsi que de son sénateur. Malheureusement, contrairement à ce que suggère le tract, le sort de Reynolds était scellé, en tous cas pour la direction et c'est bien production et machine qui sont parties. Pas de possibilité de reprise. Cette certitude nous l'avons eu le 12/10/2006 lors de la table ronde. Je n'ai rien contre les militants socialistes, souvent admirables. Mais j'ai contre le PS qui, lorsqu'il est aux affaires ne remet pas en cause le capitalisme et ses excès. Je n'oublie toujours pas (vous pouvez courir !) que c'est un gouvernement socialiste qui a permis en 1986 de déreglementer la circulation des capitaux en France. C'est, entre autre, cette disposition qui rend si puissants les actionnaires.

Alors non, je ne voterai pas Ségo dimanche (même si j'adorerais qu'un femme soit enfin au pouvoir !). Ma conception du vote utile, c'est celle du vote de conviction, des idées plus que celle du voter contre la menace. Si c'est le bruit de botte qui prédomine en France, alors j'en tirerai les conséquences, mais certainement, je n'aurai plus rien à faire dans ce pays que de la résistance. Je regrette que la pauvritude de l'argumentation PS l'oblige, en dernier ressort, à se poster comme ultime rempart, comme vote de remplacement, comme vote Contre plus que comme un vote Pour. Cela rend assez bien compte de l'affligeante pauvreté du débat politique en France. Enfin, la LCR compte bien présenter des candidats aux élections législatives, justement pour élaborer et voter d'autres lois contrairement à ce que suggère le tract !

Hier en tous cas, à Grenoble, nous étions nombreux à nous laisser imposter pas Olivier ! Salle comble et autant de personnes dehors à assister au meeting via des écrans géants. Grand moment.

Comme j'ai merdé avec la gestion des commentaires, je cite le dernier que j'ai du refuser par erreur !

Pour votre info le CE de Sanford Paris n'abandonne pas le personnel Eldon.

Nous avons mis notre cabinet juridique à leur disposition pour les aider dans leur combat car dans ces périodes troublées je peux vous dire que nous sommes conscient que le tsunami qui a touché Valence va continuer sa route vers les autres sites dont Paris ou il reste encore du personnel ex Reynolds en activité.

J'aimerai aussi dire aux salariés d'Eldon que c'est bel et bien unis que l'on est plus fort. Parfois, on peut douter de l'efficacité des action collectives, mais ce qui est certains, c'est que sauf de très rares exceptions, seul on est extrêmement vulnérable face à un groupe. Chers salariés, c'est en vous impliquant, chacun à votre mesure mais en agissant ensemble que vous serez plus forts.


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posté par DiogenePasCynique le 20.4.07. Lien vers ce billet

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19 avril, 2007

Sarko ça r'craint !

La prochaine réunion de négociation de salaires et condition de travail se tiendra lundi prochain à 15:00. M Leclerc doit en effet valider certaines avancées, d'où le retard. Mais bon, de plus en plus de gens n'en auront rien à battre vu qu'ils on reçu leur lettre de licenciement !

Les salariés d'Eldon ont appréciés les soutiens dans les commentaires, quant à moi je regrette qu'il n'y en ai pas plus, comme quoi, la solidarité la mieux partagée semble être celle qui commence par soi-même ! J'aurai au moins appris ça au cours de ces mois. C'est dommage en tous cas car rien n'indique que la série de fermeture (ou de dégraissage) de sites du groupe Newell Rubbermaid soit terminée en Europe ...

Les fans d'Olivier Besancenot (il y en a chez Reynolds !) doivent savoir qu'il a pris un an hier, bon anniv' donc. Mais ce soir il est à Grenoble et certains d'entre nous vont faire le déplacement. Celles et ceux qui veulent lui planter deux bises peuvent venir pour 17:15 place Edmond Regnault, devant l'usine pour le covoiturage qui sied si bien aux idées de partage et d'écologie !
De même qu'il est difficile désormais de parler de Reynolds sans évoquer Besancenot, il est difficile de parler des cons sans commencer par Sarkozy ! Je cite in extenso le témoignage d'un militant pro-Bové (je bouffe à tous les râteliers de gauche !) qui comptait bien se rendre au meeting du petit Nicolas à Châteauneuf du Pape samedi dernier.

POUR VOTRE INFORMATION, VOICI CE QUI S'EST VRAIMENT PASSE HIER A CHATEAUNEUF DU PAPE :

  1. Vendredi après-midi nous apprenons que Sarko sera à Châteauneuf du Pape Samedi à 16h30. Visiblement le meeting est peu annoncé et réservé aux fidèles du crû, ce qui n'est pas étonnant, vu le contexte politico-géographique (proximité d'Orange, forte présence locale FN etc).

  2. Samedi vers 12h30, une douzaine de personnes, dont moi, décident de se retrouver à Châteauneuf du Pape vers 16h/16h30 pour "acclamer" notre Berlusco-bush national.

  3. Nous arrivons en ordre dispersé à Châteauneuf vers 16h. Le moins qu'on puisse dire c'est que notre présence "massive" de 12 personnes environ aurait dû plutôt passer inaperçue. En effet, parmi les 300 ou 400 personnes présentes sur la place, nous arrivons par groupes de 2 ou 3, sans banderole ni signe distinctif, et personne n'a même le temps de pousser le moindre slogan anti-Sarko...

ET POURTANT, C'EST LA QUE ÇA DEVIENT INTÉRESSANT :


A peine arrivés depuis 5 minutes sur la Place, je suis rapidement ceinturé par 4 mecs du service d'ordre de Sarko... La place en est d'ailleurs truffée (sans parler des RG, des flics municipaux et des gendarmes)...Celui qui à l'air d'être le chef du service d'ordre de Sarko dit à 2 de ses sbires : "celui-là vous me le lâchez pas d'une semelle"... Et c'est effectivement ce qu'ils font pendant environ 30 à 40 minutes. Dès que je fait 1 PAS, ils se déplacent d'un pas, et dès que j'esquive un pas plus rapide, ils me serrent de façon plus "parlante". L'un des deux passera même les 40 minutes à me fixer dans les yeux... tactique d'intimidation ou névrose personnelle, je n'ai pas la réponse, par contre au bout des 40 minutes en question, je décide d'opérer un repli stratégique vers le seul bistro ouvert sur la place et donc en pleine effervescence... Les 2 mouches à merde restent sur le seuil, mais à peine commandé mon café, 3 flics de la gendarmerie entrent dans le café et l'un d'eux me montre sa carte et me dit : "contrôle d'identité, voyez nous suivre"...

Ils m'accompagnent jusqu'à la limite du "périmètre sécurisé", au bas de la rue principale du village, et me disent qu'ils vont m'accompagner jusqu'aux locaux des services techniques de la ville ou ils effectueront le contrôle.

Au moment de monter dans leur camionnette un copain arrive, et du coup, je vois que je n'ai pas bénéficié d'un régime privilégié. Quand on arrive au local des services techniques, on s'aperçoit que la cour est truffée de 5 ou 6 cars de gendarmes mobiles. Autre surprise : 6 copains sont déjà là, ce qui signifie que nous sommes 8 au total à avoir été interceptés et à être "contrôlés". Nous sommes retenus une heure et quart, puis libérés, le temps que s'achève le meeting de "Petit Corps Malade"... Les gendarmes (dépêchés de Gap !) justifieront la longueur abusive du contrôle par des problèmes de "communication" avec leur fichier informatique !! Pendant notre heure et quart de mise en secret, nous avons le temps de téléphoner à des copains à l'extérieur pour prévenir la presse et une avocate... Coïncidence ou non, dès que le mot "avocat" est prononcé, nous sommes libérés dans les 5 minutes... Voila pour les "faits".

Ceci dit, cet incident mineur en soit, et qui s'est bien terminé, pose tout de même de graves questions :

  1. POURQUOI ET COMMENT EST-IL POSSIBLE EN DÉMOCRATIE DE SE RETROUVER EN GARDE A VUE A L'OCCASION D'UN MEETING PUBLIC EN EXTÉRIEUR SANS AVOIR EN RIEN TROUBLE L'ORDRE PUBLIC ?

  2. COMMENT ET PAR QUI AVONS NOUS ÉTÉ REPÉRÉS ET "DÉNONCÉS" AUX SERVICES D'ORDRE DE SARKO SI CE N'EST PAR LES RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX EUX-MÊMES ET COMMENT CETTE COLLUSION EST-ELLE ACCEPTABLE ??

  3. COMMENT EST-IL POSSIBLE QUE LA GENDARMERIE NATIONALE SOIT AUX ORDRES D'UN CANDIDAT EN CAMPAGNE ÉLECTORALE, ALORS QUE, ENCORE UNE FOIS, AUCUN TROUBLE A L'ORDRE PUBLIC N'A EU LIEU ????

Je me contenterai pour l'instant de ces trois questions même si cet incident pose bien d'autres questions sur l'état de délabrement de notre démocratie et en particulier sur la manière dont les médias relateront l'incident. Nous auront une réponse à cette question d'ici demain...

Merci Guigou ! C'est sûr que s'il passe, il y aura de l'embauche chez les flics ! En bas de ce billet, il y a une petite enveloppe, vous pouvez vous en servir pour envoyer ce lien vers vos amis, parce que ce n'est pas sur TF1 qu'il apprendront cette anecdote ! Sarkoland = Facholand !



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17 avril, 2007

Eldon.

En ce moment, à Paris, se jouent Les Justes (pièce d'Albert Camus). Si ma tournure d'esprit est plus proche de celle de Kaliayev que de celle de Stepan, je dois bien avouer des poussées de haine pure, parfois, maintenant par exemple !
Ce qui se passe chez Eldon Paris, ce que j'en sais en tous cas, ces 9 salariés menacés de licenciement, à des conditions très en dessous de celles dont nous avons obtenues, alors qu'en septembre 2006, il n'était question pour eux que de déménagement, de regroupement sur un même site avec d'autre entités. Désormais, vu que les protagonistes (coté direction), ne sont pas très différents de ceux que nous avons eu en face de nous, je ne peux croire que le licenciement des ces 9 personnes vient juste d'être décidé, d'autant plus que 4 autres sont passées sous contrat Sanford récemment. Rien ne peut justifier en tous cas que leurs conditions de départ soient différentes des nôtres. Rien. Evidement, il sont isolés, il sont moins nombreux, il sont moins forts. Heureusement ils sont unis, malgré des pressions, du harcellement ou des intimidation. Les directions se demandent qui est responsable de cette résistance, mais c'est une question que seuls des imbéciles peuvent se poser. Toute attaque suscite un résistance, toute injustice, toute situation moralement infondée, toute tromperie découverte. C'est ainsi.
Alors là, j'ai la haine. Car au delà de je ne sais quelle soit-disant nécessité économique (dont on jugera d'ailleurs de la validité chez Reynolds lorsque les comptes 2007 seront faits !), j'y vois le masque d'un cynisme absolu, à moins que ce ne soit une légèreté dans la prise de décisions qui étonne encore à ce niveau (de responsabilité et de légèreté). En l'état, la seule raison qui peut expliquer qu'on propose des conditions si minables à nos collègues d'Eldon c'est seulement qu'il sont moins nombreux et supposés moins forts ou déterminés par la direction. Et ça, c'est franchement dégueulasse.
Cette situation est aussi rendue possible par un relatif éclatement des effectifs. Il faut, au maximum que l'info circule entre les sites (au moins en France). C'est absolument vital pour que les salariés puissent affronter, à armes un peu moins inégales, les éventuels futurs projets de cette direction (ou de ses successeurs).

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posté par DiogenePasCynique le 17.4.07. Lien vers ce billet

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13 avril, 2007

Y a que les imbéciles ...

... qui ne changent pas d'avis dit-on. Par contre, certains ont des idées fixes de restructuration. Alors bien-sûr, au delà d'une admirable persévérance, on est en droit de se poser des questions. En attendant, constatons ! Eldon Europe une société du groupe. Ses locaux sont situés près de l'aéroport Charles de Gaulle, à Mitry Mory, au nord de Paris. Cette structure compte moins d'une quinzaine de personne, dont certaines sous contrat Sanford Europe, d'autres, Eldon. Neuf personnes sont actuellement menacées de licenciement. La cause, naturellement, est économique, sauf que tout semble avoir été fait pour tuer cette structure qui est, depuis trois ans, dirigée par l'équipe Sanford. Les trois derniers exercices comptables de la société sont en baisse. Cette baisse est due en partie à l'abandon de la gamme Tenex (une marque rachetée par Eldon). Les produits Tenex se vendaient plutôt bien et occupaient une bonne moitié de l'entrepôt. L'abandon de cette gamme a bien-sûr eu des effets sur les comptes et sur la justification de la surface de l'entrepôt. Par conséquent, les charges d'exploitation par rapport au chiffre d'affaire sont devenues plus importantes. Donc, pas glop ! Les neufs salariés menacés de licenciement se voient proposés 4 mois de reclassement et une prime d'assiduité (pour le temps restant à faire j'imagine). A Valence, nous avons, je le rappelle, 9 mois de reclassement avec la cellule ad'hoc. Quant à la prime complémentaire de licenciement, elle est au minimum de 25 000 € (net !). Les autres dispositions du Livre III, même si elles pourraient être encore meilleures, sont apparemment largement supérieures à ce qui est proposé aux futurs ex-salariés d'Eldon. En outre, on leur a clairement dit qu'il n'existait pas de possibilité de reclassement pour eux dans le groupe. Comme nos camarades d'Eldon appartiennent au même groupe que nous, il serait juste qu'ils puissent bénéficier des conditions de départ comparables aux nôtres. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. La structure est petite, n'a pas de représentation syndicale. Le rapport de force n'est pas vraiment favorable pour eux. Maintenant, chers lecteurs, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas. Pierre.LECLERC@Sanford.com, Steve.HEFT@Sanford.com, Byron.Gibson@nr-europe.com, Mark.Ketchum@newellco.com ; autant de personnes qui seraient sans doute heureuses d'avoir vos avis sur cette épineuse question ...

Mais à Valence, à force de licencier, il ne reste plus assez de personnes pour traiter les dossiers ! Comme beaucoup de lettres sont arrivées à destination, les personnes concernées sont venues porter leur réponse (généralement, une adhésion à la cellule de reclassement). Malheureusement, comme une grande partie du personnel des RH est parti en vacances, toutes les questions particulières qui se posaient n'ont pu recevoir une réponse en temps et en heure. C'est dommage et cela ajoute encore à la confusion et au malaise.

Quelques vues enfin d'une affiche du PS, au hasard ...



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09 avril, 2007

Stop !

J'arrête !


posté par DiogenePasCynique le 9.4.07. Lien vers ce billet

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06 avril, 2007

C'est qui le monsieur à coté de l'infirmière ?

Ben, c'est François Hollande je crois ! Hier c'était surtout l'intervention émouvante de notre infirmière au meeting valentinois de François Hollande. Intervention qui a donnée lieu à une ovation debout et, espérons-le, une prise de conscience réelle du PS. Merci aux représentants de ce parti, dont on ne partage pas forcement toutes les options (notamment en ce qui concerne le libéralisme économique) mais qui accepte néanmoins que des salariés s'expriment ; alors qu'à la mairie UMP de Valence, il a fallu la conquérir, cette parole ! Voici le texte de l'intervention :


Mr Hollande,


Nous profitons de votre passage à Valence pour témoigner encore et encore du drame humain que nous vivons, nous salariés de Reynolds.

Nous allons vous parler d’une usine qui vivait et qui est morte sans raison, pas de fatigue ou de vieillesse, juste de la maladie du pouvoir et de l’argent. « L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes », comme le disait François Mitterrand en 1971. Nous ne sommes pas EADS, ni Hewlett Packard, juste une petite entreprise qui fabriquait les seuls stylos Reynolds distribués dans le monde .Et qui n’intéressait jusqu’à présent personne.

En 1927, M Edmond Regnault a fondé l’entreprise qui deviendra plus tard Reynolds. En 1945, cette société s’installe à Valence, pour produire des stylos billes.

Depuis les années 60 et 70 Reynolds est leader sur les feutres et les effaceurs. C’est aussi une marque connue et reconnue, associée au monde de l’école et de l’enseignement. Après le décès de Mr Regnault, sa famille vend la société à Ernest-Antoine Sellieres en 93 pensant ainsi la pérenniser. Mais en 99, Sellières la cède au groupe américain Newell Rubbermaid. En empochant au passage une plus value de plusieurs centaines de millions. Les investissements consentis par le groupe pour l’outil de production sont en forte baisse et ne cesseront pas de l’être.

Fin 2005 et début 2006, des signes funestes, départ de tous les cadres dirigeants, blocage des investissements sur l’outil de production, changement de directeur du site, mise en place d’une nouvelle organisation de travail, font redouter aux organisations syndicales un projet de fermeture. Des questions seront posées sans cesse à la direction qui niera jusqu’à mi juillet, et après 3 jours de blocage en pleine saison haute, elle avouera enfin qu’il pourrait en effet y avoir une restructuration lourde…. Effectivement elle fut très lourde, puisque c’était la fermeture totale du site pour une délocalisation de la production vers la Chine et la Tunisie.

Alors même que l’entreprise était rentable, expertise comptable à l’appui.

Pendant 6 mois les salariés feront tout ce qu’ils peuvent pour essayer de sauver cette usine. Actions pacifiques auprès de la population et des consommateurs, appel aux politiques, aux médias, manifestations, propositions de solutions alternatives, négociations. Malheureusement, on apprendra plus tard que le projet existait depuis 2004. Le groupe américain Newell Rubbermaid, dans sa logique purement capitaliste ne veut plus de cette usine. Au cours d’une rencontre en octobre 2006 à Valence les représentants américains ne nous ont plus laissé aucun espoir.

Et la dictature capitaliste a imposé sa loi, mépris des organisations représentatives du personnel, répression, sanctions envers les salariés, mise en place de mercenaires, de maîtres chiens, vol de machines, pillage de l’usine, division des salariés par l’attribution de primes scandaleuses pour participer au démantèlement de l’entreprise.

Ce qui s’est passé à Valence est légal. La loi a permis cette fermeture et compliqué la défense des salariés. Nous ne nous sommes pas battus avec les mêmes armes. Et c’est bien les reformes du droit du travail initiés par Fillon en 2003 qui nous ont savonné la planche, et c’est bien Sellieres et sa vision personnelle du patriotisme économique et la loi de déréglementation financière de 1986 qui libéralise l’entrée et le retrait de capitaux étrangers, qui ont rendu cette situation possible. Ce sont ces lois qui donnent tant de pouvoir à la finance et aux actionnaires.

Reynolds, c’était plus de 400 personnes qui, en saison haute de préparation de rentrée de classes fabriquaient plus de 1 million de stylos par jour diffusés dans plus de 100 pays dans le monde.

Reynolds c’était des mouleurs, des opératrices, des régleurs, des électriciens, des secrétaires, des laborantines, des comptables, des tourneurs, des ingénieurs, des caristes, des contrôleuses. Tous les métiers de l’industrie y avaient leur place et chacun leur valeur et leur savoir faire.

Reynolds c’était du bruit, de la chaleur, et du mouvement, de l’agitation, des sentiments, de la sueur, des conflits, des histoires, des changements et du travail.

Alors il y a eu les larmes et la colère, la révolte et les cris, les manifs , l’espoir et le désespoir, la peur et les cauchemars, la douleur et la rage, les insomnies et la violence,

Et puis le vide dans nos cœurs, et dans nos vies, et le silence, le silence terrible des machines, le silence feutré des pas des salariés, et le silence complice des pouvoirs publics.

Mais jamais nous ne resterons sans voix, nous sommes là pour témoigner, et faire que ce qui nous est arrivé ne soit pas banalisé et accepté comme une fatalité. Nous sommes là pour dire que d’autres choix sont possibles, que nous pouvons décider aussi de notre avenir, qu’il faut en avoir l’énergie et la volonté.

Parce ça suffit de voir que notre savoir faire, notre raison de vivre est délocalisée dans des pays où règnent la dictature et l’oppression, et parce que Reynolds n’écrira plus vos histoires, nous appelons chacun à boycotter les produits Reynolds, PaperMate, Parker, Rotring, qui font partie du même groupe américain Newell Rubbermaid.

Mr Hollande, nous vous avons offert le dernier stylo fabriqué en France, stylo marqué au symbole de la lutte que nous avons mené.

Que comptez-vous faire face à la scandaleuse paupérisation des salariés, à la désertification industrielle de notre pays, au désespoir de tous les travailleurs jetés comme des vulgaires kleenex, et à l’insécurité sociale comme seule perspective pour nos enfants ?


François Mitterrand le disait en 1976 « Je crois que le siècle que nous vivons, qui a fait de l’usure et de l’intérêt de l’argent un dieu moderne, est celui d’une société perdue. »

Mr Hollande, nous avons changé de siècle, on a déjà perdu le 20ème siècle, peut-on se permettre de perdre aussi celui là ?


J'étais un peu moins nombreu(x) hier soir à parler des Reynolds lors du meeting de soutient à José Bové, à Fonbarlette, moments chaleureux et festifs. Merci à ceux qui veulent Oser Bové !

Olivier Besancenot a fait plus que salle comble à Tour (voir ci contre l'article de La Nouvelle République / Indre et Loire actualité du mardi 3 avril 2007) alors que cette région est plutôt traditionnellement à droite. Pas de secret, la prise en compte de réels problèmes de la population, des solution simples et de bon sens, forcement, ça fédère !

Aujourd'hui, dans Libé, on en parle comme le candidat en tête de l'extrême gauche !


A anonyme du 06/04/07 à 10:52, certains font peut-être pitié, mais d'autres font froid dans le dos ! Il ne s'agissait pas de pleurnicher, mais d'interpeller et de mettre les politiques en face de leur responsabilités. Mais je me demande bien pourquoi je prends la peine de d'expliquer, par faiblesse sans doute ...


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04 avril, 2007

Sur le reclassement interne.

Les personnes candidates à des postes au reclassement internes et n'ayant pas, pour différentes raisons, été retenues, sont invitées à demander, auprès des Ressources Humaines, le decompte des points (critères déterminant le choix de la personne pour le poste) qu'elles ont obtenu lors de l'analyse des critères.
Des personnes ont reçu leur lettre de licenciement ce jour. Il y en aurait quelques dizaines qui seraient partie hier. Vous pouvez toujours passer en salle, il y a un peu de monde à qui parler ...
Outre le délai pour adherer à la cellule de reclassement, il est fait état d'une priorité à la ré-embauche. Ce n'est pas une plaisanterie, mais une mesure légale qui, si vous l'acceptez, vous rend prioritaire en cas de retour des machines. en même temps, la probabilité de ce retour est voisine de zéro !
Pour les ceusses qui pensent que Sarko a un je ne sais quoi de providentiel, je les invite à visionner cette vidéo des Yes Men, où un collaborateur de Sarko, pensant parler à une TV américaine, lève le voile sur sa vision du pacte écologique ... Les Yes Men sont des agitateurs, bien sous tous rapports, qui dynamitent l'idéologie libérale en poussant sa logique au bout.
Méa culpa encore, j'ai écris que Bové serait présent jeudi prochain à Valence, mais il s'agit en réalité d'un meeting de soutien (sans Bové).

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posté par DiogenePasCynique le 4.4.07. Lien vers ce billet

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03 avril, 2007

Avis à la population !

Les salariés motivés pour porter la déception des Reynolds après de M Hollande sont invités à se rendre, à partir de 11:30, jeudi 5 avril, devant la salle Vercors du parc des expositions de Valence. Toujours tee-shirt de rigueur et distribution de stylos de la lutte. Par contre, prière de ne pas évoquer le nom d'Éric Besson, ce n'est pas de jeu ! Les Reynolds devraient disposer d'un temps de parole pour parler de cette sale affaire et peut-être, rappeler au Parti Socialiste qu'il est censé être un parti de Gauche (avec un peu de rouge dedans par exemple !) !

Pour ce qui est du film Volem Rien Foutre Al Païs, les places pourront être réservées (pour la projection spéciale de vendredi) à partir de mercredi après-midi, au cinéma Le Navire, qu'on se le dise !

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02 avril, 2007

Une dure semaine.

Les lettres partiront cette semaine. Pour ce qui est du problème des vacances, j'ai cru comprendre que ce serait traité au cas par cas. La DRH devait prendre contact avec son conseil juridique à ce sujet, mais je ne connaît pas le résultat. J'encourage cependant ceux qui auraient ce problème à prendre directement contact avec le service des Ressources Humaines. Une fois la lettre reçue, vous avez donc huit jours, à partir de la date de présentation pour opter pour la cellule de reclassement. Si vous ne répondez pas, on considère que vous ne voulez pas de la cellule, c'est donc directement l'ANPE. Quelques délégués seront présents en salle cette semaine, aussi, vous pourrez passer. Pour celles et ceux pour qui la réception de cette lettre fera un choc difficilement supportable, vous êtes aussi invités à passer et à en parler. Par ailleurs, la permanence du lundi après-midi du cabinet psychologique VTE existe toujours (locaux de la médecine du travail, 56 rue Mozart, 26000 Valence) et vous pouvez le solliciter.

Pour ce qui est des négos de salaires, voici les principaux points : On s'achemine vers 2,2 % avec un talon à 35 € pour les bas salaires, une augmentation du budget du CE de 0,2 points pour les consacrer aux chèques vacances et un abondement pour les chèques restaurant (sur 8 €, 4,80 € à la charge de l'employeur et 3,20 € à la charge du salarié), une baisse de la part salariale de la cotisation mutuelle pour les non-cadre et une hausse pour ces dernier (harmonisation des mesures, ces dispositions étaient prévue dans un accord antérieur). Enfin, la création d'un compte épargne-temps, qui permettrait de capitaliser ses rtt.

Mais cette semaine verra aussi arriver à Valence deux personnalités politiques. François Hollande tiendra un meeting jeudi 5 avril en salle Vercors (Parc des Expositions de Valence) à 12:00. Puis, le même jour mais à la Maison des Syndicats, ce sera le tour de José Bové de tenir un meeting festif (intervention de syndicalistes locaux, slam, discours ...) à 20:30.

Enfin, vendredi à 20:30, au cinéma Le Navire (ancien Palace, 9 bd d'Alsace - 26000 Valence), une projection suivi d'un débat de Volem Rien Foutre Al Païs en présence d'un des réalisateurs, Christophe Coello. Je vous livre la présentation :

"Dans cette guerre économique, qu’on nous avait promise il y a bien des années et qui avance comme un rouleau compresseur, existe-t-il encore un sursaut d’imagination pour résister?

Mis en demeure de choisir entre les miettes du salariat précaire et la maigre aumône que dispense encore le système, certains désertent la société de consommation pour se réapproprier leur vie. « Ni exploitation, ni assistanat ! » clament-ils pour la plupart. Ils ont choisi une autre voie, celle de l’autonomie, de l’activité choisie et des pratiques solidaires…"

Dans ces cas-là, au Navire, il est préférable de prendre sa place à l'avance.


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posté par DiogenePasCynique le 2.4.07. Lien vers ce billet

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Recherche

Web Restructuration

Quelques liens sur le reclassement.

Cette section s'affiche au bas de toutes les pages du blog. elle propose une sélection de liens vers des sites qui peuvent être utiles.

La Base de données Altedia vous permet, si vous avez un compte (demander les codes à un conseiller Altedia, à l'antenne Altedia.) de vous connecter à une base de donnés contenant des offres d'emplois identifiées. D'autres sites pour laisser un CV ou chercher des offres d'emplois : ANPE, Monster, JobMeeters, Carrires On Line, RhoneAlpesjob, Pôle Local d'Orientation du Grand Valentinois. On peut aussi viser le soleil : DOM Emplois, Runion Job, DOM-TOM Jobs. Pour les plus motivés, l'emploi à l'étranger : Job center (Grande Bretagne), EURES - The European Job Mobility Portal. Pour les cadres et techniciens : Cadre Emploi. Emploi spécialisé et interim : ADECCO, Kelly Scientifique.

Des modèles (format Word) de CV : AllCV.

D'autres faons de travailler. Le portage salarial : ITG, Portage +. Ce type de statut permet d'être indépendant en conservant un statut de salarié. Idéal pour tester l'idée avant de se lancer. En indépendant : Freelance.Com. Les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (Scops) : Scop Entreprises. Chambre de commerce de la Drôme, Agence Pour la Cration d'Entreprise (APCE).

Les réseaux : Xing (Open BC), Viaduc - Viadeo.

Le chômage : ASSEDIC, Actu Chômage (un site militant d'actualité, à suivre !).

Si vous n'avez pas internet mais souhaitez quand même disposer gratuitement d'une adresse électronique (accessible de n'importe quel ordinateur, cellule Altedia, cyber-café etc.) : La Poste, Yahoo, Hotmail et GMail (sur invitations ).

Des outils libres et gratuits : Navigateur internet Firefox, messagerie Thunderbird, suite bureautique Open Office, et tout le reste sur Framasoft. Vos applications libres et portables sur votre clef USB : Framakey, PortableApps.com.