GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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16 novembre, 2006

Vers les législateurs.

Puisqu'il semble désormais établi que nos postes seront, tôt ou tard, supprimés, que ce que nous vivons serve au moins à quelques chose. Bien qu'il ait été jugé un peu long, j'ai quand même envoyé le texte suivant à plus de 500 députés et sénateurs, ainsi qu'à quelques contacts dans la presse, avec pour objet, Mes préoccupations de citoyen.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les sénateurs / députés,

Seuls celles et ceux dont j'ai pu me procurer l'adresse e-mail sur le site de l'Assemblée Nationale recevront ce courrier électronique. Je prie les autres de m'excuser, mais je ne dispose pas des ressources, ni du temps nécessaires pour contacter chacun par courrier postal. Je vous demande donc de faire passer à vos collègues, dans la mesure du possible. Merci d'avance.

Ce qui se passe actuellement à l'usine Reynolds de Valence, dans la Drôme me semble emblématique de ce que peut redouter la société Française face aux comportements avides de grands groupes transnationaux que permet de fait, la législation Française.

La société que nous connaissons désormais sous le nom de Reynolds a été créée dans l'Eure, en 1927 par M Edmond Regnault, pour fabriquer des porte-plumes et des porte-mines. En 1945, l'usine s'installe à Valence, dans des locaux laissés vacants par Lip. Dans les années 50 cette société produit des stylos à pointe bille sous licence, puis rachète progressivement tous les brevets à M Milton Reynolds. Dans les années 60; l'innovation majeure dans les instruments d'écriture est la pointe fibre (feutres). Reynolds parvient rapidement à maîtriser cette technologie. Puis dans les années 70 et 80, Reynolds, devenu une grosse PME d'environ 400 employés, assure ses parts de marchés grâce notamment à l'effaceur. Parallèlement, une stratégie de conquête des marchés exports est mise en oeuvre avec succès. Cette stratégie met en avant les partenariats locaux. Les produits vendus sur les marchés visés sont le plus souvent assemblés sur place. Outre le fait de garder la maîtrise technologique des sous-ensembles, cela participe à rendre la marque Reynolds populaire sur ces marchés, simplement parce qu'elle fait vivre des gens. La sociétés est alors dirigées par les fils du fondateur. En 1993, la famille Regnault choisi de vendre, pour en assurer la pérennité, la société au groupe CGIP (appartenant à M Ernest-Antoine Sellieres). Ce dernier fait une bonne affaire et, se montrant peu interventionniste dans la gestion quotidienne (assuré par une équipe connaissant bien l'entreprise) de l'usine, l'activité reste très rentable malgré des marchés plus âprement défendus. En 1996, Reynolds est introduite en bourse, au second marché. La société Sermec (20 personnes), spécialisée dans la fabrication de stylo-plumes moyen et haut de gamme, est achetée en 1998. Une usine de production de pointe billes est installée en Inde (de loin le plus gros marché export). A cette époque le gouvernement indien est plutôt nationaliste et privilégie, par des droits de douane élevés, la production sur place, de produits semi-finis. Fin 1999, coup de tonnerre, Reynolds est intégralement vendu au groupe Newell Rubbermaid. Les salariés l'apprendront par la presse. Entre 2000 et 2004, la société Reynolds est divisée en deux entités, l'une, Reynolds SAS orienté production et développement (qui sera désormais perçu comme un centre de coût !) et une autre, Sanford Ecriture (Sanford est la division écriture du groupe Newell Rubbermaid), plus orientée commercial et marketing. Puis c'est le rachat par Newell Rubbermaid de la division écriture du groupe Gillette (soit les marques Waterman, Parker et Paper Mate). Enfin, en 2004, un premier plan supprime 7 emplois sur Valence et 1 à Nantes (usine Waterman), afin, dit-on, de réduire les coûts. En 2005, la totalité des cadres supérieurs de la sociétés s'en vont progressivement, et ne sont pas remplacés en totalité (loin s'en faut !). Un nouveau directeur arrive fin 2005, le temps de commencer une réorganisation massive de la production, il disparaîtra mystérieusement en avril 2006 (il est actuellement en procès avec le groupe !). Un nouveau directeur, visiblement de circonstance, arrive fin avril 2006. Puis, en juillet, après moult rumeurs, péripéties et sous la pression d'une grève de 3 jours, la direction parisienne avoue la délocalisation de la production vers la Tunisie, l'Italie et la Chine ainsi que la suppression de 257 emplois. Il s'agit pour la marque de pouvoir dégager des ressources pour son soutient (en clair on doit trouver des sous pour payer la pub !). Depuis, les salariés, confiants dans leur outils de production et leur savoir-faire, sont en lutte ( http://restructuration.blogspot.com/ ).

A aucun moment de cette histoire, les dirigeants ne se sont mis hors la loi. Sauf peut être les derniers qui peuvent raisonnablement être suspectés de délit d'entrave (dont la dénonciation n'entrave d'ailleurs pas la procédure de licenciement !), mais seulement suspectés. Par ailleurs, le fait que la procédure se déroule simultanément au niveau du CCE (Comité Central d'Entreprise) d'une UES (Unité Économique et Sociale) et au niveau du CE (Comité d'Établissement), que l'on puisse y déroger en partie (accord de méthode) ainsi que la pression sur les délais, rend la défense des salariés d'une absolue complexité, et ce malgré le recours aux aides que permet la loi. Je tiens à attirer votre attention, vous, représentants du peuple, sur le fait que la loi, en l'état, facilite de fait les délocalisations ; soit la perte d'emplois bien sûr, mais aussi la perte de savoir-faire par l'éclatement des équipes. Ce fut le cas, déjà, dans la ville voisine de Romans et son industrie de la chaussure. La technologie des stylos n'est sans doute pas stratégique, mais le cas de Gem+ me paraît emblématique. Les moyens dont dispose une équipe de représentants du personnel sont sans commune mesure avec ceux dont dispose un grand groupe transnational (5,7milliards de US $ de chiffre d'affaire en 2005), en temps, en recours à l'expertise et en savoir. Les représentants, dans le secteur industriel, occupent en effet le plus souvent des fonctions forts éloignées de la gestion ou du juridique. Il n'est dès lors pas étonnant de voir se multiplier les postures désespérées de salariés désemparés (les salariés de Polimeri vers Grenoble, qui menaçaient de laisser couler des produits toxiques sur la voie publique), ou de leurs élus (la récente grève de la faim d'un de vos collègues). Le combat est tellement inégal, malgré de rares exemples de victoire.

La LIBERTÉ existe, en l'occurrence, plus pour le propriétaire de l'usine que pour les salariés qui n'auront d'autres ressources que celle de tenter de rebondir faiblement dans un tissu industriel local dévasté (à Valence du moins) par plus de 20 ans de rachats, fermetures et autre restructurations d'usines. L'ÉGALITÉ est bel est bien de pure forme tant on sait l'accès bien inégal au savoir, à la formation et aussi, au carnet d'adresses. La FRATERNITÉ enfin, existe encore entre les salariés Reynolds. Cette relation issue d'une authentique culture d'entreprise bâtie de générations en générations par la transmission des savoirs et la camaraderie, mais s'étant-elle au pays entier, s'étant-elle à vous ? Qu'est-ce que la FRATERNITÉ dans un environnement économique libéral, et voulu comme tel ? Comment concilier la guerre de tous contre tous et cette FRATERNITÉ dont on se gargarise ?

Alors je me dit qu'un cadre législatif conduisant à de si désastreuses situations ne peut être acceptable. Que certainement, cet environnement doit changer radicalement. Pas par je ne sais quelle rupture dont on sait bien qu'elle recouvre plus d'insécurité sociale et la promesse de matraques contre les gueux. Mais par une législation qui, pour une fois, soit vraiment fille de la morale et de la République, tout simplement. Ai-je besoin d'ajouter que les prochaines échéance électorales donnent l'occasion de poser des actes forts dans ce sens ?

Mais peut-être suis-je trop loin pour comprendre vos choix et vos priorités. Car je n'appartiens pas à une France à étages comme le suggérait un récent premier ministre, mais à une France peut-être trop étendue, où la voix ne porte peut-être pas assez loin pour être entendue par delà les déserts que forment les friches industrielles présentes et à venir ...

Vous pourrez, si vous le souhaitez, transmettre à vos correspondants la pièce jointe à ce courriel afin que la lutte des Reynolds ainsi que les problèmes de société qu'elle soulève soient connu de tous.

Je ne connais pas la formule consacrée à vos fonctions aussi, je vous prie simplement d'agréer mes salutations aussi respectueuses que républicaines.

--

Diogene Pas Cynique


Le fichiers joint est un petit diaporama en Flash résumant la lutte des salariés Reynolds et qui sera prochainement téléchargeable en vue d'envois massifs à vos correspondants.


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posté par DiogenePasCynique le 16.11.06. Lien vers ce billet


3 Commentaires:
Anonymous Anonyme a dit...

marie o reviens vite et reposee on t'aime

15/11/06 8:54 PM  
Blogger DiogenePasCynique a dit...

Bonjour,
Les commentaires sont libres pour la journée, et définitivement j'espère.
Bonne journée !

16/11/06 8:29 AM  
Blogger LT a dit...

Bonjour,

J'ai mis à jour l'essai de site sur le répertoire commun :
K:\Commun\LesReynoldsCom_Le site\Site001\index.html.
Cdlt.

16/11/06 8:38 AM  

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La Base de données Altedia vous permet, si vous avez un compte (demander les codes à un conseiller Altedia, à l'antenne Altedia.) de vous connecter à une base de donnés contenant des offres d'emplois identifiées. D'autres sites pour laisser un CV ou chercher des offres d'emplois : ANPE, Monster, JobMeeters, Carrires On Line, RhoneAlpesjob, Pôle Local d'Orientation du Grand Valentinois. On peut aussi viser le soleil : DOM Emplois, Runion Job, DOM-TOM Jobs. Pour les plus motivés, l'emploi à l'étranger : Job center (Grande Bretagne), EURES - The European Job Mobility Portal. Pour les cadres et techniciens : Cadre Emploi. Emploi spécialisé et interim : ADECCO, Kelly Scientifique.

Des modèles (format Word) de CV : AllCV.

D'autres faons de travailler. Le portage salarial : ITG, Portage +. Ce type de statut permet d'être indépendant en conservant un statut de salarié. Idéal pour tester l'idée avant de se lancer. En indépendant : Freelance.Com. Les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (Scops) : Scop Entreprises. Chambre de commerce de la Drôme, Agence Pour la Cration d'Entreprise (APCE).

Les réseaux : Xing (Open BC), Viaduc - Viadeo.

Le chômage : ASSEDIC, Actu Chômage (un site militant d'actualité, à suivre !).

Si vous n'avez pas internet mais souhaitez quand même disposer gratuitement d'une adresse électronique (accessible de n'importe quel ordinateur, cellule Altedia, cyber-café etc.) : La Poste, Yahoo, Hotmail et GMail (sur invitations ).

Des outils libres et gratuits : Navigateur internet Firefox, messagerie Thunderbird, suite bureautique Open Office, et tout le reste sur Framasoft. Vos applications libres et portables sur votre clef USB : Framakey, PortableApps.com.