GÂCHIS REYNOLDS

Suppression des 256 postes de production sur le site de l'usine Reynolds de Valence qui fabriquait les stylos REYNOLDS (filiale du groupe Newell Rubbermaid). Ce blog tient une chronique, depuis Septembre 2005, des évolutions constatées dans la société, de la fermeture de l'usine et de l'après.

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27 septembre, 2006

Bienvenus dans le désert du réel !

A ceux qui me reprochent (c'est de bonne guerre !) un optimisme béat, parlons un peu du chômage. Seuls les plus endormis croient encore qu'il baisse et le gouvernement fait valser les chiffres afin de convaincre d'un cercle vertueux (j'adore cette expression, un cercle peut être vertueux ou vicieux !). Borloo, l'hirsute ancien avocat d'affaires (peut être même des affaires, il eu Tapie comme client) n'est jamais le dernier à se féliciter des chiffres. Sacré farceur !

Sur Valence, il faut savoir qu'il est à ce jour impossible de réunir des statistiques fiables sur l'emploi. On sait que des usines ferment, que de petites entreprises viennent profiter de la manne de la zone franche (certaines se déplacent, et ne créent par conséquent pas d'emplois). Mais lorsqu'une société ferme, elle vire des personnes qui n'habitent pas forcement Valence. Par conséquent, ces chômeurs ne sont pas comptabilisés sur Valence. Aussi, lorsque comme c'est actuellement le cas, environ 800 emplois sont menacés sur Valence, seuls (!) peut être 300 à 500 (estimation à la louche) concernent directement la ville, le reste devenant le problème de Chabeuil, Tournon, Crest, où sais-je encore ? C'est un peu comme une pollution qu'il faudrait diluer pour qu'elle se voit moins. Ainsi, lorsque des élus arrivent avec une recette quasi miraculeuse pour ré-industrialiser un site ou une zone, ils ne se sentent pas forcement engagés pour les personnes ne relevant pas de leurs commune. Cela permet aussi le calcul de statistiques plus présentables. Finalement, tout va bien ! Malheureusement, il semble qu'un phénomène nouveau voit le jour. Avant, il y a quelques années, lorsque le chômage baissait, le nombre de RMIstes baissait de concert. Cela pouvait signifier que cette baisse était vraiment due à une reprise économique, fut-elle locale. A présent, alors que les chiffres du chômage baissent, le nombre de RMIstes monte, par un effet de vases communicants. Comme dirait Lavoisier, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! Il ne travaillent toujours pas (les salauds !) ils ont changé de nom. J'oubliais, ils on changés de revenus aussi. Ils ont aussi vu se réduire considérablement leurs chances de retrouver un boulot durable, le statut de RMI étant quasiment devenu une marque d'infamie sociale. Ils ne sont plus à la charge de l'UNEDIC, mais à la charge de la région, donc des impôts locaux. Avec des contribuables de moins en moins solvables, de plus en plus de RMIstes à la charge de la région, cela commence à ressembler à un cercle salement vicieux.

Heureusement, tout n'est pas si noir. Notre époque féconde en concepts fumeux a inventé le reclassement, avec le cabinet qui va avec. Je me rappelle Altedia qui avait pour mission d'aider 7 personnes (anciennes de Reynolds, en 2004) sur Valence. Une est toujours sans boulot mais son cas est désespéré, elle a largement passé la cinquantaine (qu'elle me pardonne si elle me lit, ce n'est bien-sûr pas contre elle !) ! Je me souviens aussi qu'une conseillère en chef (ou directrice d'agence allez savoir) venait de Grenoble, avec un modeste coupé Mercedes pour nous faire un point sur les personnes à reclasser. Elle avait un faux air de prof de français un peu fatiguée. Et des fois, le discours dérapait complètement. On parlait alors d'atelier de relooking, de graphologie. On a jamais parlé d'astrologie (elle n'a pas osé, ou a simplement oublié ?). De toutes façons, il fallait savoir se vendre. En tous cas, j'ai compris que le reclassement est un business qui rapporte. Et les cabinet de reclassements ont compris que le marché est en pleine expansion (n'en voilà de la croissance !).

Comme ces cabinets s'y prennent (paraît-il) mieux que l'ANPE, on a mis tout ce petit monde en concurrence (lire absolument cet article, et si vous avez du rab, vous pouvez aussi soutenir ce journal). Evidement, il ne faut pas être trop regardant sur les résultats. Il y a plus de CDD que de CDI ! L'UNEDIC fait donc des appels d'offres (peut-être pas truqués, mais disons que le hasard fait bien les choses !) pour payer plus cher ce que des services publics font mieux pour moins cher. Tout ça sur le dos des chômeurs et des cotisants. Je suppose qu'il s'agit d'un gestion éclairée de fonds sociaux, gestion paritaire qui plus est !

Marx a démontré la nécessité qu'a le capital de tourner de plus en plus vite dans le circuit économique (je ne vais pas détailler ici, d'accord !) pour compenser les effets de la baisse tendentielle du taux de profit. Le chômeur c'est un peu pareil. Il tournera pour compenser la baisse tendentielle de son niveau de revenu. Il trouvera de plus en plus rarement un boulot stable, mais il tournera, de CDD et missions intérims entrecoupés de période de chômage. Il deviendra précaire. Et c'est bien, parce qu'un précaire, ça ne crée pas syndicat, ça n'agit pas en groupe, ce n'a pas le temps d'être solidaire. Un précaire ça a peur, et c'est très bien comme ça. Un précaire c'est l'employé qui dit oui (quand même plus sympa que la poupée qui dit toujours non, cette bécasse !). Ça n'a pas le temps de penser à autre chose qu'à sa pomme. C'est tout seul, un précaire. Donc, c'est moins cher. C'est l'individu idéal pour un système économique libéral, l'être humain réduit à sa seule capacité de travail. D'ailleurs les multinationales ne s'y trompent pas, elles savent bien où on trouve le travailleur qui dit oui. C'est souvent sous un régime politique assez fort (pas vraiment une dictature, enfin des fois, si !). La Tunisie par exemple. Dès qu'un type sent monter en lui des idées de démocratie ou de progrès social, il a le droit, mais s'il essaye d'écrire ou d'en discuter, il a tout de suite pleins de problème avec des gars en uniforme. Des fois il a même des accidents ... Mais bon, patience, grâce à Sarko, un simple faucheur d'OGM peut désormais être fiché, au même titre qu'un violeur, sur le fichier national des empreintes ADN (chaque refus, c'est 500 € d'amende !), alors que la délinquance en col blanc, non, le fichage s'effectue toujours en Suisse ou au Luxembourg !


Alors, oui je suis optimiste, mais ce n'est par inconscience, c'est parce que s'il y a ne serait-ce qu'une chance de sauver le site, il faut jouer cette carte à fond lorsque c'est possible. Et c'est maintenant que c'est possible.




posté par DiogenePasCynique le 27.9.06. Lien vers ce billet

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26 septembre, 2006

Hauts les coeurs à la Mairie !

Sur le commentaire d'hier faisant référence à une précision notée sur la pétition en ligne (N° 305) évoquant un accord pour que Reynolds reste à Valence. D'après les éléments que j'ai pu réunir, il s'agit d'une clause lors de la vente de Reynolds à Ernest-Antoine Sellière qui stipulait que l'usine devait rester à Valence pendant au moins 5 ans après la transaction (soit jusqu'en 1998). Donc on ne peut se servir de cette clause. Merci néanmoins à la sagacité des lecteurs. C'est aussi par ces indices que l'on pourra faire avancer notre affaire.

Sur le commentaire « on peut rêver », je réponds ceci. Nous avons des objectifs clairement identifiés, une situation présente qui en est éloigné. Aussi, il faut mettre les moyens pour atteindre les objectifs. Lorsqu'on conduit un véhicule (!), il est toujours préférable de regarder où l'on va plutôt que de regarder les roues. Alors oui, je regarde l'horizon. Enfin, les pessimistes anonymes pourraient, s'il leurs plaît, se fendre d'un pseudo, ce serait sympathique et permettrait de relier un peu les propos, merci.

Un journaliste indépendant, travaillant pour divers journaux français et étranger est venu visiter les délégués. Ces derniers lui ont fait un état précis de la situation et des différentes perspectives.

Suite aux précisions d'un salarié (qu'il soit ici remercié), un e-mail a été envoyé à Syndex afin que le cabinet puisse mieux cibler ses recherches. J'en profite donc pour renouveler l'appel. Si vous estimez détenir des éléments ou des pistes propres à aider le cabinet d'expertise dans son analyse et dans son argumentation, contactez rapidement les délégués du personnel.

Pas loin de 70 salariés Reynolds se sont réunis hier devant la Mairie de Valence vers 18:15, alors que le conseil municipal devait se tenir quelques minutes plus tard. Après une symbolique distribution de stylos à chaque élu, une demande d'intervention avant le début de la réunion fut accepté. Notre Passionaria blonde a parlé de la situation de Reynolds et des menaces pesant sur l'emploi à Valence. Un autre représentant des salariés, dégingandé, a poursuivi sur le fait que la loi Française permettait malheureusement des situations si dramatiques et compliquait considérablement la défense de salariés. Un élu communiste, M Bochaton intervint aussi et interpella Mme Le Maire sur le fait que d'autres entreprises valentinoises avaient les mêmes difficultés et que près de 800 emploi étaient actuellement menacés dans la ville. Un élu socialiste évoqua la possibilité d'un suivi régulier de la situation, solution qui fut accepté par la mairie. Je crois que le but de sensibilisation auprès des élus est atteint.

Alors que quelques participant, autour d'une table apéritive, évoquaient les derniers événements, le journaliste du matin, qui n'avait rien perdu de la scène de la mairie, s'étonnait de la bonne humeur des Reynolds. C'est vrai que nous ne sommes pas encore comme ces bourgeois de Calais, qui, la corde au cou, livraient les clefs de la ville. Et c'est tant mieux car toutes nos ressources sont utiles et le moral est la principale. Ce moral qui soude la lutte n'est pas différent de la culture propre des Reynolds, cette façon unique de vivre la travail ensemble. Simplement, dans les moments durs, il prend une autre forme, plus forte, et c'est bien. Je crois aussi que le fait qu'on ait une bonne proportion de femmes parmi les salariés n'y est pas étranger.



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posté par DiogenePasCynique le 26.9.06. Lien vers ce billet

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25 septembre, 2006

Perspectives.

Je reviens sur le commentaire suivant, qui pose effectivement des questions auxquelles il faut bien apporter, sinon des réponses, du moins des pistes.

En lisant tous les commentaires et voyant ce qui se passe actuellement chez Reynolds plusieurs pensées me viennent en tête.

Si comme le souhaitent les salariés la délocalisation et la fermeture du site sont évitées, je me demande si le résultat sera convaincant. A supposer que la Rentrée des Classes 2007 soit réalisé chez nous à Valence j'ai un peu peur que les clients nous fassent faux bond. Jusqu'à présent (d'après ce que j'ai ouïe dire) les dégâts ne sont pas très importants car le stock était assez important pour faire fasse, mais à partir de maintenant, cela devient problématique. Deuxièmement comment remotiver les gens pour fabriquer? jusqu'à quand?

Voilà les questions que je me pose.

Car ne nous leurrons pas si le "timing" espéré par la direction n'est pas bon c'est à dire si les machines sont encore là en décembre, il faudra assurer la production 2007 sur le site. Croyez vous que les salariés seront à même de la faire sachant que ce sera reculer pour mieux couler?

Le rythme de production est effectivement ralenti, ce qui peut conduire à des ruptures sur des références. Il y a effectivement un risque que les clients fassent faux bond mais, paradoxalement, j'ai confiance en la direction sur ce point. J'imagine qu'ils ne veulent pas perdre le chiffre d'affaire de Reynolds, où que se fasse la production, et qu'elle passe de l'énergie à rassurer les clients. Par ailleurs, si nous faisons 2007, la lutte ne sera pas terminée pour autant, ni en sommeil. Elle changera de forme. Il n'est pas impossible que nous ayons à communiquer nous même, positivement, sur la marque Reynolds.

Je n'ai, ni personne d'autre d'ailleurs, dit que ce serait facile. Pourtant l'alternative est simple, chômage rapide et perspectives grisâtre ou faire en sorte que l'entreprise dure encore. Effectivement, à un moment il faudra peut-être assurer 2007. Et bien assurer ! Il ne faudra pas avoir trop d'état d'âme car rater ce coche nous nuira. Par contre, il faudra être particulièrement attentif à ce qu'on nous fait faire, particulièrement sur les stocks. La tentation sera grande en effet, pour la direction de faire des réserves pour nous resservir le même plat l'an prochain. Si la saison 2007 se fait à Valence, il y aura probablement des discussions avec les représentants du personnel parallèlement, pour offrir un minimum de garanties. De toute façon, ce ne sera pas facile, mais je préfère personnellement cette perspective à celle, plus aléatoire, du chômage. Si certains d'entre nous auraient en effet plus de facilité à retrouver un boulot, une majorité, déjà fragilisée par l'age et le niveau de formation, aurait d'importantes difficultés. Je me rappelle mes périodes de chômage et, outre le manque d'argent, c'est le manque de soutient qui mine le moral. Le collectif de lutte que nous formons tous offre de fait un soutient psychologique irremplaçable à tous les salariés. Cela est fondamental. Alors, j'espère que fort de ce constat, tous les salariés y puiseront une motivation suffisante.

Cette question est bienvenue à ce moment, car, au delà de la lutte qui nous occupe, elle permet de nous projeter dans un avenir fait de travail sur le site, ce qui est le but recherché. Aussi, nous savons que l'outil de production a une certaine inertie. Que le démarrage à fond en janvier suppose des machines en excellent état, réglées et des stocks de matières premières adaptés. En fait, ce qui me paraît le plus difficile dans une perspective de saison 2007 sur Valence, c'est l'équipe de direction. Comment en effet construire avec ceux qui se sont attachés à détruire ? Par qui les remplacer de façon efficace ? Je constate que parmi cette équipe certain restent désormais dans leur bureau, d'autre préfèrent venir avec une modeste voiture plutôt qu'avec le rutilant tracteur habituel. Je ne doute pas qu'ils trouveraient ailleurs des conditions de travail et des perspectives propres à flatter ego et portefeuille, avec en outre une ambiance de travail plus agréable que celle, tendue, qu'ils ont contribué à construire. Pour moi, ils n'existent déjà plus, je ne les vois ni ne les entend. Peut être, enfin, que de jeunes anciens, ponctuellement, seraient bienvenus pour soutenir d'éventuels nouveaux et leur apprendre rapidement les rudiments du métier. C'est juste une idée, comme ça.




posté par DiogenePasCynique le 25.9.06. Lien vers ce billet

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23 septembre, 2006

Faut pas se laisser abattre !

Hier, on avait laissé tomber la déco anarcho-gothique (drapeaux noirs, cercueils et têtes de mort) pour que la place Edmond Regnault prennent des airs de banquet républicain (serait-ce la république qui nous appelle ?). Sous un ciel gris et malgré un vent du midi persistant, tous les salariés on déjeuné sur place, accompagnés qui de leur conjoint, qui de leurs enfants. Les anciens étaient venus en force et les discussions allaient bon train. C'était chouette. Beaucoup de gâteaux apportés par de fins cordon bleu, les traditionnelles saucisses et merguez ( avec harissa ?), des frites (malgré la panne d'une des friteuses !), des fruits. De quoi tenir quoi ! Pour ce qui est de la sécurité chère à la direction, tout était aligné au cordeau et les passages clairement balisés. Rien à dire (d'ailleurs la direction n'a rien dit) ! On a même retrouvé, au hasard d'une poche de la blouse d'un fils du fondateur, blouse portée symboliquement par l'ancienne secrétaire de direction ; un antique conduit de 010 (un de nos modèle de stylo plume). Décidément, Reynolds s'accroche et transcende même le temps ! Merci à tous pour ce moment fort de solidarité.

De 10:00 à 12:00 puis de 13:30 à 16:00, un CE extraordinaire s'est tenu pour continuer la lecture du livre IV. La direction parisienne était représentée par M De Pommereau. Après que ce dernier se soit fait confirmé par les représentants du personnel leur volonté d'une lecture attentive, l'étude du livre (on dirait qu'on parle de la Thora !) se poursuivi à son rythme habituel.

Lundi prochain, rendez-vous à 18:30 devant la mairie de Valence pour s'inviter calmement au conseil municipal.

Pour faire connaître notre lutte et les questions de société qui y sont attachés, on peut aussi activer les réseaux communautaires. J'ai eu l'occasion d'intervenir cette semaine auprès d'une assemblée de chrétiens. Cela s'est très bien passé et le message passe ainsi dans la société par une sorte de diffusion. Si vous appartenez à un groupe communautaire (civil, religieux ou autre) qui se sent concerné par ce que nous vivons, et qui aimerait qu'une intervention soit faite au cours d'une de ses réunions, adressez-vous aux délégués qui feront passer le message.

Sur les lettres envoyées aux fournisseur. D'après ce que j'ai compris, il s'agit d'une obligation légale en cas de projet tel que celui que nous vivons.

Les remarques dans sur les perspectives 2007 sont pertinentes, mais je me demande quel choix nous avons en réalité. J'essaierai de faire quelque chose là dessus, mais il ne faut pas que ce soit une raison pour altérer le moral des troupes. Le moral et l'unité sont indispensables à notre lutte, mais effectivement, il ne faut pas occulter les problèmes potentiels.

Merci à M Gérard Clément, secrétaire inter-départemental FO. Je suis heureux qu'il ai pu faire sa rentrée syndicale (voir le Dauphiné Libéré du 22/09/06) en évoquant les Reynolds. Mais, précipitions, maladresse ou quoi ou qu'est-ce, M Clément n'est jamais venu nous rencontrer ! Gageons que sont emploi du temps lui laissera ce loisir dorénavant ...





posté par DiogenePasCynique le 23.9.06. Lien vers ce billet

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22 septembre, 2006

Marketing appliqué.

Même si ce fut involontaire, j'ai expérimenté hier les effets d'un changement de produit sans changement de marque ! Peut-être que Mme Shorter Le Bret et son équipe pourront tirer quelques conclusions de cet exemple cinglant ! Je n'ose imaginer ce qui se serait passé si je m'étais moi-même délocalisé ! Visiblement, comme le dit Mme Shorter Le Bret, les lecteurs ont fait la part des choses ! En tout cas, l'évaluation se révélant négative, je reviens au produit classique, et en avance sur les délais (j'peux pas mieux faire !). Pour les ceusses qui soupçonnent un recours à quelques snifettes de space-cake en intraveineuse, même pas besoin vu qu'un effort prolongé modifie certains équilibres chimiques (ceux qui courent plus d'une heure de suite connaissent cette euphorie) à grand coup de dopamine. Métaphoriquement parlant, je dois être dans un cas semblable.

Pour revenir sur ce que dit Ella dans un commentaire du billet précédent, l'info officielle est en effet près des délégué. Ce blog, c'est de l'info, mais c'est avant tout une chronique, avec, aussi, de l'info.

Mercredi dernier (20/09/06), après l'épisode quatrième dimension, nous avons eu la visite de Mme Puthot, conseillère régionale du Rhône déléguée à l'emploi, ainsi que sa chargée de mission, Mme Guillot. L'échange fut fructueux et elles ont bien compris la nature de la situation. Normalement, l'info devrait remonter assez haut.

Nous avons aussi reçu, par la poste cette fois, une copie de la lettre de mission que le cabinet Syndex a fait parvenir à la direction. Cette lettre enclenche le processus d'expertise en demandant notamment les éléments nécessaires à l'étude comptable destinée à démonter l'argumentation de la direction et proposer des solutions alternatives à la fermeture. Cette étude nécessite entre 40 et 50 jours (à 5 jours près) de travail d'un expert. Si c'est deux experts qui travaillent, le délais est réduit de moitié (et ainsi de suite si 3 etc.), si 'ai bien compris. Si vous avez des éléments, ou des sources ou quoi que ce soit dont vous pensez que cela peut aider l'expertise dans notre sens, vous devez impérativement contacter les délégués. Un élément est tangible. Pas de bruits ou de rumeurs invérifiables. S'il s'agit de mettre des preuves sous les yeux des experts, il s'agit aussi de leurs dire où chercher, même s'il le savent un peu quand même ! C'est important.

Hier, Comité d'Entreprise ordinaire. Une ligne budgétaire spéciale a été votée à l'unanimité pour soutenir la lutte ! Mme Serkovic, assistante de M Leclerc à Paris, viendra soutenir le service RH de Reynolds du fait des nombreuses demandes de formation. La sécurité a aussi été évoqué au cours de cette réunion. Outre les aspect qui tiennent plus du monôme que de l'agression, on a entendu parlé de pneus dégonflés. Cela peut conduire à des accidents mortels. Notre lutte ne saurait être autre chose que ferme et pacifique (revoir le tract CFDT). Les chiens devraient désormais être absents en semaine.

Sur l'activité de l'usine. Nous la connaissons tous pour (un peu) y participer. Par contre la direction veut transférer l'activité B to B (pub) à Newhaven à cause de délais non respectés. Je n'ai pas assez d'éléments pour porter un avis pertinent sur la question (que sait faire Newhaven, que faisons-nous, est-ce un chantage, un bluff ?).

Sinon, une histoire de palettes ayant fait Valence, Canada, Italie Valence sent le bon vieux coup fourré (ça nous aurait coûté 100 000 € !). L'enquête avance à grands pas (la palette est en bois et il y a des stylos dessus ...). Pour l'instant, pas la peine de délirer là-dessus, ce n'est pas le plus important actuellement. Si j'ai de l'info, j'y reviendrai.

Les mandats des délégués du personnel (CE, DP et CHSCT) sont prolongés de quelques mois du fait de la situation exceptionnelle.

Aujourd'hui, CE extraordinaire sur la poursuite de l'ouverture du livre IV (argumentation économique). Grosso modo, il s'agit toujours d'essayer de comprendre pour mieux démonter.

Sinon, l'événement de la journée c'est bien sûr, entre 11:00 et 14:00 suivant vos horaires, le pique-nique citoyen des Reynolds en lutte. Bon appétit !


Dernière minute ! « Newell Rubbermaid Announces Intended Sale of Home Decor Europe Businesses » soit Newell Rubbermaid a annoncé son intention de vendre les affaires relatives au décor domestique (tringles à rideaux et autre je pense). La transaction devrait aboutir d'ici la fin de l'année.


Enfin un grand merci à radical-libre pour ses sms d'hier, c'était aussi sympa que bienvenu à ce moment là ! Vous pouvez lui dire merci aussi vu que sinon, j'aurais pas écris grand chose !



posté par DiogenePasCynique le 22.9.06. Lien vers ce billet

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21 septembre, 2006

Quatrième dimension.

Hier matin, alors que nous vaquions, un véhicule étrange, en deux parties articulées, arriva sur le site. Un individu, vêtu de blanc, un peu comme un ange (mais sans les ailes), en descendit. Il commença ensuite à actionner une machine infernale sous le regard de deux gardiens. Par un procédé astucieux mettant en oeuvre un liquide sous pression et ce qui ressemblait à de la limaille de fer, il abattit une foudre divine et mouillée sur des inscriptions artistiquement tracées sur le bitume de l'usine. Quelques représentants du personnel étaient dehors à ce moment là. Attachés semble-t-il aux inscriptions sur le sol, ils tentèrent de parlementer avec l'être en blanc. Ce dernier se saisit alors d'une petite boite à laquelle il parla. Pour une raison encore inexpliquée, le directeur de l'usine sorti peu après. La suite par contre ne laisse aucun doute, car plusieurs témoignages concordants et dignes de foi l'attestent. Une salariée un peu craintive avait jugé bon de venir accompagnée de son crocodile (tenu en laisse) pour se rassurer un peu face à d'éventuels chiens. Le croco, comme c'est souvent le cas avec les animaux de compagnie, est comme sa maîtresse, craintif. Surpris par un bruit, il fit un mouvement brusque et son museau heurta involontairement une alarme incendie. Il ne se fit pas mal, mais déclencha un tel vacarme que tous les salariés l'entendirent. Respectueux des consignes de sécurité, ils sortirent en bon ordre vers les points de ralliement. De fait, et sans doute à la recherche de quelque protection providentielle, ils vinrent entourer l'être en blanc et le directeur. La suite est un peu plus confuse, des gens parlaient à des boites, d'autres entre eux et certains tous seuls. Quelques uns étaient occupés à parlementer avec le crocodile qui, effrayé par le vacarme, s'était recroquevillé derrière une armoire. Il consenti enfin à sortir lorsque sa maîtresse, ayant terminé sa crise de nerf (elle avait perdu son croco !), l'appela doucement. D'après ce que j'ai pu comprendre, les représentants et le directeur, rassurés à propos du croco et de sa maîtresse, entrèrent dans l'usine pour parler de l'opportunité de fixer une réunion, pour discuter d'un nouveau point du règlement relatif à la sécurité (le port obligatoire de bouchons d'oreilles pour les crocodiles craintifs). Les représentants souhaitaient que les réunions se tiennent à Valence pour pouvoir consulter le crocodile. Le directeur estimait quant à lui que Paris était préférable, ayant sur place un tel spécialiste qu'il en adopte parfois les comportements lorsque l'émotion monte en lui. Ne parvenant pas à se mettre d'accord et ne souhaitant pas se fâcher pour si peu (ces histoires de crocodiles sont, comme vous le savez, courantes) ils ressortirent. Pendant ce temps, l'être en blanc avait replié sa machine, était remonté dans son vaisseau et s'en était allé en faisant des signes de la main. Les délégués s'approchèrent des signes sur le sol. Il semble que ses derniers soient destinés à une intelligence extra-valentinoise. Le message est simple comme il convient lorsqu'on s'adresse à une culture dont on ne connaît pas le niveau de développement. Malgré l'action de l'être en blanc, les représentants du personnels estimèrent que le message restait intelligible. Ils étaient quand même préoccupés par l'arrivée de l'être en blanc, à qui le message n'était pas destiné et dont on se demande encore pourquoi il est venu exactement ...


posté par DiogenePasCynique le 21.9.06. Lien vers ce billet

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20 septembre, 2006

La politique.

Je reviens sur certains des commentaires laissés après la transcription du discours d'Olivier Besancenot. Je ne connaît pas assez le programme politique de la LCR, mais j'imagine que si cette organisation était véritablement révolutionnaire et dangereuse pour la société, elle serait interdite. Quoiqu'on en dise, le trotskisme est une version plus soft du communisme que le stalinisme. Souvent, aussi, on confond ce qui s'est passé en Russie pendant 70 ans avec le communisme. C'est une erreur un peu grossière, vu que la Russie a surtout été sous le joug d'une dictature bureaucratique absurde et meurtrière qui s'est abusivement fait appeler du communisme. Les communistes que j'ai pu rencontrer était généralement mesurés et ouverts. Ils étaient aussi, généralement, un peu plus cultivés que les petits libéraux (j'en ai eu à portée d'oreille !)récitant leur discours pré-mâché. Un projet politique qui se fait fort de réduire les inégalités quelles qu'elles soient, par des actions volontariste sur le monde économique ne me paraît pas mauvais à priori (il faut quand même y regarder de près !).

Lorsqu'un anonyme dit qu'il faut laisser la politiques aux hommes politiques, je crois que c'est une erreur. En effet, dans la situation de licenciements collectifs qui nous intéresse, l'action politique eu une influence directe. Par la loi. Les évolutions du code du travail initiées par François Fillon (actuellement bras droit de Sarkozy à l'UMP) en 2003 ainsi que les suivantes, ont beaucoup compliqué la tâche des représentants des salariés pour assurer leur défense. C'est aussi la politique qui fait le droit. La politique n'est donc pas neutre du tout sur le monde économique.

Je crois au contraire qu'il ne faut surtout pas, en aucun cas, laisser la politique à de prétendus spécialistes. La politique n'est rien d'autre en effet que l'action concrète sur le monde inspiré par une reflexion d'ordre philosophique (du moins, à mon sens). La politique, c'est avant tout dans quelles conditions et sous quelles lois on choisi de vivre ensemble le plus harmonieusement possible. Ça ne peut être que l'affaire de tous. Il est par conséquent primordial que le plus grand nombre puisse s'exprimer de façon pertinente sur le sujet. Les errements que nous observons actuellement dans la classe politique semblent dus au fait que l'on puisse y faire une carrière. Alors qu'il faudrait que l'accès à la représentation de ses concitoyens puisse être la même pour tous, et surtout, limité dans le temps et les mandats. Cela suppose un niveau d'éducation plus homogène, car comment choisir sans avoir tous les élément propres à former un jugement, sinon rationnel, du moins argumenté ? Cela suppose aussi que la candidature à un mandat ne mette pas en péril l'équilibre financier du candidat. Cette condition existe en France pour les fortunés et les fonctionnaires. C'est plus difficile pour les autres, et quasi impossible pour les personnes ayant de faibles revenus.

Telles qu'elles sont réunies actuellement, les conditions d'accession au pouvoir politique ne favorisent pas la conduite des affaire du pays pour le bien de tous. De plus, on note l'influence pernicieuse d'une doctrine économique (libéralisme économique) qui, sauf erreur de ma part, n'est pas démontrée. Les libéraux (au sens économique) supposent en effet que le marché est efficient pour l'allocation optimales des richesses. C'est la fameuse Main Invisible du marché (chère à Adam Smith), qui, par la soi-disant loi de l'offre et la demande, conduit au prix juste. Cela suppose que tous les acteurs de l'économie, notamment tous les acheteurs et tous les vendeurs présents sur le marché en question, sont instantanément et également informés sur les produits en concurrence, une condition qui, sauf rares exceptions, n'est jamais vérifiée dans les faits. Il existe en effet des monopoles, des ententes illicites (voir récemment les ententes entre les opérateurs de téléphonie mobile pour ne pas baisser les prix), des délits d'initié etc. Enfin, le marché ne prend pas en compte l'environnement. Cela était sans doute supportable au XIXeme siècle, mais ce n'est désormais plus soutenable (on lira à ce propos, à petites doses et avec des euphorisants sous la main, Introduction au siècle des menaces, de Jacques Blamont, éditions Odile Jacob). Logiquement en effet, le prix de vente d'un produit devrait prendre en compte la totalité du renouvellement des ressources nécessaires à sa production, au sens le plus large, sans quoi, pour le coup, on pioche dans le capital commun au détriment des futures générations.

Pour les réactions qu'a suscité le début (il n'a pas pu terminer) de l'intervention de M Labaune (député de la circonscription), en dernière analyse, je trouve cela regrettable (hé oui !). Il se trouve qu'en l'occurrence, on a confondu un avis et l'expression d'un avis. Même si on n'est pas d'accord, je pense qu'il aurait du pouvoir terminer. Si on admet que ses intentions sont désintéressées (des doutes existent, mais pas de preuves, donc présomption d'innocence !), lui aurait confondu les choix possibles des options de la lutte au moment de son intervention, et ses probabilités de réussite. Persuadé de l'échec de notre lutte, il est directement passé à l'étape suivante. Nous sommes quant à nous persuadés qu'une probabilité, même peu élevée, mérite d'être tentée (ce qui m'a personnellement parfois réussi !). Si j'ai bien compris, M Labaune propose de mettre la pédale douce sur la lutte pour mieux négocier le départ (de ne pas faire « comme les salariés de Rieter ! »). Ce que je connaît de la dynamique d'une négo est un peu plus complexe vu que l'équilibre des rapports de force varie au cours du temps. M Labaune se fait fort de racheter le terrain, les murs, les bureaux à pas cher (il a évoqué l'euro symbolique) afin de le proposer à la vente à des entreprises qui viendraient s'y implanter. Si les propriétaires ne voulaient pas vendre, M Labaune parle du droit de préemption, mais je crois qu'il ne peut s'exercer que dans certaines conditions (pour construire des logements par exemple, mais si quelqu'un peut apporter des précisions ...). Ce terrain étant éligible au titre de la zone franche, les entreprises bénéficieraient de conditions préférentielles jusqu'en 2011. Il propose donc d'accepter de vendre seulement si les entreprises s'engagent à embaucher d'anciens Reynolds. Voilà pour le principe. Malheureusement, le terrain, au prix du marché, est évalué entre 5 et 6 millions d'euros (à la louche, bureaux et ateliers compris), et le fait qu'il soit potentiellement en zone franche en augmente le prix, de fait. Je vois mal les propriétaires cracher sur une telle affaire. De plus, la menace de ne pas vendre à un employeur ne peut, au mieux, tenir que le pendant le délai de la promesse de vente. Ensuite, l'employeur peut bien embaucher qui il veut. Et puis, pour bénéficier des exonérations liées à la zone franche, il y a d'autres critères d'embauches préférentielles qui ne recouvrent pas forcément les caractéristiques des salariés Reynolds. Cela indépendamment des compétences et des profils professionnels. Le principal problème de la proposition de M Labaune, outre qu'elle peut heurter certains salariés, c'est qu'il ne dispose pas des moyens de la garantir. C'est donc un chèque en blanc. Il semble par ailleurs que M Labaune ait été au courant des projets de Sanford assez tôt. Outre que cela puisse constituer un délit d'entrave, on peut, si cela est établi, se demander pourquoi il n'a pas alors prévenu discrètement les représentants des salariés. Conscient de la gravité de mes doutes, M Labaune bénéficie évidement d'un droit de réponse (sansconcessions@gmail.com). Je souhaite par ailleurs que les éventuels commentaires sur ce sujets prennent en compte le fait que je ne dispose d'aucune preuve.

Je n'oublie pas quant à moi l'affaire du tract contre M Pesce (1994 ou 1995 je crois) où, dans un texte anonyme distribué dans les boites aux lettres valentinoises, M Pesce (ancien maire socialiste) était accusé de collusion avec des islamistes, photo de l'inauguration d'une mosquée à l'appui. Doutant à l'époque que la droite ait pas pu être assez stupide pour faire un tel tract, je pensais alors à une manipulation socialiste (on est dans le panier de crabes !). Finalement, c'était bel et bien une bêtise d'un Labaune qui avait « pété les plombs » selon sa propre explication, pétage qui lui avait valu les honneurs du journal Le Monde (ce qu'il ne faut pas faire tout de même !). A son crédit, quand même, M Labaune a appelé à voter non au référendum sur la (pseudo) constitution européenne et reste un électron libre dans l'UMP.



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19 septembre, 2006

Compléments.

Un retour oral ce matin laisse entendre que j'ai peut être été aproximatif ou rapide sur les perspectives R&D sur le site. Je n'ai pas assez d éléments positifs à ma disposition pour être optimiste, mais s'il existe un argumentaire convaincant, il peut s''inviter sur ce blog (sansconcessions@gmail.com).

Par ailleurs, nous avons pu nous rendre compte hier que la gestion de quadrupedes avec des dents pointues n'est pas forcement simple. Je vous laisse apprecier l'argumentaire d'OCP (Organisme Cynotechnique Professionnel), qui s'est invité chez nous : « Un concept basé sur la dissuasion et la prévention : Le but premier étant d'abord d'éviter tout conflit. Le sens du dialogue est privilégié. La reconnaissance des agents grâce à leur uniforme offre une présence rassurante qui suffit généralement à contenir les ardeurs. De plus la présence des chiens apporte un soutien supplémentaire pour le maintien du calme et de la sécurité. ». Ils sont en effet assez dissuasifs ...


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Offensive de charme.

Mme Shorter Le Bret s'est exprimée dans le Dauphiné Libéré du 18/09/06.

L'image d'abord. Un portrait respirant la franchise, servi par de grand yeux émouvants qui ne sont pas, cette fois, dissimulés par des lunettes sans cesse réajustées. Un sourire à peine esquissé trahi par une fossette, sérieux et humanité. Pas de luxe ostentatoire mais un collier sobre et un bracelet assorti. Pas de cette vulgaire avidité, mais le goût, celui du bon goût. Le visage légèrement tourné, comme surpris au cours de la conversation. La tête très légèrement inclinée, comme une invite. Pas de pose, mais du naturel et de l'aisance. Un visage qu'on entend déjà dire, par exemple, que cette merveilleuse interprétation du Requiem de Fauré était remarquable, bouleversante ; naturellement.

Mais, « Nous avons besoin d'ajuster nos coûts et prix ». C'est un peu comme découvrir les racines (blondes) vénitiennes d'une blonde platine. Cela surprend, puis déçoit un peu. On croyait rêver, voilà qu'on compte. Soit !

Vous évoquez, madame, le marché France. Depuis longtemps, en effet, ce marché est mature et est l'objet d'âpres négociations. C'est pour cela que la stratégie d'expansion de Reynolds (avant que d'être rachetée) était dirigée vers l'export. Les gains de volumes sur les marchés extérieurs assurant la croissance de la société. Le groupe a voulu s'occuper en direct d'une partie de ce marché, et cela s'est soldé par la perte d'un important client en Asie. Quant aux investissement en R&D, les premiers éléments de votre plan laissent entendre que les équipes du site seront en partie touchées, et que celles qui restent (si elles le veulent bien d'ailleurs) se verront cantonnées dans les tâches sans relief de choix de sourcing.

Sur le coût de la main d'oeuvre, vous ne répondez pas à la question. Donc, nous attendons ...

Les frais d'approche se doublent quant à eux de frais de stockage supplémentaires. En effet, livrer la grande distribution suppose une bonne réactivité. Malheureusement, les cargos sont lents (même lorsque les marins philippins touchent leur solde) et les conteneurs traînent sur les docks. Cela occasionne des délais accrus et fragilise les flux. Seul un stock plus important vous permettra de tenir vos objectifs.

L'image de la marque Reynolds sera en effet affectée par le projet. Les enseignants font partie des prescripteurs. Mais ils sont traditionnellement sensibles aux aspect citoyens d'un produit. Le cas Reynolds a déjà fait l'objet d'un cours à des élèves, pour les sensibiliser aux aspects négatifs de la mondialisation. Alors oui, un boycott, fusse-t-il partiel est à craindre. D'autre part, rien actuellement ne garantie que les produits délocalisés bénéficieront du même niveau de qualité que ceux fabriqués sur le site de Valence. Vous finirez par vendre une qualité MDD sous la marque Reynolds. Effectivement, les consommateurs feront la part des choses. Mais cela n'a pas trop d'importance vue que la valeur de la marque est nulle selon les derniers éléments comptables.

Quant à votre dialogue constructif, ce dernier suppose d'abord et avant tout la maîtrise des mots. Les partenaires sociaux devraient effectivement, s'ils étaient partenaires, poursuivre des objectifs semblables. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous sommes dans un affrontement. Les salariés ont été agressés par surprise. Vous disiez en effet vous-même que la réunion du 12 juillet aurait pu se tenir un an plus tôt. Je veux bien croire que vous avez fait des efforts pour l'éviter, mais on ne peut s'empêcher de penser que la reflexion qui a conduit à ce plan est plus ancienne que votre équipe ne veux bien l'avouer. Je ne suis pas certain non plus que la présence de mastiffs d'origine douteuse soit propice à une discussion harmonieuse.

Je reste enfin persuadé que l'option que votre équipe a choisi ira à l'encontre de vos objectifs.




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18 septembre, 2006

Désobéissance civile.

Me baladant hier dans la rue Faventine, je suis tombé sur cette affiche sur la vitrine du diaconat protestant. Je crois que les salariés de Reynolds ont des choses à dire sur le sujet. J'essaierai d'y être aussi. Je ne pense par contre pas qu'il soit judicieux d'y monopoliser la parole pour en faire une tribune de notre lutte. Nous en avons ailleurs. Ce sera sans doute aussi l'occasion de nouer quelques liens avec de vieux briscards de luttes passés et d'y prendre des conseils. Même si je suis un mécréant joyeusement convaincu (après avoir été un croyant à la limite du séminaire mais à la pratique brouillonne !), j'apprécie toujours l'ouverture de certains chrétiens. Notre apport au débat, organisé notamment par le diaconat, sera sans doute intéressant tant on sait depuis Max Weber les liens qui existent entre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme. Sur la désobéissance civile, il est amusant de savoir que l'expression fut créée par l'écrivain américain Henry David Thoreau (1817 – 1862), désobéissant en diable alors qu'il était instituteur ! Outre l'apparente proximité avec une syndicaliste de chez nous presque homonyme, Thoreau père vendait des crayons (peut-être même en fabriquait-il mais je n'en suis pas sûr.) ! Il existe une filiation de pensée entre celle de Thoreau et celles de Gandhi et Martin Luther King. Plus qu'à la loi, Thoreau obéissait d'abord à sa conscience : « La seule obligation que j'ai le droit d'assumer, c'est de faire à tout moment ce que j'estime juste. » Enfin, si la désobéissance civile n'est pas la passivité, ce n'est pas non plus la violence.

Sur la violence, tiens ! Les échanges dans les commentaires sont parfois vifs, cela me pose, en tant que responsable, des cas de consciences (sans jeux de mots !). Mais je crois aussi que ces commentaires ont une fonction cathartique. Cela signifie qu'ils purgent les âmes des mauvaises passions, comme le disait Aristote du théâtre (Voir sa Poétique). En écrivant un commentaire (ou carrément un blog !), on vide un peu son sac aussi et je me demande parfois ce qui se passerait sans cet exutoire. Alors j'ai pris le parti, en toute conscience (bien que je puisse me tromper), de tolérer une certaine vivacité de ton. Que faire d'autre ? Si cela peut éviter des claques, alors je crois que c'est bien.

Pour Sarko en novembre, il faut connaître la date, savoir s'il y a un meeting, s'il est ouvert au public ou seulement réservé aux adhérents de l'UMP. Je ne peux pas m'occuper de ça, aussi si quelqu'un pouvait s'en charger et faire passer l'info aux délégués, ce serait sympa !

Sur l'hypothèse d'un deal direction syndicat, ça me fait un peu sourire ! Si des personnes font des deals (ce qui n'est pas du tout certain), c'est probablement sur ce lien ! En tous cas, on ne m'a rien proposé (alors que ce blog, bon !) ! Mais étudions l'hypothèse. On peut raisonnablement estimer à une bonne vingtaine les personnes à acheter (CE divers, CCE). Vu qu'une bonne partie va perdre son boulot, il faut garantir, soit un boulot, soit que la crainte du chômage durable soit faible. Il faut donc que les syndicalistes deviennent rentiers (tant qu'à trahir, autant trahir aussi les idées !). J'estime que pour garantir une vie correcte avec les intérêts (ne jamais piocher dans le capital, c'est un rentier qui m'a appris ça !) il faut minimum un demi million d'€ (à la louche). Donc 10 M € sans compter le coût du PSE, réindustrialisation, frais annexes etc. A mon avis, l'option n'est simplement pas rentable ! En ce qui me concerne, tant qu'à trahir, ce ne serait pas pour viser le correct, mais plutôt l'énOrme ! Le problème avec ça, c'est qu'on perd des amis.

A propos de l'inaccessibilité au blog vendredi dernier, l'entreprise n'y est absolument pour rien. J'ai testé l'accès via un ordinateur en dehors du réseau et ça ne fonctionnait pas non plus. Ce sont donc les serveurs de Blogger qui avaient un problème. Ce n'est pas anormal vu qu'ils hébergent plus d'un million de blogs je crois. Aussi, je trouve qu'il y a relativement peu de pannes. Je ne crois pas que la direction bloquerait l'accès au blog maintenant. Si elle avait voulu le faire, il aurait fallu s'y prendre plus tôt. Maintenant, c'est trop tard, et de plus, c'est inutile, aussi, je suis assez confiant sur ce point.


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Heureux !

Élisabeth (salariée de Reynolds) et Guy se sont mariés samedi. Malgré nos soucis, la vie et l'espoir seront les plus forts. Je leur souhaite beaucoup de bonheur.


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17 septembre, 2006

Discours d'Olivier Besancenot.

Voici la transcription du discours d'Olivier Besancenot devant les salariés Reynolds.


« ... d'abord et avant tout aux salariés de Reynolds, leur apporter l'entier soutient de mon organisation, leur expliquer que nous on viens soutenir une démarche qui consiste à proposer et imposer zéro licenciement, qu'il n'y ait pas 256 licenciements, et que la production continue parce que pour nous, cette production est utile, ça a été dit tout à l'heure, ça fait partie aussi du patrimoine scolaire par exemple. Donc au delà des chiffres même, c'est une production utile et c'est par rapport à cette démarche là qu'on est venus apporter notre soutient.

Notre soutient ça veut dire d'abord saluer votre initiative, par ce que le fait de faire ce type de rassemblement devant les entreprise et le fait de voir ces photos, ces expositions, d'avoir jeté un rapide coup d'oeil à l'intérieur, ça donne aussi peut être un autre visage à la bataille contre les licenciements. Parce que dans les médias, vous le savez comme moi, les licenciement c'est couvert soit de façon très très économiste, on vous balourde plein chiffres à la tête, vous y comprenez que dalle et on vous explique que c'est inéluctable, soit de façon très très larmoyante, on a une équipe de cameras qui accompagne l'ouvrier chez le banquier pour expliquer qu'il aura plus de prêt qu'il va forcement être dans la merde ! Présenter cette entreprise là, cet outil de production, la fierté des savoir-faire, l'orgueil des salariés eux-même qui sont fiers de fabriquer quelque chose qui est utile, je crois que c'est le meilleurs visage qu'on peut donner à la bataille contre les licenciements. C'est ce visage là qui assure l'appui de la population. C'est d'abord ça que je suis venu ...

Moi, j'ai pas le bras très très long, c'est vrai. Vous savez mon métier c'est facteur. Je sais que vous avez une infirmière qui est extrêmement compétente, qui connaît d'autres infirmières, notamment des petits Lu qui pourrait vous dire que la bataille sera pas facile. On va pas se raconter d'histoire. Quand on affronte une multinationale, comme Rubbermaid, Sanford etc. C'est des multinationales, c'est la mondialisation qui s'invite dans une entreprise et on est pas là pour raconter qu'il y a des solution miracles. Toutes les batailles sont pas faciles à gagner. Mais je voudrai juste vous dire au moins ça, c'est qu'il y a des batailles contre les licenciements qui ont gagné ces derniers mois. Lâchées parfois même par les pouvoir publics nationaux. Les salariés de Nestlé à Marseille, les salariés de Malora à Nancy, c'est des salariés qu'avec d'autre, de façon unitaire, on a été soutenir. Qui ont occupé, qui on repris le travail, qui ont fait des manifestations, qui ont fait des journée portes ouvertes, qui ont fait des expositions, qui ont fait ce que vous avez fait ici et qui ont réussi à imposer la reprise de la production. Et quand vous vous battez contre une multinationale qui s'appelle Nestlé, ça veut dire que n'importe qui peut gagner. C'est pas gagné d'avance, mais ça veut dire que c'est possible. Et c'est extrêmement important de savoir ça. Parce que cet enthousiasme là, malheureusement, quand on va soutenir les différents salariés de ces entreprises on aurait envie de se dire pourquoi on met pas tous le monde au même endroit, à un moment donné pour montrer tous ces visages, et monter que c'est possible.

Donc oui c'est possible mais c'est pas facile. Et moi ce que je suis venu vous proposer c'est d'abord et avant tout le soutient militant des militants de la LCR, avec les autres par ce que ça a été dit, je crois que il y a beaucoup de forces qui sont représentées ici, et la clef du succès ce sera l'unité. Et l'unité pourquoi pas, puisqu'il y a beaucoup de forces qui sont représentées ici, y compris nationalement, c'est donner un retentissement national à cette affaire. Par ce que vous le savez mieux que moi, les multinationale elles ont horreur, mais alors horreur, ça suffit pas, mais de la mauvaise publicité. Dès que vous vous amusez à caser une petite phrase dans le micro, vous avez des loufiats, parce qu'ils sont payés pour ça, dans n'importe lesquelles des multinationales dont je parlais, Lu, STM, Nestlé, Danone et beaucoup d'autres, qui sont payés pour éplucher tout ce qui sort dans la presse. Et si vous avez le malheur de dire que cette entreprise elle a des raisons de continuer à exister, et que c'est simplement parce qu'il y a des voraces de la finance que certains décident de fermer le site, et bien vous avez des écris, parce que eux il mettent beaucoup de papier, beaucoup d'argent dans les papiers, dans la publicité et il ont horreur de ça. Et ce, je dirai ce point d'appuis là, faut pas s'en priver.

La deuxième chose, c'est lever le scandale, parce qu'il y a beaucoup de choses qui ont été dites, mais toutes ces multinationales, toutes autant qu'elles sont, Rubbermaid comme d'autres, elles bénéficient quand même d'une chose, c'est de l'aide systématique des pouvoirs publics, nationaux, européens, et ça se fait systématiquement sous forme d'aides en nature, d'exonérations fiscales, d'exonération de cotisations sociales, de subventions publiques ; c'est à dire de l'argent de nos impôts. Et quand on fait tout ça, c'est à dire quand les pouvoirs public déroulent un grand tapis rouge à ces multinationales, ça porte un nom ça s'appelle le réindustrialisation. Et quand on imagine par exemple qu'une multinationale décide de fermer le site et qu'on pourrait imaginer de reprendre cet argent là, à cette multinationale américaine, comme ceux qui y étaient avant, monsieur Sellieres, vous le savez mieux que moi, qui a apporté évidement, sa marque de fabrique dans l'organisation, ça s'appelle l'ingérence dans l'économie privée. Et bien ce droit à l'ingérence dans l'économie privée, nous, on le revendique. On pense que ce que les pouvoirs publics ont été capables de donner, il devraient être en capacité de pouvoir le récupérer pour permettre à la production de continuer à Reynolds, comme ailleurs. Voilà une solution qui pourrait, à mon avis, simplement être de bon sens.

Donc cette façon unitaire que j'espère que l'ensemble des organisations, à part peut être certaines qui ne croient pas aux solutions miracles mais on est pas là pour militer pour ça, essaieront de donner un retentissement national à tout ça. Voilà pourquoi, je suis venu apporter un soutient en tant que porte-parole national de mon organisation, je le dit par ce que peut être que certains ou certaines se demandent ce que je fout là ! Après tout ce serait presque logique. Il y en a peut être certains qui malintentionné vont se dire c'est parce qu'il y a une campagne électorale. Je ne vais pas chercher à les convaincre que je le fait avec ou sans élection, mais je voudrai au moins leur dire une chose, c'est que finalement, ce serait pas plus mal que pour une fois, une campagne électorale elle débute devant une usine, plutôt que devant un commissariat parce qu'après tout l'insécurité sociale aussi ça fait partie de nos préoccupations quotidiennes. »



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posté par DiogenePasCynique le 17.9.06. Lien vers ce billet

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16 septembre, 2006

Lutte et tête froide.

La section CFDT Reynolds m'a gentiment autorisé à reproduire ci-contre l'affichage qu'elle a fait hier. Je souhaite insister sur les intentions pacifiques et constructives. Nous savons tous que les luttes sociales imposent des figures dans leur chorégraphie. J'imagine que ces dernières participent de la lisibilité de l'évènement, nécessaire en nos temps médiatiques. Néanmoins, sur le fond, tout le monde est encore autour d'une table pour discuter. Parfois, effectivement, les échanges sont vifs, parfois, les mots ne correspondent pas exactement à la pensée qui les inspire car la maîtrise que chacun a du langage lui est propre. Parfois, aussi, il faut lire au delà du discours, et parfois, encore, il faut oublier les mots qui fâchent parce qu'ils giclent directement du coeur. Les hommes parlent mais ce sont les conceptions qui s'affrontent, par le truchement des marionnettes que nous sommes. Aussi, bien que nous ayons pour la plupart le sang vif du sud de l'Europe, nous devons nous souvenir qu'un seul de nos actes ne suffit pas à nous définir intégralement.

Des salariés, dont je suis, on été étonnés, puis émus, enfin choqués de voir le directeur du site arpenter les ateliers en compagnie d'un inconnu marqué d'un énorme SÉCURITÉ dans le dos. Cela fait suite au passage maladroit d'une Clio avec deux molosses et leur gardiens (à moins que ce ne soit l'inverse). Nous pouvons comprendre que la situation puisse inspirer des inquiétudes à la direction. Cette dernière est en effet trop récente dans l'entreprise pour bien connaître les salariés et la situation se prête à différentes interprétations. Mais les salariés ont montrés, à de multiples reprises maintenant, les ressources symboliques et pacifiques qu'ils utilisent. Ils savent aussi que la sauvegarde de leur emploi passe par celle de l'outil de production. Ils savent que la popularité de leur lutte est garantie par une attitude digne et responsable. Ils savent enfin qu'on ne gagne rien par la violence. Je suis persuadé que le présence de molosses sur le site n'accroîtra pas la sécurité, mais sera perçue comme une provocation, voire une agression par les salariés. Ces derniers ont une moyenne d'âge de plus de 40 ans et sont, pour une bonne moitié, des femmes ; pas vraiment le type de population qui fait le coup de poing ! Le dialogue social sur le site a rarement eu recours à la grève, et jamais à l'agressions. C'est de ces personnes là que nous parlons encore au vu de l'ancienneté moyenne des salariés. Je connais des entreprises où de simples négos de salaires donnaient lieux à des barrages et les portières des voitures de direction prenaient de violent coup de pied (chaussures de sécurité) au passage (lent évidement !). Les notions de territoire, de peur et de surprise sont les principaux leviers qui conduisent à des actes regrettables. Si la direction estime ne pas connaître assez, ou ne pas être sûre des salariés, rien ne l'empêche de se renseigner auprès de ceux qui l'ont précédés qui, j'en suis certain, la rassureront sur ce point. Je sais par ailleurs que les notions d'honneur et d'amour propre polluent les attitudes, généralement en les durcissant. En être simplement conscient peu diminuer le risque.


Un mot pour morocollabo. Je ne t'ai pas remercié hier, parmi les contributions régulières, car je ne voulais pas avoir l'air d'approuver ton discours (que je laisse néanmoins s'exprimer). Par contre, du strict point de vue stratégique, il n'est pas questions d'actions de francs tireurs hors la stratégie globale. Même au modeste niveau de notre lutte, un minimum de discipline et d'organisation sont vitales. Chaque action est pesée à l'aune des forces disponibles, du rythme et de l'effet escompté. Il semble qu'on essaye, dans la mesure du possible, de les conjuguer à l'action juridique et économique dont elle ne doivent rester qu'un contrepoint. Si tu as des idées d'actions parle-en avec les représentants. Mais de grâce, pas d'initiatives surprises et surtout pas improvisées ! Cela peut altérer une autre option en cours et même la contrer. Autre principe, ne jamais acculer un adversaire. Sans retraite possible, il se battrait alors avec l'énergie du désespoir (c'est Sun Tzu, dans l'art de la guerre, qui le dit). Enfin, ne pas sous-estimer l'adversaire. Voilà, il ne s'agit pas d'attaques personnelles contre toi, juste de précisions. Je te remercie néanmoins de prendre part au débat car ta détermination et ton énergie sont nécessaires à tous.


J'ai écris ce billet avant que de lire les derniers commentaires. Merci au mercis !


posté par DiogenePasCynique le 16.9.06. Lien vers ce billet

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Sur les ondes.

Le chroniqueur de l'émission de France Inter, Blog à part (blog de l'émission), David Abiker à interviewé votre serviteur vendredi dernier. J'espère que la diffusion de cette minute matinale (6:20 le lundi 18 septembre 2006) sur France Inter aidera et fera connaître la lutte des salariés Reynolds.


posté par DiogenePasCynique le 16.9.06. Lien vers ce billet

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15 septembre, 2006

Un an !

Hé oui, presque autant de visites que de mots depuis l'annonce qui faisait mal ! J'étais bien loin de me douter que nous en serions là un an plus tard ! Quant à moi, c'est un peu pareil, plein de trucs ont été bouleversés, mais le solde est positif et, curieusement, des espoirs semblent permis ... Sur les motivations, celles, originelles sont toujours présentes (information, test d'un outil à la mode, communication vers l'extérieur et un peu, il est vrai, de cabotinage). Le fait qu'à un moment, ce blog ait pu être fédérateur a aussi boosté ma motivation (outre que cela flatte l'ego !). Ce n'est pourtant pas la persévérance qui me caractérise, aussi suis-je un peu surpris. Mais sans vos commentaires, vos soutiens divers, sans les collaborations ponctuelles, sans l'échange finalement, rien n'aurait continué. Merci.

Des remerciement particuliers à Ella, plucomavan, Au Caboulot, çélalhutt, brigetoun, SE pour leurs contributions régulières. Enfin, last but not least, un merci spécial à radical-libre, qui certes, commente peu, mais dont la finesse et la clairvoyance font avancer mon propos par une sorte de gentille osmose.


posté par DiogenePasCynique le 15.9.06. Lien vers ce billet

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Deux américains à Valence.

Hier avait lieu le CE extraordinaire. Au menu, poursuite du Livre IV et 'ouverture locale du Livre III. MM De Pommereau et Leclerc étaient présents. Après une petite passe d'arme d'échauffement (je crois qu'on parle de conversation en escrime), nous apprenions la visite de MM Gibson et Heft. Ces derniers furent spontanément invités au CE (l'hospitalité française !). Ils venaient visiter le site, s'inquiétant de la faiblesse des rendements. Ils sont visiblement fermes sur leur positions. Il ne voient en l'aspect économique (Livre IV) qu'une formalité légale à laquelle il faut se plier. Ils apparaissent sûr de leur décision. Ils ont ensuite visité l'usine et ont, paraît-il, tenu un discours sur le mode « vous vous remettez au boulot, et nous seront correct sur les conditions de départ ! ». Curieusement, c'est aussi le discours que tient M Labaune. Nous voulons bien chanter « la victoire en chantant ... », mais nous ne voulons pas que ce soit le chant du départ !

En progressant ensuite dans la lecture du Livre IV, les représentants ont eu quelques explications sur l'organisation matricielle. D'après ce qu'on a pu m'en dire, il semble que cette organisation soit bonne, mais puisse conduire à de bons comme à de mauvais résultats ! Cela semble être une proposition indécidable ! Cela me rappelle le théorème d'incomplétude de Gödel.

Le livre III a été ouvert et un expert choisi pour l'étudier en local. Il est amendable et en a effectivement bien besoin. Mais cela reste une étape de replis (voir un article précédent).

Une AG s'est enfin tenue devant les salariés en fin de journée. L'unité et la motivation restent de mise.

Suite au commentaire précédent, je rectifie donc Little Tikes, c'est les jouent alors que Graco sont les poussettes ; mea maxima culpa.


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14 septembre, 2006

Kermesse préfectorale.

La quasi totalité des salariés de Reynolds se sont retrouvés devant la préfecture à 11:30, avec les salariés de Rieter et des Sétila. Du personnel d'Ascom était là ainsi que leur charismatique représentant. Dans la désormais habituelle ambiance bon enfant qui caractérise la lutte, les salariés ont soutenus la délégation qui a successivement rencontré un représentant du préfet puis des élus du conseil général de la Drôme. Tous le monde était donc là, dans cette ambiance d'une bouleversante humanité. Rieter avais déplacé un des fleurons de sa production, une impressionnante et rutilante machine. Parce que travailler, ce n'est pas être fier de montrer sa paye, c'est être fier de faire du bon travail, de créer, de fabriquer, de faire en sorte que ça marche harmonieusement, ensemble. Les camarades CGT avait organisé le repas avec leur efficacité habituelle sous les grilles.

A la sortie de la délégation de la préfecture, et après les déclarations d'usages, les salariés Reynolds ont une fois de plus montré leur unité. Ils sont allés dans un bel ensemble et au son de tambours improvisés, se poster à l'entrée de la Mairie de Valence. Les déclarations UMP de lundi dernier n'avaient en effet pas convaincu. Mme Balzan (maire de Valence) et M Labaune (député) tenant pour acquise la fermeture du site de production des Reynolds. Les salariés ont chanté une chanson spécialement composée, puis, républicains en diable, la Marseillaise. Ils sont ensuite retourné devant la préfecture.

La délégation des salariés a ensuite rencontré des élus du conseil général.

Plus tard dans l'après midi, une sympathique équipe de France 2 s'est rendue sur le site Reynolds et a tourné un reportage qui devrait passer au journal de 13:00 aujourd'hui (sur la 2, hein !). Il semble que la direction locale n'ait pas souhaité s'exprimer (elle y était invitée).

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13 septembre, 2006

Validation.

Ci-contre la dernière note intérieure de la direction. Nous devrons désormais faire valider par notre N+1 (supérieur hiérarchique direct) nos bons de CP (congés payés), RTT (jour de réduction du temps de travail) et débrayage (Grève). Ce n'est pas nouveau pour les CP et les RTT. Outre que je n'ai jamais entendu parlé de bons de débrayage dans la bonne vieille société de Reynolds, je ne suis pas sûr que le fait de faire valider un bon de débrayage par un N+1 soit tout à fait légal. Il me semble en effet que l'exercice du droit de grève, en France, ne nécessite pas l'autorisation d'un supérieur (sauf peut-être des cas particuliers liés à la santé mais je n'en suis vraiment pas sûr.), au plus, une information. Pour les définitions qui suivent, je me suis servi du Trésor de la Langue Française Informatisé (Service issu de la recherche publique).

Valider : verbe trans. Rendre ou déclarer valide, valable. Synon. confirmer, homologuer, ratifier. Valider un acte, un contrat; faire valider son bulletin de loto. On va maintenant décrire en détail les modalités de l'élection des députés, la procédure employée par l'Assemblée pour valider leur élection, et les privilèges dont ils sont investis (LIDDERDALE, Parlement fr., 1954, p. 91).

P. ext. Justifier. La densité de sa population doit être suffisamment forte pour valider l'aménagement des installations collectives qui seront les prolongements du logis (LE CORBUSIER, Charte Ath., 1957, p. 34).

Valide (je ne donne que la partie que j'estime pertinente de la définition) : adj. DR. Qui n'est entaché d'aucune cause de nullité. Synon. valable. Acte, contrat, testament valide. J'avais cru pouvoir voyager dans les États Autrichiens avec un passe-port qui, n'ayant pas une année de date, était encore légalement valide et lequel avait été visé par l'Ambassade d'Autriche à Paris pour la Suisse et l'Italie. En effet, Monsieur le Comte, j'ai traversé l'Allemagne et mon nom a suffi pour que partout on me laissât passer (CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 196).

Valable (je ne donne que la partie que j'estime pertinente de la définition) : A. Qui remplit les conditions requises pour être accepté par une autorité. Synon. valide; anton. (pour les documents temporaires) nul, périmé. Billet, carte, certificat, permis, ticket valable. Tirant un passeport de son tiroir: Bon, dit-il, il est encore valable pour deux mois (DUMAS père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 603). Pour savoir si un baptême est valable et produira ses conséquences, c'est-à-dire la sanctification, il faut considérer qui le donne et non qui le reçoit (A. FRANCE, Île ping., 1908, p. 42).

En partic. Qui remplit les conditions pour pouvoir être accepté, être pris en considération par une autorité judiciaire. Acte, contrat, quittance valable; testament, donation toujours valable; vente qui reste valable. Tout acte de donation d'effets mobiliers ne sera valable que pour les effets dont un état estimatif, signé du donateur et du donataire, ou de ceux qui acceptent pour lui, aura été annexé à la minute de la donation (Code civil, 1804, art. 948, p. 172). M. Alphonse Humbert a eu dans cette affaire Dreyfus-Esterhazy une attitude qui est exactement le contraire de la mienne. À ses yeux, le verdict du Conseil de guerre est valable, même s'il a été rendu, contrairement à la loi, sur des pièces que ni l'accusé ni son défenseur n'ont été admis à discuter (CLEMENCEAU, Iniquité, 1899, p. 67).

B. Qui a un fondement accepté et reconnu, qui est vraisemblable. Synon. acceptable, admissible. Explication valable; donner un motif valable. Le contrôleur est entré dans mon compartiment, il me regarde, moins sévère qu'autrefois: en fait il ne demande qu'à s'en aller, qu'à me laisser finir le voyage en paix; que je lui donne une excuse valable, n'importe laquelle, il s'en contentera (SARTRE, Mots, 1964, p. 211).

P. ext. Solide, sérieux. Synon. recevable. Donner une objection, une preuve valable. Fournir un argument valable de l'immoralité des femmes (PROUST, Fugit., 1922, p. 523).

C. Qui a un effet, une valeur dans certains cas, pour certaines personnes. Interdiction valable pour tout le monde; postulat exclusivement valable dans l'ordre de la science. Les lois de la nature peuvent être valables jusqu'à une certaine limite, passée laquelle elles se retournent contre elles-mêmes pour faire naître l'absurde (CAMUS, Sisyphe, 1942, p. 56).

Loin de moi (vraiment et sincèrement) l'idée de croire que la direction ait voulu soumettre le droit de grève à autorisation. Seulement, le climat étant parfois électrique, les interprétations sont forcement altérées par l'état d'esprit du lecteur. Dans le sens courant, valider est souvent synonyme d'autoriser. Bien que ce soit en partie inexact, c'est malheureusement l'interprétation la plus probable. Mais peut-être ne s'agit-il là encore que d'un grondement. L'être humain civilisé dissimulant volontiers sous de complexes arabesques des émotions somme toute assez primaires (pareil pour moi !).

Sur la sécurité du site. Le passage vers le gardien, l'identification et le port d'un badge sont effectivement les procédures usuelles d'entrée dans notre entreprise. Sauf lorsque le visiteur se rend au local syndical. Pourtant, dans la fin de l'après-midi du 11 septembre, un homme, à priori ancien collègue de M Di Vincenzo (ils se seraient connus en Russie), est entré dans la société pour visiter son camarade. Il en est ressorti sans passer par la loge du gardien (donc il n'avait pas de badge). Ce n'est bien sûr pas très grave car cet homme portait sur lui une honnêteté de bon aloi. Simplement, la règle principale du règlement, c'est que tous y sont soumis.

Une séquestration aurait eu lieu ce même 11 septembre (journée riche en événements et en émotions). Renseignement pris auprès des autorités, une séquestration existe lorsque de bonnes gens sont verrouillés dans un bâtiment. Le blocage du 11/09/06 relevait sans doute de quelques délits mineurs, mais pas d'une séquestration. La direction va-t-elle risquer le ridicule d'une plainte ? La réponse n'est certes pas acquise, mais nous évoluons tous n'est-ce pas ? Afin d'alimenter ses réflexions, je lui propose d'étudier ce qu'ont été les restructurations chez GIAT.

Par contre, une fois n'est pas coutume, je me permets de reprendre à mon compte la dernière phrase. Moi aussi en effet, je souhaite la coopération de chacun pour que le site de Valence retrouve rapidement un fonctionnement industriel et un environnement de travail acceptable pour tous.

Tout est dans le tous !




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Tout le peuple.

Quelques vue de la journée du 11 septembre. Merci au photographe (encore un talent de la boite !) !



Encore merci aux politiques (élus ou non), aux anciens, aux sympathisants et aux salariés pour cette fantastique journée !

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12 septembre, 2006

Une direction désemparée.

Lorsque la direction, en terme à peine voilés, menace les salariés parce que les rendements sont à peine suffisant, que la production ne sort pas à temps ou en quantité suffisante, elle devrait ne s'en prendre qu'à elle même. Il est d'usage, lorsqu'on se sert de ses neurones, de prévoir, ou du moins d'essayer de prévoir les conséquence possibles ou probables des choix que l'on fait. Je persiste à soutenir que la direction a, au moins par omission, menti sur ses projets de délocalisation depuis des mois. La direction a fait des promesses qu'elle n'a pas tenue, enfin la direction se comporte parfois comme si les salariés étaient des enfants. Qu'elle ait eu quelques sueur froides hier, c'est effectivement de bonne guerre. Je rappelle qu'il ne s'agissait que d'un grondement, point. Un grondement issu d'un collectif à la colère légitime. Nous n'avons, jamais, à aucun moment, tiré les premiers. Nous sommes attaqués et nous nous défendons. Les ripostes sont graduées et aucun débordement n'a eu lieu. Je rappelle qu'hier les forces de l'ordre (RG et Commissariat) ont été présentes tout le long de la manifestation. Tout les salariés se sont comportés, j'ose le dire, de manière exemplaire. Un atavisme familial me porte à respecter, lorsque cela est possible, mes adversaires. Cela n'est actuellement pas le cas. Pas de grandeur, pas de hauteur de vue, une réflexion superficielle, et des calculs mesquins, des erreurs, des imprécisions, des coups bas. Non décidément, particule ou pas, la noblesse est dans les coeurs, du coté de la lutte.



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Masques.

Les derniers tombent désormais sur le site de Valence. L'équipe locale semble donc constituée de Mme Casta, MM Badoil, Di Vincenzo, Le Guen, Ricome et Targett. A Paris, Mme Shorter Le Bret, MM De Pommereau, Gibson, Heft, Leclerc. Les ordres de citation sont alphabétiques et l'honneur aux dames. MM Heft et Gibson sont anglophones. Il semblerait qu'au cours du blocus, les traductions de M Leclerc vers M Byron Gibson (VP Corporate Human ressources) n'aient pas eues toute la neutralité qu'on pourrait attendre d'un dialogue sain. Par ailleurs la nomination de Magnus R. Nicolin comme Vice Président Europe pour Newell Rubbermaid confirme la volonté des américains de diriger l'Europe en direct. Le périmètre de responsabilité de M Terrien s'en trouverait donc réduit. Doit-on supposer un départ imminent ? Les noms cités sont, je le regrette pour les dames, des figures de l'adversaire, car ses représentant. L'âpreté des échanges me laisse toujours supposer que la motivation de faire son travail est doublée par certains d'intérêts ou de vues plus personnels. Je souhaite vivement et sincèrement me tromper car je ne doute pas que si ses soupçons venaient à être confirmés, le chien mordrait. On ne peut bâtir une carrière ou une promotion sur 256 licenciements.

Newell Rubbermaid, a aussi annoncé hier la vente prochaine de Little Tikes (les poussettes).



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Que notre joie demeure ...

Minuit, et je redescends doucement du 11 septembre, d'hier. Je ne chute pas, je redescends juste, doucement, (ben ouai, un peu comme ça !). Ce qui c'est passé hier sur la place Edmond Regnault est légèrement au delà de l'humain je crois. Il y avait de la joie, de la conviction, de l'union, de la sincérité et peut être un peu de cette chose diffuse qui, plus souvent devrait unir les hommes, de la fraternité. Merci, merci à tous les participants à ces instants qui furent, oui, magiques et rares car au delà de nos espérances.

Certes, il y eu (qu'allaient-ils faire dans cette galère ?) l'arrivée inopinée, voire inopportune, d'une délégation parisienne. Comme un être vivant cherchant à lutter contre un corps étranger, le collectif généra l'épisode du blocus. Stressant pour tous, à Valence comme à Paris, car doué d'une dynamique propre. La sortie fut, espère-t-on, honorable. Le collectif avait grondé, montré les crocs, comme lorsqu'on agace imprudemment un chien ; mais n'a pas mordu.

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11 septembre, 2006

Blocus !

Suite à une demande des représentant des salariés que la réunion de CCE se tienne à Valence, suite au refus de la direction d'accepter cette requête. Mme Shorter Le Bret et M de Pommereau, ainsi que le reste de l'équipe locale de direction sont actuellement (11/09/06 à 18 h 45) bloqués à l'interieur du site de production de Valence. Je prie les lecteurs salariés de faire passer l'infos à leur camarades, merci d'avance.


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Surprise !

Nous avons tous été étonnés de voir arriver Mme Shorter Le Bret ( Country Manager France / Belgium ) et M de Pommereau ( Sanford Europe Sales & Marketing Controller ) à l'usine. Nous ignorons les raisons qui les ont fait venir. Gageons qu'ils seront heureux d'échanger des vues sur la marche du monde avec les politiques présents cet après-midi. Mais il n'est pas sûr que ce soit du goût de tous ...


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Mantra.

Répétez après Mme Shorter Le Bret. Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif - Marché – Aujourd'hui – Compétitif – Objectif – etc. Franchement, Madame, votre équipe n'est pas très gentille, ni très galante de vous envoyer toute seule réciter un discours aussi creux pour France Bleu Drôme-Ardèche, en ce matin du 11 septembre, 8:10. Dire par exemple qu'attention, tout cela n'est qu'un projet, que vous voulez investir en qualité , innovation et en publicité (seul le dernier terme semble exact). Non, décidément, le plumage laissait espérer un autre ramage.


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Convivialité citoyenne.

Aujourd'hui, on reçoit ! Les salariés et des personnalités politiques de convictions diverses pourront échanger de façon informelle à partir de 13:30, devant l'usine. J'espère que ces moments seront positifs pour tous. Bonne après-midi !

J'apprend qu'un intervention de Mme Catherine Shorter Le Bret aura lieu à 8:10 ce jour sur Radio France Drôme, visiblement en réponse à celle de M Fégy (ancien directeur R&D de Reynolds, qui soutient la lutte !).

Mercredi prochain (13/09/06), à partir de 11:30, rendez-vous à la préfecture de la Drôme, avec nos collègues de Rieter et Sétila, pour interpeller les pouvoirs public sur la situation de l'emploi dans notre bonne ville de Valence. Comme il est désormais de mise, cela se fera dans le calme et la bonne humeur. Les sympathisants de tous âges et leurs enfants sont chaleureusement conviés.

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Compléments.

Je reviens encore une fois sur la question précédente. Je crois qu'il ne faut pas non plus oublier le contexte sociologique dans lequel se déroule ce qui est bel et bien un affrontement de classes (je vais déplaire mais j'attends l'argumentation !) . L'outil de production est une propriété privé dont le propriétaire fait absolument ce qu'il veut (dans les limites légales), en dernière analyse. Les moyens mis à la disposition des syndicats pour défendre les salariés permettent, selon moi, de rendre plus supportable les inégalités d'action et de redistribution, mais ils n'équilibrent pas les forces en présence. La disposition de ces moyens ne garantie pas leur utilisation optimale. Les stratifications de la société se retrouvent dans l'entreprise, avec toutes leurs inégalités d'accès au savoir et d'aisance dans le monde. Les syndicalistes ayant des compétences comptables étendues sont rares. Nous en avions une dans l'entreprise, mais elle a choisi de partir au début de l'année 2006 ! Je ne lui jette pas la pierre, j'aurais sans doute fait la même chose dans la même situation (il n'y a pas de héros, uniquement des nécessités). Aussi, le dialogue est déséquilibré dès le départ, puisqu'il se passe sur un terrain sur lequel une des parties possède une maîtrise presque totale. Les directions s'entourent aussi du plus grand secret lorsqu'elles projettent des licenciement collectifs. Je rappelle que la procédure en cours n'était encore, officiellement, qu'un projet jusqu'au 12 juillet 2006, et qu'elle a commencée à être véritablement connue que fin juin 2006, même s'il est désormais évident que les « réflexions » sont beaucoup plus anciennes. Enfin, les directions agissent à temps plein, alors que les représentants des salariés (sauf pour les très grandes entreprises) agissent dans le cadre de leur délégation , à temps partiel, dans une fonction parfois éloignée du métier qu'ils exercent. Cela suffit à expliquer, selon moi, que dans la majorité des cas, les directions parviennent à leurs fins.

Pour ce qui concerne l'installation d'usines à l'étranger. Cela n'est pas nouveau et n'a pas été fait dans l'idée de délocaliser la production. Historiquement, pour gagner ses marchés exports, Reynolds s'est souvent associé à des partenaires locaux par des accords gagnant - gagnant. Le partenariat avec l'Inde est très ancien, et c'est bien. Je ne trouve pas anormal que les stylos vendus dans un pays (et seulement ceux-là) soient produits sous licence dans ce pays. On ne peut demander à des populations d'acheter nos produits et de ne pas en avoir les moyens. Pour l'usine de pointes billes, en Inde, la seule filiale de Reynolds, je continue de croire (peut-être suis-je naïf) que l'idée de délocalisation n'était pas à son origine, les raison liées aux droits de douane, à l'époque de son implantation, étaient convainquantes. Maintenant, le groupe Newell Rubbermaid a peut être d'autres projets (évidement !).

Les propos de M Sellière (« vous êtes trop payés ! », que je n'ai pu entendre personnellement), sont j'imagine, tenus une fois par jour par la majorité des patrons, alors ...

Plus inquiétant en effet, les départs perlés de machines. Mais il est difficile d'argumenter un discours d'inquiétudes sur ces seules bases, même si l'intuition s'avère juste. Les systèmes dynamiques, et une entreprise peut se prêter à ce modèle, fussent-ils simplifiés à l'extrême, montrent souvent ce qu'on appelle une sensibilité aux conditions initiales. Cela signifie que de petites différences dans les conditions initiales (à temps t = 0) conduisent à des grandes différences d'évolution de comportement. C'est ce qu'on exprime lorsqu'on parle d'effet papillon. Cela implique une impossibilité intrinsèque à prévoir précisément les comportements à long terme de tels systèmes. Par contre on se sert de la notion d'attracteur étrange (voir illustration, et faites les vous-même grâce au Chaoscope, on devrait dire aux gamins à quel point les maths peuvent être belles). Il s'agit de zones de l'espaces des phases (les différents états possibles du système) précisément délimitées. On est sûr qu'à long terme, la description de l'état du système sera dans cette zone, mais on ne sait pas où exactement. Je ne parle là que de systèmes relativement simple et clos. La gestion d'une entreprise implique des dizaines voire des centaines de variables indépendantes en univers ouvert (contraintes extérieures changeantes) et bien sûr, les hommes ...

Cependant, dans notre cas, nos chances de succès ne sont pas nulles (le chaos, toujours ... ). Je reste par ailleurs persuadé que tant que la société n'aura pas profondément remis en cause la notion de propriété privée, sans forcement la supprimer complètement d'ailleurs, nous aurons toujours a gérer des conflits qui y sont liés et qui en découlent. S'interroger sur cette notion, la rapprocher de notre condition de mortels est, je crois, fécond.




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08 septembre, 2006

Dernières nouvelles.

Nous avons les honneurs du site de la LCR avant d'avoir l'honneur de recevoir un de leurs illustres représentants (voir ici).


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Hypothèses.

A propos de la question posée le 07/09/06 sur ce billet.


J'aimerai poser quelques questions via ce blog. A quoi nous a servi le cabinet Syndex qui n'a pas su l'année dernière nous mettre la puce à l'oreille en voyant sur les comptes 2004 les 38 millions d'euros de provisions pour dépréciation de la marque. Je comprends que les délégués de quelque bord qu'ils soient n'y ai vu que du feu. c'est bien pour cela qu'ils s'entourent "d'experts". mais si les mêmes "experts" ne sont pas capables d'alerter à temps les salariés, à quoi servent ils?

Cette opération qui a "plombé" les comptes de 2004 était bien visible l'année dernière quand Syndex est venu commenter les résultats de l'année 2004.

J'aimerai bien avoir des éclaircissements sur ce point.


Je n'ai pas de réponse simple et complète à cette question. Il me semble que Syndex avait pointé ce fait, mais je ne pense pas que quelqu'un ai pu y voir le signe certain d'une fermeture à si brève échéance. La seule chose qui aurait pu être faite, c'est avancer le droit d'alerte. Lorsque j'ai commencé cette chronique, c'était à cause de l'annonce du plan accélération et de la fréquence accrue des départ. J'étais loin aussi de me douter que presqu'un an plus tard nous serions dans cette situation. Au pire, je pensais à des licenciement, quelques dizaine peut être, mais certainement pas à la fermeture de la totalité de la production. J'ai commencé à en être persuadé que vers la fin mai de cette année. Selon une analyse qui n'engage que moi (c'est plus du feeling qu'autre chose), il y a dans le groupe une volonté ancienne de remplacer la marque Reynolds par d'autre marque du groupe (Paper Mate, Sharpie). Cela peut expliquer la volonté de dépréciation. Mais le lien entre la disparition de la marque et celle du site ne me semble pas automatique. Par ailleurs, le silence de M Terrien peut être le signe d'une lutte d'influence dans les palais. Il se peut que la fermeture du site de Reynolds, outre les raisons économiques invoquées, servent des ambitions plus personnelles. Je reste en effet assez étonné de la signature de la note. J'ai appris de Sanford Ecriture qu'il y aurait une volonté de reprise en main plus directe de la direction américaine (Ce serait écris dans un récent PV de CE de Sanford Ecriture, mais je ne l'ai pas eu sous les yeux). Aussi, il n'est pas impossible que certains se placent, et que d'autres soient éjectés prochainement du siège parisien. Je ne sais pas si on saura tout un jour. Encore une fois, ce ne sont que des suppositions.

Sur la communication du groupe, SE, êtes vous sûr(e) de vos chiffres ? 200 000 € pour une communication positive sur la fermeture d'un site, je trouve ça tellement indécent ... Si vous pouviez nous livrer le nom de cette agence de com, ce serait bien, merci d'avance.

Sinon, les actions continuent. Sensibilisation de la population à Romans, Dimanche (Fête de la Pogne !). Lundi prochain, rendez-vous avec les élus locaux et d'autre personnalité politiques d'envergure nationale ! Enfin, mercredi prochain mobilisation inter-entreprise menacées sur Valence.

Sur la procédure en cours, CCE et ouverture du livre III (PSE) mardi prochain, à Paris. CE extraordinaire à Valence jeudi prochain.



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07 septembre, 2006

Du coté de la vie.

Hier, des salariés ont débrayé et se sont dirigés vers le supermarché Auchan de Guillerand-Grange. Armés de leur feuilles de pétitions vides, de cartons de stylos marqués du sceau de leur lutte, de tracts et surtout, de coeur, ils se sont postés dans le calme et la bonne humeur aux portes du centre commercial pour sensibiliser les clients à la sauvegarde du site de Reynolds. Il sont revenu les feuilles de pétition pleines; les cartons de stylos vides, plus aucun tract, et encore plus de coeur à la lutte ! Car l'opération a été un succès éclatant. Peu de refus, pas de problèmes avec les forces, de quelque ordre qu'elles soient et des résultats. On a pu se rendre compte à quel point le problème des fermetures d'usine, de pertes d'emplois, de précarité, de mouise enfin est le quotidien du plus grand nombre de nos concitoyens. C'est un chose d'en discuter avec des collègue en refaisant le monde, mais lorsque plusieurs centaines de personnes, en une après-midi comprend et est solidaire du même discours, alors c'est une sacré claque.

Merci aux anciens salariés de Reynolds qui sont venus nous soutenir, c'était bien.


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06 septembre, 2006

Prise de risques.

Cela m'apprendra à vendre la peau de l'ours ! Contre toutes mes attentes, mon article a été recalé. Je cite l'e-mail :

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir soumis votre article (Délocalisation des stylos Reynolds, procédure en cours.) sur AgoraVox. Toutefois, le comité de rédaction n'a pas validé sa publication. Nous considérons en effet que l'article aborde un sujet qui a déjà fait l'objet d'une publication antérieure.

Nous vous encourageons, à l'avenir, à proposer des articles qui amènent un éclairage nouveau, ou des informations non reprises et non commentées.

N'hésitez pas à vous inspirer de la politique éditoriale disponible à l'adresse suivante: http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=60

En attendant de vous lire prochainement sur AgoraVox, veuillez croire en l'expression de nos meilleurs sentiments.

Cordialement

L'équipe de rédaction d'AgoraVox


J'ai fait appel de la décision, mais je n'y crois pas trop. Enfin, passé le « pan sur l'ego ! » ; comme dit un proverbe cubain pioché page 70 de révolte.com, « ce que tu as raté trois fois tu le rates une quatrième fois tu attends la cinquième. », on recommencera ! Pourquoi fais-je cela ? Ce blog a surtout une audience interne de lecteurs déjà convaincus, aussi, pour élargir l'audience, l'exercice d'une écriture ayant plus de recul permet de communiquer au delà d'un cercle restreint. Cela permet aussi à votre serviteur de prendre un peu de distance avec l'événement et de ne pas trop se faire bouffer (j'y parviens difficilement !). Le Dauphiné Libéré, par certain de ses papiers, considère déjà l'affaire pliée, ce qui est inexact du point de vue des faits. L'équipe des représentants du personnel s'aperçoit tous les jours à quel points il est difficile de faire passer l'information vers un public élargis. Sauf peut être pour la direction dont je note avec quelle désarmante facilité elle a pu faire passer son message, même en anglais ! La fabrication de l'information passe de nos jour par le choix d'événement spectaculaires, c'est un fait. Cela peut sembler contradictoire avec une attitude responsable et constructive, mais nous n'avons pas trop le choix, je crois. L'option blocage de l'autoroute revient souvent et je me demande si nous pourrons y échapper. Je propose qu'elle soit faite sous forme d'un die-in (en français ici). Le personnel, théâtralement masqué de blanc (évocation de la dépersonnalisation des licenciements collectifs), se trouverait allongé sur l'asphalte, bloquant un grand axe, un peu comme un caillot une artère. Cela ferait une belle image aérienne pour le 20 heures ! Et puis la symbolique de la mort, ça se vend bien coco ! J'ai une autre option, plus trash (seulement pour le JT de 23 h !), plus Reservoir Dogs ; costars noirs, Wayfarer et 45 ACP (à blanc !) pour les licencieurs.

Hier, Les actions étaient soft, distribution de tract et sensibilisation des lycéens à Briffaut. Aujourd'hui, distribution de tracts et sensibilisation des consommateurs de tous âges devant une supermarché voisin, dans le cadre d'un débrayage des salariés.

Avant hier (je prend du retard !) nous avons semble-t-il eu la visite de deux personnes d'un cabinet de reclassement (Reclasser, v. t. Classer de nouveau. Donner un nouvel emploi.) (Déclassé, e adj. et n. Déchu de sa position sociale, de son état). Peut-être qu'eux aussi ont un problème avec la peau des ours ...

Enfin, croire en la victoire, c'est aussi penser l'après. Pas l'après Reynolds, mais l'après de la procédure en cours. Comment on redémarre, quoi, avec qui et surtout, quand ? Car le site de production a une certaine inertie qu'il faudra vaincre, anticiper et dépasser pour être prêt et crédible à temps, après cette parenthèse maudite (mais où il est des clairières enchantées !). Si on ne fait pas ce travail, on risque de perdre le bénéfice de notre lutte. Je sais que je risque de créer la polémique, mais sans préjuger des réponses, il me paraît (après ces conversations avec toi, il faut bien rendre à César !) raisonnable de tous nous poser la question.




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05 septembre, 2006

L'information.

Comme aujourd'hui, un autre article doit paraître sur Agoravox, je change momentanément de sujet. Je vous ai déjà parlé du changement d'horaire d'une émission radiophonique, Là Bas Si J'y Suis, sur la radio de service publique, France Inter. Il faut se rappeler que ce changement d'horaire prive cette émission de la moitié de ses auditeurs et que le directeur de cette radio est un proche de Nicolas Sarkozy. Je n'oublie pas que M Sarkozy est parvenu a annuler la parution d'un livre qui ne lui plaisait pas (sur Cécilia !) et a eu la tête du rédacteur en chef d'un grand hebdomadaire. A la veille d'échéances électorales importantes, ce changement n'est pas neutre. Il est d'autant moins compréhensible que la direction de cette radio souhaite augmenter son nombre d'auditeurs. La démocratie n'est possible dans un pays que s'il existe une information indépendante du pouvoir et des puissances de l'argent. Je reproduit ci dessous le mail qu'on reçu les 215 972 signataires de la pétition de soutient à l'émission.


Désolés, « Là-bas » continue !...


La planche était bien savonnée, les peaux de bananes bien disposées, tout nous poussait vers l’île de Ré … mais, désolés amis fossoyeurs, « Là-bas » continue !

Parce que vous êtes 215 972 à avoir répondu à l’appel du 18 juin « Sauvons Là-Bas... ! ».

Parce que cette pétition en ligne a reçu 10 000 signatures par jour pendant 20 jours, entre le 16 juin et le 09 juillet 2006, sans compter des milliers de soutiens par courrier.

Parce que le 29 juin, au gymnase Japy à Paris, vous avez fait salle comble, pour acclamer à la fois, Alain Rey, Serge Halimi, Louis Bozon, Florence Aubenas et… « Là-bas», sur la question « Où va France inter ? »

Parce que cette question reste posée.

Parce que l’équipe de Là-bas est plus remontée que jamais et parce qu’il y a déjà pas mal de monde à l’ANPE.

Parce que c’est une année à ne pas aller à la pêche à la ligne.

Parce que Là-bas, comme une certaine sociologie est un sport de combat.

Parce qu’il se passe des choses encore plus importantes dans le monde et que nous avons encore envie de les raconter.

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Refusant tout dialogue et toute proposition, la nouvelle direction de F.I a imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revient à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée quelle que soit la radio considérée.

Bien sûr nous ne sommes pas opposés à tout changement. Nous avons fait diverses propositions de déplacements, d’aménagements et de compromis, tout a été rejeté. Alors que l’audience de France Inter est en déclin, il nous semblait important qu’à travers cette forte mobilisation, le message des auditeurs reçoive un écho, il n’en a rien été.

Là-Bas n’est pas une émission neutre et cette relégation n’est pas neutre surtout au seuil d’une importante échéance électorale . La nouvelle direction de France Inter est offusquée par une telle calomnie . Innocente comme l’agneau qui naît, elle n’a pas l’ombre du début de la moindre arrière pensée de nature politique ou idéologique. Des élections ? Quelles élections ? Des pressions ? Quelles pressions ? La seule et unique mission de nos nouveaux maîtres est de redresser les chiffres d’audience, jurent-ils. Soit. Mais alors pourquoi est-il si urgent de reléguer une équipe qui gagne ?

Jusque là, les explications médiamétriques de la direction n’ont pas entièrement convaincu les professionnels de la radio, ni les observateurs des médias qui, du Nouvel Observateur au Canard enchaîné, du Monde Diplomatique à Marianne dénoncent normalisation, climat de reprise en main et atteinte au pluralisme. (voir extraits de presse sur le site www.la-bas.org) .

Pas dupes non plus les 215 972 auditeurs qui ont signé la pétition. Jamais nous n’avions imaginé une telle mobilisation surtout dans cette période de coupe du monde. Par comparaison, la pétition lancée le 25 juin suite au départ de Serge July, directeur de Libération avait au 1 septembre, recueilli 1 762 signatures.

Mais, face à cette réaction de fond, la direction, droite dans ses bottes, a pris la responsabilité de ne pas entendre ces auditeurs intempestifs. Ce mépris ne manque pas de surprendre au moment où cette même direction affirme n’avoir aucune autre mission sur cette terre que la reconquête des auditeurs perdus.

Pourtant il s’agit tout simplement d’auditeurs vigilants et actifs qui sont la fierté de ceux qui chaque jour font France Inter, des citoyens et non pas des clients.

A travers les messages reçus s’exprime la crise de confiance qui s’est développée entre France Inter et ses auditeurs, suite notamment au flagrant manque d’équité dans le traitement de la campagne pour le référendum de mai 2005. Depuis un an, 600 000 auditeurs ont quitté la tranche 7-9.

Plus généralement, dans un paysage médiatique de plus en plus contrôlé par les puissances d’argent, ils attendent que la radio publique affirme son indépendance envers tout pouvoir, économique , politique ou médiatique, en faisant entendre sa différence et non pas sa ressemblance.

Prendre le chiffre d’audience pour seul but c’est aligner France inter sur le système commercial des radios privées et c’est préparer sa privatisation. La dérive n’est pas nouvelle, voilà des années que France Inter est une « marque » et nos émissions des « produits ».

Aucun autre horizon n’est évoqué, aucun projet, aucun souffle à la hauteur d’un tel Bien public, tout restant confiné dans les eaux glacées des calculs médiatiques comme si l’audiovisuel public n’était pas par nature, un terrain et un enjeu politique majeur.

L’ exigence de ces auditeurs n’est ni de gauche ni de droite, elle appelle à une vraie information et à un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur les garanties de leur indépendance, notamment dans la campagne électorale qui s’ouvre. Nous en ferons un de nos thèmes de travail cette année. Il y a du pain sur la planche et nous comptons sur vous !

Ce grand souffle de soutien nous a redonné des ailes.

Nous concoctons projets et complots. Que partout les AMG * restent en alerte !

Attendez-vous à des messages en provenance de Londres ou du maquis…



L’équipe de Là-bas , 3 septembre 2006 .


* Auditeurs Modestes et Géniaux




posté par DiogenePasCynique le 5.9.06. Lien vers ce billet

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04 septembre, 2006

Dernière minute !

Sur l'idée du site de Bic, notre créatif a mis en ligne une vidéo sur l'action que nous avons faite au marché de Valence. Bonne visite sur : http://www.collectifreynolds.fr.cc


posté par DiogenePasCynique le 4.9.06. Lien vers ce billet

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Good vibrations !


La semaine dernière, le personnel Reynolds a souhaité vérifier son savoir-faire et l'état des machines. Voir le résultat ci-dessus.

Accessoirement, on a aussi pu vérifier la motivation et la cohésion du groupe ! Comme leurs parents, les enfants du personnel souhaitant aider la cause pourraient, pourquoi pas, détourner l'utilisation d'un outil de promotion. Je pense au site Ma Tribu Reynolds. Je vois mal l'administrateur du site filtrer les inscriptions sans mettre l'objectif du site en péril. Il pourraient se servir de ce site pour dire avec leurs mots à eux ce que leur inspire cette lamentable histoire. C'est aussi un moyen de passer le message à d'autre petits camarades du bout de la France. Sans vouloir faire mon gauchiste de base (nan, c'est pas un pléonasme !), les outils appartiennent toujours à ceux qui s'en servent. Allon-z-enfants !

Samedi dernier, une équipe motivée et déterminée de salariés Reynolds, aisément reconnaissable grâce au fameux tee-shirt, est allé à la rencontre de la population sur le marché de Valence, place des Clercs. Une pétition a été proposée à la signature aux clients comme aux commerçants. Outre la minorité, toujours présente, que cela n'intéresse pas ou qui n'a pas le temps, les retours sont, à l'écrasante majorité, positifs. Chaque sourire (il en est d'absolument craquant !), chaque « bon courage ! », chaque poignée de main ou conversation ( et bien sûr chaque signature !); c'est des grains de bonheur qui le temps venu se transformeront en barres d'énergie pure ! Que les signataires soient ici remerciés. Des contacts avec des représentants politiques ont été pris à cette occasion. Des photos restent à venir ...

Comme il sied aux irréductibles gaulois, tout s'est terminé autour d'une table. Dieu merci, ils n'ont ni bâillonné, ni ficelé le barde au pied d'un chêne, et ce dernier s'est quant à lui abstenu de chanter !


posté par DiogenePasCynique le 4.9.06. Lien vers ce billet

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03 septembre, 2006

Pas facile !

Je reviens sur une partie de la note du 31 août pour développer un aspect que le marchand de sable – il arrive brusquement ces temps-ci, m'assommant jusqu'à ce que plusieurs sonneries me tirent du coma - m'a empêché d'écrire. Je cite le passage.


Ce projet n'est pas une proposition facile à faire pour la direction parce que nous réalisons que cela aura un impact sur la vie de beaucoup d'employés engagés et consciencieux à Valence. Plusieurs solutions différentes ont été étudiées et envisagées avant que la direction se voie obligée, par les conditions du marché, de proposer ce projet. La réalité à cause de laquelle nous avons proposé ce projet ne reflète en rien la qualité du travail fait par l'équipe de Valence ou l'exceptionnel dévouement qu'il ont montré pour être à jour pour l'usine et pour la Marque. Ce projet est simplement la constatation d'une réalité désolante, que quelque chose de radical doit être fait pour sauver la marque et le marché Français.


La proposition n'est donc pas facile à faire, et elle est issue de réflexions, d'études qui conduisent à des obligations radicales. Petite digression d'abord. Lorsque j'étais plus petit, j'ai lu et relu, bien plus que de raison, Jules Verne. Certains personnages (le capitaine Nemo, Robur le conquérant) y sont particulièrement fascinants. Ce sont en effet des êtres qui oeuvrent contre ou en dehors d'une société qu'ils méprisent grâce à une connaissance très étendue de la science de leur temps. Ils ont donc longtemps participé de l'idée que je me faisait du scientifique ou de l'ingénieur (ils l'ont en partie structurée en fait !). Ils maîtrisaient plusieurs domaines de connaissance et savaient se servir des structures des unes pour innover dans d'autres. Ils se servaient ensuite de cela pour bâtir une vie alternative fonctionnelle. Pour diverses raisons, mes études furent si brèves qu'elles en méritent à peine le nom. Mais j'ai toujours gardé un intérêt pour les sciences, et plus généralement pour la compréhension du monde. Lorsque j'ai commencé à travailler, et bien des années après, j'avais toujours cette conception du dépositaire de la science dans l'entreprise, qui se trouve le plus souvent être un ingénieur. Le respect du titre et l'admiration (oui !) que je pouvais avoir, alors que je croyait encore en une réalité proche de mes conceptions, n'ont malheureusement que rarement résisté aux faits. J'en fut le premier déçu, car cela m'obligeait à revoir ma copie, et c'est fatigant !

Il se trouve que si les formations, en France, sont d'un excellent niveau, elles permettent surtout l'accès à un statut. Très vite, la plupart des ingénieurs se retrouvent à des postes de management où le bagage scientifique et technique qu'ils ont longuement acquis est inutilisable autrement que comme une « simple » culture scientifique. Leurs tâches quotidiennes, le plus souvent d'ordre administratif, pour lesquelles ils n'ont été que peu formés, ne correspondent pas à la forme des problèmes qu'ils ont appris à résoudre. Qui plus est, ces tâches n'ont rien de l'aventure que peut constituer la création et la découverte qui ont pu les orienter vers ces études. Forcement, moins sollicités, l'esprit et l'imagination se rouillent un peu, parce que finalement, dans le meilleur des cas, ces managers s'embêtent un peu. Par ailleurs, l'entreprise classique n'offre pas les conditions idéales pour la naissance d'idées ou de solutions novatrices. Le temps y est trop compressé et la sérénité y est absente. Les idées viennent ailleurs, souvent à des moments et des endroits inattendus. Par contre l'entreprise, pour peu que les moyens soient présents, sait développer et réaliser. Cette digression pour dire qu'innover est assez difficile, structurellement, dans l'entreprise, en partie parce qu'on ne fait pas forcement faire au personnel ce qu'il sait le mieux faire.

Je pense qu'on peut étendre ce raisonnement aux aspects plus stratégiques. Je sais qu'il existe des diplômes de gestions, mais existe-t-il des solutions novatrices dans ce domaine ? L'actualité, ici comme ailleurs ne le laisse pas supposer vu que des solutions standards semblent être appliquées partout. Le licenciement économique est une solution standard ( d'ailleurs entériné par les procédures standards que sont les livres IV et III). Or, dans notre cas, cette solution ne porte que sur une petite partie (le coût de la main d'oeuvre) du problème de rentabilité qu'a diagnostiqué la direction. Que penser d'une solution qui ne résout que très partiellement (partialement ?) un problème ? Elle n'est certainement pas satisfaisante, et la reflexion mérite donc d'être approfondie. D'autant plus que, la direction l'écris elle-même, la solution proposée conduit à se priver de ressources de valeurs. Malheureusement, les directions locales et parisiennes, je suis désolé de l'écrire, n'ont jamais fait la preuve (pour ce que j'ai pu en voir) de l'imagination, de la diversité d'esprit et de la volonté de proposer de l'inédit, du novateur, du meilleur. Mais peut-être que, structurellement, elles en sont incapables du fait du formatage de leurs élites (il ne s'agit pas ici de porter un jugement de valeur sur les individus, mais d'essayer de comprendre). La lecture strictement économique du problème a conditionné l'espace des solutions. De même qu'une jambe douloureuse n'appelle pas obligatoirement l'amputation (plus de jambe, plus de douleur !), une question économique n'appelle pas automatiquement une réponse dans ce champ. Je me rappelle une formation à laquelle j'ai participé où l'on disait qu'il fallait « sortir du cadre ». Bic l'a compris en tous cas, économisant les frais de diffusion exorbitants d'une pub sur une chaîne télé en sortant du format spot télévisuel pour se servir, avec leurs complicité enthousiaste, des internautes eux-même, gratuitement, se forgeant au passage une image jeune, moderne et décalée.

En réalité, ce qui n'est pas facile pour la direction, c'est de constater qu'elle est en situation d'échec. Que peut-être, ficelée par une promesse ou un engagement un peu trop rapide, elle se retrouve dans une situation où la solution proposée risque d'être pire que le mal et choisi la fuite en avant. Une solution à laquelle on est obligé de recourir ne peut être issue de la réflexion (qui suppose le choix, l'estimation de différentes options etc.). Une option obligatoire relève du réflexe, comme un insecte qui avance, se cogne et change de direction. En réalité, les différentes alternatives, pour ce qu'on en sait, différaient par degrés plus que par nature (on ampute à la cheville, au genou ou à la hanche, mais on ampute !) et cela est assez symptomatique de l'indigence des études menées.

Enfin, une direction qui se voit obligée comme elle le dit elle-même, ne dirige déjà plus.


Mark Twain disait que pour celui qui ne possède qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à un clou.



posté par DiogenePasCynique le 3.9.06. Lien vers ce billet

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02 septembre, 2006

Ma mère elle fait que de me dire…

Ma mère elle fait que de me dire que faut pas se plaindre parce que y’a toujours pire que nous dans le monde. A chaque fois que je faisais des caprices, qu’elle disait, elle me criait « Bon écoute moi maintenant mon p’tit gars faut pas pleurer comme ça parce qu’au fond je pense bien que t’es le garçon le plus chanceux du monde. » Alors à chaque fois qu’elle me disait ça, ma mère, je montais dans ma chambre et puis j’ouvrais mon tiroir magique, celui que me fait sourire même quand j’ai pas envie. Et je les sortais un par, mes stylos, un par un je les sortais du tiroir, tous plus beaux les uns que les autres, qu’ils étaient, des plumes, des couleurs, des effaceurs, des avec des billes au bout et des voitures que quand tu les poussais, elle laissaient une trace blanche derrière elles. Parce que mon Noël à moi ça a toujours été le 1 Septembre. Et quand je faisais des caprices, ma maman elle me disait toujours « Va donc rendre visite à ton tiroir » et elle avait bien raison de me dire ça parce que quand je voyais ce tiroir tout plein, ce trésor, récolté au fil des ans ben j’me sentais le meilleur des p’tits garçons. Même Arnaud il n’avait pas tous ces stylos et il pouvait même pas en donner à Amélie, comme moi je le fais. Ma mère elle dit que ça s’appelle « Les avantages de l’emploi ». J’ sais pas pourquoi elle dit ça mais en tout cas, ça marche bien avec Amélie. Sauf que ce 1 septembre, j’ai trouvé ma mère, elle avait le nez dans mon tiroir magique et j’ai bien vu qu’elle avait l’air toute chiffonné, ma mère, et elle m’a dit : « dis mon loulou, faudra faire du tri dans ton tiroir parce que je crois bien que t’as passé l’âge de croire au Père Noël ». Et moi j’ai pas compris pourquoi tout à coup elle s’est mise à pleurer….


Ce texte est de la fille d'une salariée de Reynolds. Si, comme Céline l'a écris, « au commencement était l'émotion », alors ça commence bien !


Libellés :


posté par DiogenePasCynique le 2.9.06. Lien vers ce billet

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01 septembre, 2006

Note d'information.

Hier, nous avons eu une annonce du groupe, toujours écrite dans le sabir international qu'on ose encore appeler de l'anglais ! Comme d'habitude, désormais, je me colle à la traduction (je crois que je vais mettre à jour la partie langue de mon CV !). Cette traduction sera cette fois agrémentée de commentaires (en bleu) que j'espère pertinents.

La date de la première mouture de l'annonce d'abord (il y a eu 2 versions suites à une remarque d'une salariée). Le jeudi 11 septembre n'existe tout simplement pas ! Désormais, la date de cette note est corrigée (elle est daté du jeudi 31 août !). Faut-il y voir la mise à jour précipité d'une note destinée à paraître plus tard ? C'est vrai que le 11 septembre est un jour symbolique pour l'annonce d'une mauvaise nouvelle. C'est en effet le 11 septembre 1973 qu'avec l'aide des services secrets américains, et des soutiens financiers de grandes sociétés américaines (ITT par exemple), les acolytes du général Pinochet s'emparaient du pouvoir au Chili. Salvador Allende, Président démocratiquement élu, était assassiné au palais de la Moneda. S'en est suivie la sanglante dictature que l'on sait, mauvaise pour la démocratie, mais bonne pour les affaires.


Jeudi 11 septembre 2006.



Communication de la Direction sur le projet proposé à Valence



Durant la réunion du Comité Central d'Entreprise qui s'est tenue le mardi 29 août à Paris et la réunion du Comité d'Entreprise qui s'est tenue le mercredi 30 août, a commencé la présentation d'un « projet » qui consiste à transférer les activités de production et de conditionnement de Valence. Cette proposition de projet affectera 256 postes dur le site de Valence. Ce projet n'affectera pas mais supprimera 256 postes sur Valence.

Ce projet n'est pas une proposition facile à faire pour la direction parce que nous réalisons que cela aura un impact sur la vie de beaucoup d'employés engagés et consciencieux à Valence. Plusieurs solutions différentes ont été étudiées et envisagées avant que la direction se voie obligée, par les conditions du marché, de proposer ce projet. La réalité à cause de laquelle nous avons proposé ce projet ne reflète en rien la qualité du travail fait par l'équipe de Valence ou l'exceptionnel dévouement qu'il ont montré pour être à jour pour l'usine et pour la Marque. Ce projet est simplement la constatation d'une réalité désolante, que quelque chose de radical doit être fait pour sauver la marque et le marché Français. On retrouve le même ton désolé qu'adoptait Steve Heft dans l'article sur la fermeture du centre de distribution de Newhaven.

La plupart des concurrents de la marque Reynolds dans la part de marché Utilisation Quotidienne, écoulent leur production par le canal de la grande distribution. Ils ont par le passé et ils continuent de baisser régulièrement leurs prix (normaux et promotions). Cela a créé une situation dans laquelle Reynolds perd des parts de marché. En fait, nous avons perdu des parts de marché ces trois dernières années,. Nous devons ajuster nos prix afin d'être compétitifs et de regagner des parts de marché ! Nous pourrions tout aussi bien ajuster nos frais de groupe par exemple.

Avec le projet proposé, nous espérons sauvegarder la compétitivité de la Marque Reynolds tant en France qu'à l'Export. Si approuvé, ce projet devrait nous permettre de relancer la Marque Reynolds, investir dans l'innovation et augmenter les ventes sur nos marché Français et Export.

Nous somme maintenant dans la procédure légale d'information et Consultation sur le Livre IV (justification économique) et nous démarrerons le Livre III (plan social) bientôt.

La direction croit que ceux qui sont le plus affectés par cette proposition de projet doivent être ceux qui doivent conduire les discussions / négociations. Dans un effort en ce sens et pour permettre au Comité d'Entreprise de Valence de mieux contribuer à la procédure qui affecte ses salariés, la Direction a proposé un Accord de Méthode. En réalité, l'accord de méthode permet, sous certaines conditions, de déroger au droit du travail. Cet outil est généralement utilisé par les directions pressées de mener à bien les procédure de livre IV et III. Il s'agit généralement de négocier auprès des représentants du personnel des dates qui jalonnent la procédure. Cela garantie aux directions une certaine sécurité dans la procédure, notamment en ce qui concerne les délais, le recours, pour les représentants des salariés, à la justice ou à un expert. L'expérience démontre que dans la plupart des cas, les accords de méthode signés avantagent la direction en lui faisant gagner du temps et en accélérant la procédure.

Cet accord permet aux syndicats de Valence de mieux parler pour ses employés, négocier le plans social avec la direction et isoler la procédure centralisée vers Valence. C'est la seule intention de la direction que de faire tout ce qui est possible pour aider nos employés avec des mesures sociales qui vont au-delà des obligations légales du Groupe. Cet accord permet surtout à la direction de restreindre les représentants du personnel dans leurs actions. La simple proposition d'accord qui a été faite, ainsi que les délais accordés pour y répondre sont assez voisins de l'insulte. Visiblement, la direction est pressée, car elle exige, pour que la procédure se fasse sur Valence, des dates qui privent les représentants du personnel d'une partie de leurs recours possibles pour défendre les salariés. Par ailleurs, la direction souhaite effectivement réduire le périmètre de la procédure à Valence. Actuellement, la procédure concerne de fait l'UES.

Comme prévu actuellement, le Livre III officiel (plan social) sera présenté en Comité Central d'Entreprise à Paris dans la semaine du 11 septembre.

Nous comprenons que c'est un évènement important pour la famille des employés Européens de la Marque Sanford, c'est pourquoi vous vous tiendrons informés des progrès de cette importante discussion. Visiblement un salarié a compris cela avant eux et a pris l'initiative d'informer tous azimuts ! Un e-mail a été envoyé à l'ensemble des salariés de Sanford Europe hier matin afin de les prévenir des procédures en cours en France et en Grande Bretagne. Il n'est d'ailleurs pas impossible que cette démarche ait précipité la diffusion de la note de la direction. En effet, si la direction communique volontiers sur les embauches de directeurs, managers et autre Vice Président, elle renâcle à parler spontanément de fermeture de site ! Enfin, pour ce qui est de la famille, même s'il est parfois des collègues dont on aimerait bien qu'elles fissent partie de la famille (non, pas comme soeur !) cela ne suffit pas à faire de Sanford Europe une famille. De toutes façons, on ne fait pas des truc pareils à sa famille. Par contre une certaine solidarité, une camaraderie est bienvenue. Mais cela exclut de fait certains managers.


L'Equipe de Direction de la Marque Sanford Europe.


Vu l'anglais utilisé pour cette note, je ne pense pas que Steve Heft l'ai lue, aussi je me demande ce que regroupe exactement l'Equipe de Direction ? Je trouve par ailleurs lamentable qu'une information d'une telle importance n'ai été diffusée que dans une langue que, conventionnellement on nomme anglais (langue de travail du groupe) sans la moindre traduction en français, langue des premiers intéressés, au moins. Avant de promettre de faire le maximum pour les salariés virés, la direction pourrait simplement communiquer avec eux dans un langage compréhensible. A priori, l'info pour les journalistes a été faite dans les mêmes conditions. Voilà une note roborative, qui remplit la panse de couleuvres !



posté par DiogenePasCynique le 1.9.06. Lien vers ce billet

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Recherche

Web Restructuration

Quelques liens sur le reclassement.

Cette section s'affiche au bas de toutes les pages du blog. elle propose une sélection de liens vers des sites qui peuvent être utiles.

La Base de données Altedia vous permet, si vous avez un compte (demander les codes à un conseiller Altedia, à l'antenne Altedia.) de vous connecter à une base de donnés contenant des offres d'emplois identifiées. D'autres sites pour laisser un CV ou chercher des offres d'emplois : ANPE, Monster, JobMeeters, Carrires On Line, RhoneAlpesjob, Pôle Local d'Orientation du Grand Valentinois. On peut aussi viser le soleil : DOM Emplois, Runion Job, DOM-TOM Jobs. Pour les plus motivés, l'emploi à l'étranger : Job center (Grande Bretagne), EURES - The European Job Mobility Portal. Pour les cadres et techniciens : Cadre Emploi. Emploi spécialisé et interim : ADECCO, Kelly Scientifique.

Des modèles (format Word) de CV : AllCV.

D'autres faons de travailler. Le portage salarial : ITG, Portage +. Ce type de statut permet d'être indépendant en conservant un statut de salarié. Idéal pour tester l'idée avant de se lancer. En indépendant : Freelance.Com. Les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (Scops) : Scop Entreprises. Chambre de commerce de la Drôme, Agence Pour la Cration d'Entreprise (APCE).

Les réseaux : Xing (Open BC), Viaduc - Viadeo.

Le chômage : ASSEDIC, Actu Chômage (un site militant d'actualité, à suivre !).

Si vous n'avez pas internet mais souhaitez quand même disposer gratuitement d'une adresse électronique (accessible de n'importe quel ordinateur, cellule Altedia, cyber-café etc.) : La Poste, Yahoo, Hotmail et GMail (sur invitations ).

Des outils libres et gratuits : Navigateur internet Firefox, messagerie Thunderbird, suite bureautique Open Office, et tout le reste sur Framasoft. Vos applications libres et portables sur votre clef USB : Framakey, PortableApps.com.