GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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30 avril, 2007

Femmes.

Une ville dans laquelle la vie d'un homme ne vaut pas grand-chose et celle d'une femme strictement rien. Une ville dans laquelle le simple projet de poster une lettre vous fait immédiatement passer pour un naïf (le courrier est très mal acheminé, quand il l'est). Une ville où la police est soit corrompue, soit incompétente (certes, il y a de rares exceptions). Une ville au milieu du désert. Une ville dédiée à la mondialisation. Ciudad Juárez. Depuis les années soixante ce sont des milliers de maquiladoras (ou maquilas) qui se sont installées ici. Ces maquilas, ce sont des usines d'assemblage qui travaillent, soit comme sous-traitantes, soient comme filiales de grand groupes industriels mondialisés. Ces usines bénéficient de tout ce qu'un investisseur peut rêver ; des conditions fiscales avantageuses, des syndicats absents, une réglementation du travail compatible avec le profit maximal, une main d'oeuvre pléthorique et soumise, venue de la campagne et pour laquelle un salaire de misère, c'est mieux que rien. De fait, une main d'oeuvre jetable, presque au sens littéral (ou libéral !).

Depuis la signature de l'accord ALENA (zone de libre échange économique entre Canada, USA, Mexique et d'autres pays d'Amérique du sud) le phénomène s'est amplifié. Ces sous-traitants assemblent, pour le grand voisin US, de l'autre coté du Rio Bravo Del Norte (on dit Rio Grande aux USA) des produits que pour la trop grande majorité, la population locale ne peux s'offrir. Les marchandises et les capitaux circulent librement mais c'est toujours la queue sur le poste frontière du pont entre El Paso (Texas) et Ciudad Juárez pour les mexicains qui veulent passer aux USA. Le long du fleuve, en amont comme en aval, des barbelés ou un mur de solides plaques de métal qui se prolonge jusque dans l'océan pacifique, des patrouilles, des chiens et des caméras thermiques découragent les dos mouillés.

Ciudad Juárez est aussi une ville où les cartels de la drogue sont puissants, où les exécutions sommaires sont parfois les fait de forces de l'ordre (aux ordres des cartels), où le gouverneur de l'état de Chihuahua lui-même a du mal à faire respecter la loi.

Mais depuis 1993, Ciudad Juárez est le théâtre d'un fait divers sans précédent. Le nombre de victimes lui-même est mal connu. La plupart s'accordent sur près de 400 meurtres, mais on parle aussi de plus de 500 disparues. Les victimes sont toutes des femmes, pour la plupart âgées de 14 à 25 ans, un quart d'entres elles travaillaient dans les maquiladoras (4 à 5 $ par jour pour 9 h de travail), toutes étaient pauvres. Parfois, on retrouve les corps. Souvent étranglées, mutilées, violées, parfois démembrées les victimes sont aussi retrouvées des années plus tard, dans le désert, leurs ossements dispersés. De fois elles disparaissent, purement et simplement.

Différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer ces meurtres. Satanisme, snuff movies, on a même parlé de trafic d'organes (rien ne vient appuyer cette thèse). Pourtant, les conditions sociales existantes suffisent peut-être à expliquer cette horreur. Une société extrêmement machiste dans laquelle la place de la femme est largement subordonnées à celle de l'homme (au Mexique 10 millions de femmes souffrent de violence intra-familiale), des pouvoirs publics corrompus, une zone sans foi ni loi, que celle du plus fort et un certaine mondialisation. Parce que là où le travail n'est pas cher, la vie non plus et les pouvoirs publics sont à l'avenant. Souvent l'Etat y est fortement armé, assez corrompu et les libertés bafouées. Mais les maquilas ont aussi produit ici un phénomène nouveau que les femmes payent au prix fort. L'accès à l'indépendance économique. Chose que visiblement, la ville ne supporte pas. D'abord parce que ces meurtres se produisent, ensuite parce que rien de tangible n'est fait pour mettre fin à ces agissements. Il y a bien des enquêteurs sur l'affaire, on a même fait venir à grand frais l'inventeur du programme VICAP (le profilage selon le FBI). Mais les cafouillages, les changements d'équipes, les pertes de dossiers et surtout, le manque de volonté politique de résoudre cette affaire (qui ne concerne que des femmes), ont fait que malgré l'arrestation de quelques suspects qui ont avoué des meurtres sous la torture, les vrais coupables courent toujours. Actuellement, on compte en moyenne deux nouvelles victimes tous les mois.
Un film inspiré de ces faits ahurissants sort, mais je préfère vous conseiller la lecture de La ville qui tue les femmes, enquête fouillée de deux journalistes, ainsi qu'un web-documentaire. Pour le commentaire qui fait référence au film, nous avons eu la même idée !

Sinon, demain rendez-vous à 10:00 devant la gare de Valence pour la traditionnelle manif dur 1er Mai.



posté par DiogenePasCynique le 30.4.07. Lien vers ce billet


1 Commentaires:
Anonymous ALTERUN a dit...

Salut
Sur le même sujet un article du Monde Diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/CALVO_OSPINA/13187?var_recherche=MEXIQUE%20JUAREZ

Effectivement, la violence du libéralisme c'est toujours les plus faibles qui en sont les premières victime, mais à qui le tour !

3/5/07 9:10 PM  

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